Jarome Iginla sera la principale tête d’affiche d’un groupe de cinq joueurs, incluant deux Québécois dont la gardienne Kim St-Pierre, qui feront leur entrée au Temple de la renommée du hockey en 2020.

La Presse canadienne

L’une des grandes vedettes et un ancien capitaine des Flames de Calgary, Iginla a été admis à sa première année d’admissibilité après une carrière qui s’est étendue de 1996 à 2017.

Il deviendra la quatrième personnalité noire à être intronisée au Temple, après le gardien Grant Fuhr, anciennement des Oilers d’Edmonton, Angela James, de l’équipe nationale du Canada, et Willie O’Ree, ce dernier à titre de bâtisseur.

« C’est un honneur gigantesque et incroyable », a réagi Iginla lors d’une conférence téléphonique après l’annonce.

« J’ai vécu beaucoup d’expériences positives, merveilleuses, mais on m’a souvent posé la question suivante : "Quelles sont les chances d’atteindre la LNH ?" Et il n’y a pas beaucoup de joueurs noirs dans la LNH. Ç’a toujours été très important pour moi. J’avais la foi », a ajouté Iginla, qui a vu le jour à Edmonton.

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Jarome Iginla

« Quand j’étais jeune, je voulais être comme Mark Messier et j’adorais Wayne Gretzky, comme les autres jeunes. Mais c’était aussi vraiment spécial de voir tous les joueurs noirs qui étaient dans la LNH, de voir Grant Fuhr connaître du succès, de pouvoir dire à d’autres personnes "Regardez Grant Fuhr. Il est un joueur étoile". C’était très, très important dans la poursuite de mes rêves. »

Entre 1996 et 2013 avec les Flames, Iginla a amassé 525 buts et 1095 points en 1219 matchs, avant des escales avec l’Avalanche du Colorado, les Penguins de Pittsburgh, les Bruins de Boston et les Kings de Los Angeles. L’Albertain de 42 ans a conclu sa carrière avec 1300 points en 1554 matchs, en plus d’inscrire 37 buts et 31 aides en 81 parties des séries éliminatoires.

Iginla a remporté le trophée Art-Ross à titre de meilleur marqueur en 2001-2002, saison durant laquelle il a gagné le premier de deux trophées Maurice-Richard, décerné au meilleur buteur de la LNH. Il a répété l’exploit en 2003-2004. Il s’est aussi vu décerner le trophée Ted-Lindsay, à titre de joueur par excellence tel que voté par ses pairs en 2001-2002.

Réclamé au 11e rang par les Stars de Dallas lors du repêchage de 1995, Iginla a été échangé aux Flames dans la transaction qui a envoyé Joe Nieuwendyk aux Stars le 19 décembre 1995.

Iginla a aidé les Flames à disputer le match ultime lors de la finale de la Coupe Stanley de 2004, que le Lightning de Tampa Bay a cependant gagné.

Un honneur mérité

La liste inclut aussi la gardienne de but Kim St-Pierre, qui deviendra la huitième femme admise au Temple de la renommée, et la première gardienne dans l’histoire du hockey féminin à mériter pareil honneur.

St-Pierre a joué avec les garçons jusqu’à l’âge de 18 ans avant de joindre l’équipe féminine de l’Université McGill. Native de Châteauguay, elle a fait sa marque sur la scène internationale, aidant le Canada à remporter trois médailles d’or aux Jeux olympiques et cinq autres au Championnat du monde.

« Quel honneur, a déclaré la Québécoise de 41 ans. Pour moi, il s’agit d’une grande journée… d’être la huitième femme intronisée au Temple de la renommée du hockey est très spécial. »

Le fait qu’elle sera la première parmi les gardiennes de but n’étonne absolument pas Danièle Sauvageau, qui l’a dirigée avec l’équipe nationale.

« Dans le hockey masculin, elle a même été invitée en quelques occasions lorsqu’il manquait des gardiens de but avec le Canadien de Montréal. Ça ne me surprend pas du tout. Lorsque l’on compare le talent de Kim St-Pierre, on peut la comparer aux meilleurs gardiens de but de la Ligue nationale. La seule raison pour laquelle elle n’a pas été dans la Ligue nationale, c’est qu’elle est une femme, point à la ligne. Alors ça ne m’étonne pas, et ça ne me surprend pas et c’est grandement mérité. »

« Vous pouvez me citer, a-t-elle ajouté. C’est définitivement ça. Les athlètes féminins, Kim St-Pierre, ou une Hayley Wickenheiser, on a de la difficulté à apprécier le niveau de talent. Ce sont des athlètes qui ont dominé leur profession, comme un Carey Price, comme un Crosby, comme un Gretzky. On en a des Crosby, et on en a des Carey Price et Kim St-Pierre, ça fait partie des meilleurs. Si on pouvait avoir des critères, elle sortirait dans le haut de la liste, hommes et femmes confondus. »

Kevin Lowe, un ancien défenseur originaire de Lachute qui a remporté la Coupe Stanley en six occasions, dont cinq avec les Oilers d’Edmonton, a également mérité l’honneur.

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Kevin Lowe en 2017

L’attaquant Marian Hossa, un ancien des Sénateurs d’Ottawa entre autres, et le défenseur Doug Wilson, qui a passé la majeure partie de sa carrière avec les Blackhawks de Chicago, complètent le tableau parmi les anciens joueurs.

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Marian Hossa

Ken Holland, ancien directeur général des Red Wings de Detroit et maintenant avec les Oilers d’Edmonton, sera intronisé dans la catégorie des bâtisseurs.

La cérémonie d’intronisation doit avoir lieu en novembre à Toronto, mais ça pourrait changer si la saison 2020-2021 de la LNH est retardée à la suite des efforts de la ligue de compléter la campagne actuelle pendant l’été et l’automne.