Le niveau d’intensité a explosé, mercredi soir, dans la série entre le Canadien et les Flyers de Philadelphie. Il y a eu du sang. Une dent arrachée. Des points de suture. Des coups sournois. Une expulsion. Du rififi. Des engueulades.

Alexandre Pratt Alexandre Pratt
La Presse

Un match digne de la demi-finale de 1987, entre les deux mêmes équipes.

J’ai pris quelques notes. À ne plus asseoir à la même table au restaurant, même avec une cloison de plexiglas.

Jake Evans et Philippe Myers.

Jesperi Kotkaniemi et Travis Sanheim.

Artturi Lehkonen et Sean Couturier.

Brendan Gallagher et Ivan Provorov, Matt Niskanen, Claude Giroux, Jakub Voracek, Travis Konecny, Nate Thompson, Robert Hagg, Derek Grant, Kevin Hayes, Justin Braun, Joel Farabee, Connor Bunnaman, Michael Raffl et Scott Laughton.

Le Canadien a terminé la soirée avec 39 mises en échec. Bien plus que sa moyenne de 26 cette saison. Souvent, c’était à la limite de la légalité. Comme celles de ses adversaires, d’ailleurs. À force de jouer avec le feu, le Tricolore s’est brûlé. Les Flyers ont compté trois fois en supériorité numérique, et Jesperi Kotkaniemi a été expulsé du match.

Contre les Flyers, ça aurait dû être suffisant pour perdre.

Or, l’intimidation a plus rapporté au Canadien qu’elle ne lui a nui. C’est que le Tricolore est parvenu à déranger le joueur le plus utile des Flyers dans cette série. Le jeune gardien Carter Hart, auteur de blanchissages lors des deux matchs précédents.

Juste dans la première séquence du match, Gallagher, Jonathan Drouin et Ben Chiarot se sont tous rendus avec la rondelle dans le demi-cercle de leur adversaire. De la visite rare. Souvenez-vous du troisième match – le Canadien n’avait réussi aucun tir à moins de cinq mètres du gardien des Flyers.

Ces trois charges ont donné le ton au match.

Une minute plus tard, Hart paraissait mal sur un but en infériorité numérique de Joel Armia. En deuxième période, après un autre but, Hart a reçu une petite tape sur la tête de la part de Suzuki. Honnêtement, l’attaquant du Canadien aurait dû être chassé deux minutes pour conduite antisportive. Mais ni les défenseurs des Flyers ni les arbitres n’ont réagi.

À 3-2 pour le Canadien, Suzuki a déjoué Hart d’un tir de loin. L’entraîneur-chef Alain Vigneault a rappelé son prodige au banc. Hart, dépité, croyait que sa soirée de travail était terminée. Nous aussi. Mais surprise, Vigneault a contesté le but pour hors-jeu – et a gagné son appel. Puis il a retourné Hart devant les filets. Une séquence franchement bizarre.

Hart s’est ressaisi. Sauf que le mal était fait. Chez les Flyers, le doute s’est installé. Le Canadien, lui, sait désormais comment s’y prendre pour déconcentrer le gardien adverse. Soyez assurés que dès sa première présence, vendredi soir, Gallagher ira vérifier si Hart s’est rasé de près – ou non.

Par contre, les Flyers sont équipés pour répliquer. On l’a vu après le but dans un filet désert, lorsque Couturier a plaqué Lehkonen en plein milieu de la patinoire. S’en est suivie une mêlée royale, dans laquelle Voracek s’est imposé comme une boule de quilles. Puis avec deux secondes à jouer, Nate Thompson s’est donné élan pour propulser son ancien coéquipier Victor Mete dans une galaxie près de chez vous.

Prochain round, vendredi soir, 19 h. Ce sera, à n’en pas douter, un sixième match sous le sceau de l’intimidation.