Après un faux départ dans sa carrière, Leon Draisaitl est devenu un très, très bon joueur — au point où il a éclipsé la super-vedette Connor McDavid dans la course au championnat des marqueurs de la LNH.

Joshua Clipperton
La Presse canadienne

Draisaitl, qui est âgé de 24 ans, a inscrit 110 points, dont 43 buts, en 71 matchs la saison dernière, soit 13 points de plus que McDavid, et il a reçu le trophée Art-Ross à la suite de l’annulation de la fin du calendrier régulier de la LNH, plus tôt cette semaine.

« J’en suis très fier, a dit Draisaitl lors d’une conférence téléphonique, plus tôt cette semaine. J’ai connu un cheminement particulier, ça ne fait pas de doute. »

Le début du cheminement a été un peu houleux.

Les Oilers ont sélectionné Draisaitl avec le troisième choix du repêchage de 2014 et il a participé à 37 matchs de la LNH l’automne suivant, avant d’être renvoyé au niveau junior. Puis, à l’automne 2015, Draisaitl s’est présenté au camp des Oilers avec la ferme intention de gagner un poste, mais il a finalement commencé la campagne en jouant six matchs dans la Ligue américaine.

Si ces rétrogradations ont peut-être été décevantes à l’époque, les heures supplémentaires dans les mineures ont finalement porté fruit.

« Je ne crois pas que j’étais prêt à l’époque, a admis Draisaitl. C’est correct de faire un pas vers l’arrière. Ç’a été bénéfique dans mon cas. En fin de compte, c’est probablement la meilleure chose qui m’est arrivée — de retourner dans le junior et de commencer la saison suivante dans la Ligue américaine.

Parfois, ce n’est pas une mauvaise idée de prendre un peu de recul et d’avancer à votre propre rythme. »

Le rythme de Draisaitl a certainement augmenté au fil des ans.

En compagnie de McDavid, il a joué un rôle important dans les succès des Oilers, qui occupaient le deuxième rang de la section Pacifique avec 83 points quand la LNH a mis sa saison sur pause le 12 mars en raison de la pandémie de coronavirus.

McDavid a beau être le visage des Oilers et l’un des visages de la LNH, dans le vestiaire, c’est leur équipe.

PHOTO JEROME MIRON, USA TODAY SPORTS

Connor McDavid

« C’est bien d’avoir gardé le même noyau de joueurs pendant autant d’années et de voir les joueurs et l’équipe grandir, a dit Draisaitl. C’est spécial de faire partie de ce groupe et nous avons un énorme potentiel. »

Draisaitl est aussi conscient qu’il est devenu le visage du hockey en Allemagne, là où le sport continue de progresser.

« Le hockey progresse dans la bonne direction en Allemagne, a insisté Draisaitl. Ce n’est pas le sport le plus populaire, mais c’est comme ça. Je pense quand même que nous pourrions devenir un bon pays de hockey. »

La LNH a dévoilé son plan de relance plus tôt cette semaine et les Oilers affronteront les Blackhawks de Chicago en ronde de qualification si le jeu reprend.

Draisaitl et McDavid ont commencé la saison sur le même trio, comme ce fut souvent le cas par le passé, mais ils ont été séparés en décembre pour compliquer les plans de l’adversaire. Draisaitl a aussi tiré seul la charrue quand McDavid est tombé au combat en février.

« Ce qu’il a accompli pour notre groupe est exceptionnel, a dit McDavid au sujet de Draisaitl. Il a aidé l’équipe, mais il m’a aussi énormément aidé à un niveau personnel. »

Draisaitl a franchi le cap des 100 points lors des deux dernières campagnes, après des saisons de 50, 77 et 70 points. Le défenseur des Oilers Darnell Nurse croit que la progression de Draisaitl a été naturelle.

« Il a toujours été très confiant et très talentueux. Il n’arrête jamais de travailler, a dit Nurse. Il n’a pas changé grand-chose. Il ne fait que continuer à jouer au hockey. »

N’aimant pas trop se vanter, Draisaitl a tenu à partager l’honneur pour son championnat des marqueurs.

« Il y a toujours des personnes qui vous ont aidé à vous rendre ici, a-t-il dit. Vous rêvez d’accomplir des choses comme ça, mais tant que vous n’y arrivez pas, ça semble très loin. »