(Toronto) La plupart des fans du Canadien ont toujours en mémoire ses exploits en séries éliminatoires contre les Penguins et les Capitals lors du « Printemps Halak » en 2010.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

On oublie cependant la série contre les Flyers, en finale d’Association, où Jaroslav Halak, épuisé, avait accordé neuf buts à ses deux premiers matchs. Le CH ne s’en est jamais remis.

Halak a été échangé aux Blues de St. Louis et il a connu une carrière intéressante. Il est demeuré néanmoins un gardien considéré fragile en raison de son petit gabarit et de ses nombreuses blessures, brillant sur une courte période, mais vite usé.

Le départ de Tuukka Rask, après seulement quelques matchs de séries éliminatoires, pour veiller sur sa famille en ces temps de pandémie, n’annonçait de bon pour les Bruins.

Halak, 35 ans, a constitué un auxiliaire de qualité depuis deux ans à Boston, mais il a ses limites. Lors du troisième match, mercredi, il a été retiré de la rencontre après avoir accordé quatre buts sur seize tirs.

L’ancien gardien du Canadien a été moins mauvais samedi. Mais il a donné un but atroce à Ondrej Palat en deuxième période sur un tir de routine. Il n’a pas été capable de maîtriser la rondelle du gant. Le Lightning prenait les devants 2-0. Ce but a fait très mal à Boston, défait 3-1 au final.

Tampa est à une victoire du carré d’as, à la suite de ces trois victoires consécutives.

Halak n’est évidemment pas le seul à blâmer. La défense des Bruins a connu un autre match difficile. Zdeno Chara fait ses 43 ans. Il a joué seulement 16 minutes lors de ce quatrième match. Charlie McAvoy et Torey Krug n’ont pas leur aplomb du printemps 2019. Outre Patrice Bergeron, Brad Marchand, David Pastrnak et David Krejci, les attaquants de l’équipe sont timides.

« Nous n’avions pas nos jambes lors du troisième match, mais cette fois, oui, a déclaré l’entraîneur des Bruins Bruce Cassidy, par vidéoconférence après la défaite de samedi. Notre niveau d’énergie était bon. Nous étions compétitifs, nous gagnions nos batailles pour la rondelle. Mais pour marquer, il faut frapper le filet avec les rondelles plus souvent. »

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Le DG du Lightning, Julien Brisebois, a payé cher à la date limite des échanges pour obtenir Blake Coleman et Barclay Goodrow, deux joueurs de soutien. Il a donné aux Sharks de San Jose son choix de première ronde pour Goodrow, un colosse de 6 pieds 2 pouces et 225 livres, mais toujours à la recherche d’une première saison de 10 buts ou de 25 points.

PHOTO JOHN E. SOKOLOWSKI, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Blake Coleman (20)

Coleman a été obtenu avec le choix de première ronde acquis des Canucks de Vancouver pour J. T. Miller, et l’espoir Nolan Foote. Il est plus doué offensivement que Goodrow, mais n’a jamais marqué plus de 22 buts dans une saison, ni atteint la marque des 40 points.

Mais Julien Brisebois avait encore en mémoire l’élimination de son équipe aux mains des Blue Jackets de Columbus le printemps précédent et était prêt à sacrifier des choix pour obtenir des joueurs de caractère.

Avec le Québécois Yanni Gourde au centre, Goodrow et Coleman forment probablement le trio le plus efficace en séries. Leur échec avant étourdit les défenseurs des Bruins. Les trois jouent tous plus de 17 minutes par match en moyenne.

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Yanni Gourde

Gourde avait obtenu trois points lors des deux matchs précédents, avant de voir son après-midi de travail écourté par une vicieuse mise en échec par derrière de Nick Ritchie, samedi. Il a pu revenir dans la rencontre en troisième période, heureusement. Lors du troisième match, il a été l’attaquant le plus utilisé de son équipe, plus de 21 minutes, et marqué le but gagnant.

L’acquisition de ces deux joueurs permet au Lightning de maintenir un bon équilibre parmi ses trios malgré l’absence de Steven Stamkos.

Il ne faut évidemment pas oublier la contribution, une fois de plus, du trio de Brayden Point, Nikita Kucherov et Ondrej Palat, impérial à nouveau samedi.