Les avis sont partagés : les Penguins de Pittsburgh se sont-ils dégonflés en ronde préliminaire contre le Canadien, ou est-ce plutôt l’équipe de Montréal qui a trouvé un élan inespéré, après une saison difficile ?

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

La réponse sera connue dans les prochains jours, lors de la série contre les Flyers de Philadelphie.

Mais, indice de taille, les Flyers formaient le meilleur club de la LNH lors de l’interruption de la saison avec une fiche de 9-1 à leurs 10 dernières rencontres ; les Penguins, malgré la présence de Sidney Crosby et d’Evgeni Malkin, avaient le pire, avec une fiche de 3-7, à égalité avec les Sabres de Buffalo.

Les Flyers ont maintenu le meilleur taux de victoires de la LNH à compter du 1er février. Les Penguins ont accordé 38 buts à leurs 10 derniers matchs en saison.

Les Flyers ont survolé le tournoi à la ronde dans l’Association de l’Est. Ils ont battu les Bruins de Boston 4-1, les Capitals de Washington, 3-1, et le Lightning de Tampa Bay, 4-1.

« C’est la meilleure équipe que j’ai vue à Toronto, a admis l’entraîneur-chef du Canadien, Claude Julien, en visioconférence dimanche après-midi. Ils jouent très bien collectivement, ils sont confiants, ils ont gagné 8 ou 9 de leurs 10 derniers matchs. Il faudra être prêts et jouer notre meilleur hockey. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Claude Julien a été très élogieux à l’endroit des Flyers, dimanche.

Avant la série contre les Penguins, Julien avait déclaré sans ambages que son club était négligé devant la puissance de l’équipe de Pittsburgh. Il s’est gardé de répéter la même chose cette fois.

Ça importe peu. Je ne vais pas dire qu’on est favoris ou sous-estimés, c’est une perte de temps. Il faut se préparer contre la meilleure équipe dans l’Est.

Claude Julien

Dirigés par trois Québécois – Alain Vigneault, Michel Therrien et Ian Laperrière – et le dauphin de Therrien jadis à Pittsburgh, Mike Yeo, les Flyers ont un amalgame parfait de jeunesse et d’expérience.

« Mon focus n’est pas sur Alain ou Michel, a répondu Julien. La concentration est sur ton équipe, sur ce que tu dois faire pour gagner. Ils ont plus de profondeur et d’équilibre que notre adversaire précédent. »

Le gardien, Carter Hart, a seulement 21 ans et cherche à suivre les traces de Carey Price. Les Flyers n’ont pas eu de gardien avec un tel potentiel depuis la mort tragique de Pelle Lindbergh dans un accident d’automobile, en 1985.

PHOTO FRANK GUNN, LA PRESSE CANADIENNE

Carter Hart aura la chance de jouer contre son idole, Carey Price.

En défense, trois membres du top 4 ont 24 ans ou moins : Ivan Provorov, 23 ans, et Travis Sanheim et Philippe Myers ont tous deux 24 ans. Provorov mesure 6 pi 1 po, Sanheim, 6 pi 3 po et Myers, 6 pi 5 po. Pour les appuyer, le directeur général Chuck Fletcher a acquis depuis un an les vétérans Matt Niskanen, membre du premier duo avec Provorov, et Justin Braun. Shayne Gostisbehere et Robert Hagg se battent pour le dernier poste disponible.

À l’attaque, le premier trio constitué de Claude Giroux, Sean Couturier et Jakub Voracek demeure redoutable. Les jeunes Travis Konecny, 23 ans, le meilleur compteur du club en saison avec 61 points, Joel Farabee, 20 ans, et Nicolas Aubé-Kubel, 24 ans, complètent deux des trois premiers trios avec Kevin Hayes, James Van Riemsdyk et Scott Laughton. Le bon vieux Nate Thompson, obtenu du Canadien à la date limite des transactions, est au centre du quatrième trio.

PHOTO JOHN E. SOKOLOWSKI, USA TODAY SPORTS

Échangé à la date limite des transactions, Nate Thompson aura l’occasion de renouer avec ses anciens coéquipiers.

Julien n’a évidemment pas dévoilé sa stratégie à venir pour ce premier tour officiel des séries, selon la formule habituelle quatre de sept, pas même l’ombre d’un indice. « On ne savait pas avant hier [samedi] soir tard contre qui on jouait. On est en train de se préparer. On a une idée, mais on n’a pas encore obtenu nos rapports. »

Mete progresse

Le jeune Victor Mete a connu un début de séries éliminatoires difficile, à une position moins familière, du côté droit, mais on a senti une progression dans son jeu au fil des matchs, malgré une utilisation limitée. « J’étais nerveux dans les premiers matchs ; j’en étais à mes premières séries. J’essayais d’éviter les erreurs. J’ai adopté un style plus conservateur, mais plus la série avançait, plus je tentais de créer des choses à l’attaque. »

Kulak se révèle

Destiné à un poste dans la Ligue américaine à son arrivée à Montréal en octobre 2018, après avoir été obtenu pour deux joueurs des ligues mineures, Matt Taormina et Rinat Valiev, Brett Kulak a manqué de constance ces deux dernières années, mais il a épaté dans cette série contre les Penguins. Il a été le défenseur le plus utilisé après le trio défensif constitué de Shea Weber, Ben Chiarot et Jeff Petry, et on l’a souvent opposé à Sidney Crosby.

« Il a bien fait, a admis Julien. Ce n’était pas facile parce qu’il est arrivé tard au camp. Il a joué de grosses minutes contre de gros joueurs. »

PHOTO NATHAN DENETTE, LA PRESSE CANADIENNE

Malgré un camp écourté, Brett Kulak s’est bien débrouillé face à Sidney Crosby et à ses coéquipiers.

Kulak, ralenti par la COVID-19 au début du camp, est très satisfait de son jeu. « Je ne savais pas à quoi m’attendre parce que je n’ai rien fait pendant 10 jours, mais mon corps a bien répondu. Je suis un peu courbaturé, mais tout le monde l’est. »

Le Canadien a bien utilisé son atout principal contre les Penguins, estime ce défenseur de 26 ans. « On s’est trouvé une identité. On veut utiliser notre vitesse et on l’a fait dans les derniers matchs, on a travaillé plus fort qu’eux. »

Tatar n’est pas inquiet

Le meilleur compteur de l’équipe en saison, Tomas Tatar, a été blanchi en quatre matchs contre les Penguins, tout comme Max Domi, Joel Armia et Dale Weise.

« Je peux faire plus de points. J’ai eu mes chances, mais je n’ai pas pu marquer. Je ne suis pas vraiment inquiet. On joue en équipe et on a gagné. Ça paraît mieux quand les statistiques sont meilleures, mais on a remporté notre ronde de séries. »

« Ces choses-là arrivent à toutes les équipes, a renchéri Julien. Comme [Evgeni] Malkin à Pittsburgh. Tant que tu as toujours quelqu’un pour produire, ça finit par s’égaliser. C’est la beauté des séries. Ce trio-là, avec Suzuki ou Danault, a obtenu des chances. »