Ils étaient sept espoirs du Canadien l’an dernier au Championnat mondial junior. Ils sont moins nombreux cette année, mais quatre représentants, dont trois défenseurs gauchers, cela est tout de même fort honorable. Le responsable du recrutement chez le Canadien, Trevor Timmins, a accepté de révéler ses impressions sur ses espoirs à l’aube du tournoi.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Nick Suzuki, Ryan Poehling et Cayden Primeau ont ceci en commun. Ils prenaient tous part au Championnat mondial junior l’an dernier. Les trois ont joué des matchs pour le Canadien cette année.

Ils étaient parmi les sept espoirs du CH à cette prestigieuse compétition avec Alexander Romanov, Josh Brook, Jesse Ylonen et Jacob Olofsson.

Le Canadien compte quatre représentants cette année, Romanov avec la Russie, Mattias Norlinder avec la Suède, Cole Caufield et Jordan Harris avec les États-Unis.

Caufield, premier choix de l’équipe en 2019, et Romanov, leader en défense chez les Russes, pourraient imiter Suzuki, Poehling et Primeau et se joindre à l’équipe dès l’an prochain. Peut-être même au printemps.

Du groupe, Norlinder, 14 points en 28 matchs avec le Modo d’Örnsköldsvik, en deuxième division suédoise, est sans doute celui qui pique le plus la curiosité du responsable du recrutement chez le Canadien, Trevor Timmins.

Sélectionné au troisième tour par le Canadien en 2018, avec un choix obtenu des Golden Knights de Vegas dans l’échange de Max Pacioretty, Norlinder connaît une saison épatante avec le Modo, en Suède.

Il fait partie d’un puissant groupe de sept défenseurs suédois, dont cinq choix de premier tour. Un journaliste vétéran d’Örnsköldsvik, la Mecque du hockey suédois, avec les Forsberg, Sedin, Hedman, Markus Naslund et compagnie, a même osé lui prédire un trophée Norris.

Timmins a évidemment eu vent du compliment. Mais il demeure prudent et ne veut surtout pas gonfler les attentes.

Nous aimons beaucoup sa vitesse et sa confiance avec la rondelle. Il est encore plus offensif cette année et il n’hésite pas à déjouer les défenseurs adverses à un contre un ; il est très efficace en contre-attaque.

Trevor Timmins

« Il n’a pas pu développer le haut de son corps à cause de sa blessure au poignet et il doit encore gagner en maturité physique. Il faut être patient avec lui. Mais nous ne sommes pas pressés. Il faut lui laisser le temps de se développer. »

Le Canadien ne semble pas pressé non plus de le voir traverser l’Atlantique. « Nous en discuterons en deuxième moitié de saison, répond Timmins. Il pourrait jouer en Suède encore une autre saison. À l’heure actuelle, les équipes de la SEL [première division] font la file pour le mettre sous contrat. »

Pour l’instant, le rôle de Norlinder au sein de l’équipe suédoise reste à définir à l’aube du tournoi en raison de la profondeur en défense. Il occupait le poste de septième défenseur lors du premier match préparatoire.

« La plupart de ces joueurs font partie de l’équipe nationale depuis plusieurs années, contrairement à Norlinder, explique Timmins. Il s’est développé sur le tard. Il s’agit de sa première expérience en équipe nationale et, en plus, il a raté le camp estival à Plymouth en raison de sa blessure. Les entraîneurs ne le connaissent pas beaucoup, mais ils ont entendu parler de lui. J’espère qu’il pourra profiter de l’expérience et jouer comme il l’a fait chez les pros. »

La surprise Harris

Un autre défenseur gaucher repêché au troisième tour, mais un an plus tôt, Jordan Harris, tente de percer la formation américaine.

Au tournoi estival, à Plymouth, il a amassé deux points à ses trois derniers matchs après avoir été laissé de côté lors des deux premiers. Il jouait en duo avec le choix de premier tour Cam York lors des matchs préparatoires de l’équipe américaine.

« Il constitue une agréable surprise pour nous, dit Timmins. Il connaît une grosse saison à Northeastern. Il est l’un de leurs joueurs clés. Il est fort en jeu de transition et amène beaucoup d’offensive, ce que les bons défenseurs modernes font désormais. Il a progressé très vite. Il est passé d’une école secondaire à Northeastern, il jouait dans un top 4 à sa première année. Espérons qu’il puisse “faire l’équipe”, il n’a jamais fait partie de leur programme de développement. »

Il peut faire ce que d’autres défenseurs américains ne peuvent pas faire.

Trevor Timmins

Comme Norlinder, Harris représente un projet à plus long terme. Il pourrait demeurer à Northeastern l’an prochain. « On va en discuter à la fin de la saison. On peut nuire au développement d’un jeune en le faisant venir chez les pros trop rapidement, mais on ne lui fait jamais de tort en le laissant chez les amateurs trop longtemps. »

Romanov, le meilleur

Le troisième défenseur gaucher à ce tournoi, Alexander Romanov, n’a pas à se poser de questions. Il est le meilleur défenseur de la Russie.

« Personne ne le connaissait il y a un an, mentionne Trevor Timmins. On sait désormais qui il est à la suite de son tournoi de l’an dernier. Il a un an de plus, il est plus grand, plus fort et il jouera dans toutes les situations pour la Russie. Je l’ai vu à Helsinki au tournoi des Quatre Nations en novembre et il était leur défenseur numéro un. »

Romanov ne sera pas un défenseur offensif comme Cale Makar ou Quinn Hughes, mais on a bon espoir de le voir jouer au sein de l’une des premières paires de défenseurs de l’équipe dans un avenir rapproché.

« C’est un défenseur solide dans tous les aspects du jeu, coriace, difficile à affronter, son écart avec le porteur de la rondelle est bon, il est robuste, il joue de façon simple et laisse la rondelle faire le travail. Il ne deviendra pas un quart-arrière en supériorité numérique, mais il peut jouer un gros rôle. »

Comment Timmins le compare-t-il à un ancien défenseur russe très robuste, Alexei Emelin ?

Il a plus de potentiel qu’Emelin, et de loin. Il possède une meilleure compréhension du jeu, un coup de patin supérieur.

Trevor Timmins

Le seul attaquant de l’organisation du Canadien au Championnat, Cole Caufield, jouera au sein du premier trio de l’équipe américaine malgré ses 18 ans. « Les Américains vont se fier à Cole pour générer de l’attaque. Il a une bonne complicité avec Alex Turcotte, son centre au Wisconsin. Je ne suis pas inquiet pour lui. Il n’en est pas à sa première expérience au niveau international. » (Il avait obtenu 14 buts et 18 points, en sept matchs, au Championnat mondial des moins de 18 ans, le printemps dernier.)

Olofsson absent

Trevor Timmins déplore l’absence de Jacob Olofsson, choix de deuxième tour en 2018. Il semblait destiné à jouer au centre du premier trio pour la Suède.

« Il est tombé sur une épaule à l’entraînement et ratera un mois. C’est dommage, il venait d’obtenir neuf points à ses onze derniers matchs dans la SEL. Nous aurions pu le voir une dernière fois contre les jeunes de son âge. C’est une grosse perte pour la Suède et une déception pour nous. Olofsson est plus offensif que notre ancien espoir Jacob De La Rose. Il a plus d’habiletés individuelles. »

Timmins aurait bien aimé voir un autre de ses choix de deuxième tour, le défenseur gaucher Jayden Struble, avoir une chance d’obtenir un poste avec les Américains. « Il n’a pas encore beaucoup d’expérience et il a été blessé en début de saison. Il aura une chance l’an prochain s’il continue de se développer. Il sort de l’école secondaire, comme Harris l’année dernière. Il est encore en apprentissage. Il aura sa chance l’an prochain. »

Cinq joueurs à suivre dans Équipe Canada

Alexis Lafrenière

Attaquant, 6 pi 1 po, 195 lb, admissible au repêchage en 2020

Probable premier choix au total du prochain repêchage dans la LNH et espoir québécois le plus en vue depuis Vincent Lecavalier en 1998, Lafrenière en sera à sa deuxième participation à ce tournoi. Après une saison de 105 points l’an dernier à Rimouski, il domine encore davantage cet hiver avec 70 points en 32 matchs. Par contre, il soignait une blessure à la cheville à son arrivée au camp de l’équipe canadienne ; il reste à voir s’il sera au sommet de sa forme. Il devrait jouer à la gauche de Barrett Hayton et Nolan Foote.

Quinton Byfield

PC

Quinton Byfield

Attaquant, 6 pi 4 po, 214 lb, admissible au repêchage en 2020

Ce colosse pourrait rivaliser avec Lafrenière pour le titre de premier choix au total. Il a déjà 57 points, dont 22 buts, en 32 matchs avec les Wolves de Sudbury. Il a 10 mois de moins que Lafrenière, un facteur à considérer par les recruteurs. Byfield possède beaucoup de vitesse pour un joueur de son gabarit, des mains souples et agiles et une éthique de travail irréprochable. Il sera le plus jeune joueur de l’équipe canadienne. Il devrait se retrouver à la gauche du deuxième trio.

Joe Veleno

PC

Joe Veleno

Centre, 6 pi 1 po, 194 lb, 1er tour, 30e au total, Detroit, 2018

Prêté par les Red Wings de Detroit après une demi-saison à Grand Rapids dans la Ligue américaine, Veleno sera un vétéran au sein de cette équipe puisqu’il aura 20 ans et quelques jours après la conclusion du tournoi. Il avait amassé 11 points en 28 matchs jusqu’ici au sein du club-école de Detroit. Son impact sera sans doute nettement plus important que l’année précédente, où il avait eu un rôle plus limité et amassé deux aides en cinq matchs.

Barrett Hayton

PC

Barrett Hayton

Centre, 6 pi 1 po, 190 lb, 1re ronde, 5e au total, Arizona, 2018

Les Coyotes de l’Arizona ont fait un beau cadeau à l’équipe canadienne junior en cédant leur premier choix, cinquième au total, en 2018. Hayton sera le seul joueur de l’équipe ayant de l’expérience dans la LNH. Le jeune homme de 19 ans a joué 14 matchs avec les Coyotes depuis le début de la saison, a amassé quatre points, mais il a souvent été rayé de la formation récemment. Hayton devient le centre numéro un de la formation canadienne. Il avait obtenu quatre aides en cinq matchs à ce tournoi l’an dernier.

Bowen Byram

PC

Bowen Byram

Défenseur, 6 pi, 194 lb, 1re ronde, 4e au total, Colorado, 2019

Byram a beaucoup fait parler de lui en juin. L’Avalanche l’a repêché au quatrième rang grâce au choix de premier tour obtenu des Sénateurs d’Ottawa contre Matt Duchene. Le jeune homme constitue sans doute l’éventuel partenaire du défenseur droitier surdoué Cale Makar, du moins solidifiera-t-il peut-être dès l’an prochain le flanc gauche avec Samuel Girard. Byram pourra profiter de ce tournoi pour faire amende honorable puisque son rendement déçoit dans les rangs juniors cette saison.

Les forces en présence

Finlande

PHOTO JONATHAN HAYWARD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Les champions en titre en 2019 auront bien du mal à répéter leur exploit.

La Finlande aurait sans doute accueilli Jesperi Kotkaniemi à bras ouverts. Il n’y a pas beaucoup de profondeur à l’attaque et Rasmus Kupari, premier choix des Kings de Los Angeles en 2018, sera l’une des rares têtes d’affiche. Les champions en titre en 2019 auront bien du mal à répéter leur exploit de l’an dernier après avoir perdu la grande majorité de leurs joueurs, parmi lesquels Kappo Kakko (deuxième choix au total en 2019), Jesse Ylonen (du Canadien), Eeli Tolvanen et les défenseurs Henri Jokiharju et Urho Vaakanainen, deux choix de premier tour dans la LNH, à Chicago et à Boston. La perte de l’attaquant Anton Lundell, 18 ans, blessé, fait mal. Il avait 12 points en 20 matchs à HIFK dans la Liiga et pourrait être repêché dans le top 10 en juin.

Slovaquie

PC

Les Slovaques ont perdu tous leurs attaquants du tournoi de l’an dernier, dont Adam Ruzicka qui évolue avec le Heat de Stockton, club-école des Flames de Calgary.

Les Slovaques, qui constituaient une puissance mondiale à l’époque des Hossa, Satan, Bondra, Zednik, Gaborik et compagnie, ont remporté une petite victoire l’an dernier, contre le Kazakhstan. Ils comptent à peine 10 joueurs actifs dans la LNH, parmi lesquels Zdeno Chara, Tomas Tatar, Jaroslav Halak, Andrej Sekera et Richard Panik. La relève immédiate n’est pas très forte non plus. Les Slovaques ont perdu tous leurs attaquants du tournoi de l’an dernier et seulement deux défenseurs sont de retour. Leur vedette est devant le filet : Samuel Hlavaj, du Phoenix de Sherbrooke, 6 pi 4 po, moyenne de buts alloués de 2,14 et taux d’arrêts de ,925 depuis le début de la saison dans la LHJMQ. Avec autant de jeunes, ils pourraient surprendre en 2021, à moins de nous réserver une surprise de taille comme en 1999 et 2015.

Kazakhstan

PC

Le Kazakhstan aura besoin d’une performance exceptionnelle de son gardien Vladisla Nurek.

À la surprise générale, le Kazakhstan a évité la relégation l’an dernier en battant le Danemark dans des matchs cruciaux. Le pays dispute son deuxième Championnat mondial parmi le premier groupe pour la première fois en 10 ans. Il compte sur le retour de deux colosses en défense, David Muratov et Artom Kurolyov, pour contrer les meilleurs trios adverses. L’équipe tentera de limiter les dégâts contre les meilleures équipes de sa division et de remporter une victoire contre la Slovaquie ou la Suisse. Oleg Boyko, 18 ans, à son deuxième Championnat mondial junior, sera le leader à l’attaque. Comme la plupart de ses coéquipiers, il joue dans la MHL, la ligue junior russe. Le Kazakhstan aura besoin d’une performance exceptionnelle de son gardien Vladislav Nurek pour éviter de retourner en division 1A.

Suède

PC

La Suède tentera de faire oublier sa décevante cinquième place de l’an dernier.

La Suède a des choses à se faire pardonner à la suite de sa décevante cinquième place de l’an dernier. Les Suédois comptent probablement sur la meilleure défense de toutes les équipes du tournoi, avec cinq choix de premier tour parmi les sept de l’équipe, Tobias Bjornfot, Rasmus Sandin, Victor Soderstrom, Philip Broberg et Nils Lundkvist. Mattias Norlinder, brillant à Modo chez les hommes depuis le début de la saison, et Adam Ginning, choix de deuxième tour des Flyers en 2018, complètent le groupe. À l’attaque, la Suède déplore la perte du choix de deuxième tour du Canadien en 2018, Jacob Olofsson. Le jeune homme avait amassé huit points à ses 10 derniers matchs dans la SEL, première division suédoise, et était pressenti pour le poste de premier centre. Mais la Suède a de la profondeur, non seulement avec ses joueurs de 19 ans, mais aussi avec deux super espoirs en prévision du repêchage de 2021, Lucas Raymond et Alexander Holtz.

Suisse

PC

La Suisse peut espérer connaître autant de succès qu’en 2019.

Les Suisses ont surpris l’an dernier en terminant au quatrième rang, leur meilleur résultat en 10 ans, même s’ils avaient l’un des clubs les plus jeunes du tournoi. La plupart des membres de leur équipe cendrillon de l’an dernier sont donc de retour, dont leurs deux gardiens. Le numéro un de l’an dernier, Luca Hollenstein, a été ignoré au repêchage malgré ses exploits du tournoi précédent, sans doute à cause de ses 5 pi 10 po. Valentin Nussbaumer, des Cataractes de Shawinigan, choix de septième tour des Coyotes de l’Arizona, sera sans doute l’un des leaders. Il en sera à son troisième championnat. Il sera appuyé par Sandro Schmid, Matthew Verboon et Jeremi Gerber. La défense constituera le point fort de la Suisse. Elle sera menée par Nico Gross, choix de quatrième tour des Rangers, David Aebischer, le meilleur défenseur des Olympiques de Gatineau, et Tim Berni, choix de sixième tour des Blue Jackets et déjà solide dans la Ligue nationale suisse.

États-Unis

PC

Les Américains célèbrent après leur victoire sur l’équipe russe en demi-finale du Championnat mondial junior, le 4 janvier dernier.

Finalistes en 2019, les Américains perdent des joueurs importants cette année : Jack et Quinn Hughes, Ryan Poehling, Josh Norris, Joel Farabee et le gardien Cayden Primeau. Mais l’ajout de dernière minute d’Oliver Wahlstrom viendra renflouer le groupe d’attaquants. Wahlstrom est le plus expérimenté de l’équipe. Il en est à son deuxième Championnat mondial junior et il joue contre des hommes dans la Ligue américaine depuis le début de la saison. Les États-Unis compteront sur leurs jeunes premiers, Cole Caufield, du Canadien, Alex Turcotte, Trevor Zegras, Cam York, Bobby Brink et John Beecher, dominants chez les U18, pour les transporter. Heureusement, ils comptent aussi sur le retour des défenseurs K’Andre Miller et Mattias Samuelsson pour assurer du leadership et de l’expérience. Le gardien Spencer Knight constitue une valeur sûre. Il n’a pas joué l’an dernier derrière Cayden Primeau, mais il domine dans la NCAA depuis le début de la saison et il a brillé avec le groupe nommé précédemment chez les U18.

Canada

PC

Le Canada, qui a perdu une quinzaine de joueurs de l’an dernier, dont le centre Shane Bowers que l’on voit ici, tentera de faire oublier son élimination en quarts de finale au dernier tournoi.

Le Canada voudra faire amende honorable après sa défaite en quarts de finale l’an dernier aux mains des Finlandais, après deux finales consécutives sous l’impulsion de Joël Bouchard et de Dominique Ducharme en 2017 et en 2018. L’équipe canadienne a reçu un beau cadeau des Coyotes de l’Arizona et des Red Wings de Detroit, qui leur ont cédé au dernier instant deux solides centres, Barrett Hayton, cinquième choix au total en 2018, et Joe Veleno, choix de fin de premier tour la même année. Ces renforts sont bienvenus, car le Canada perd une quinzaine de joueurs de l’an dernier. L’équipe aura du talent sur les ailes avec Alexis Lafrenière et Quinton Byfield, probablement les deux premiers choix de la LNH en juin. La défense ne suscite pas d’inquiétude avec la présence de plusieurs joueurs de 19 ans, Ty Smith, Jared McIsaac et Jacob Bernard-Docker, choix de premier tour des Sénateurs d’Ottawa. Le quatrième choix au total en juin, Bowen Byram, de l’Avalanche, solidifiera la défense encore davantage. Le Canada aurait été encore meilleur si les Islanders avaient bien voulu prêter le défenseur Noah Dobson, qui sèche sur le banc à Long Island depuis le début de la saison.

République tchèque

PC

Les Tchèques devront se battre pour éviter la relégation devant leurs partisans…

Les Tchèques joueront devant leurs partisans, mais ils n’ont pas un groupe pour aspirer au titre. Ils ont perdu leurs deux meilleurs compteurs de l’an dernier, Martin Necas et Martin Kaut, désormais dans la LNH en Caroline et dans la Ligue américaine avec l’organisation de l’Avalanche. Jan Jenik, choix de troisième tour des Coyotes de l’Arizona en 2018, devra prendre la relève. Il connaît un départ fulgurant dans la Ligue junior de l’Ontario à Hamilton avec 56 points en 27 matchs. Matej Blumel, choix de quatrième tour des Oilers en 2019, sera aussi à suivre. Il est parmi la dizaine d’attaquants de 19 ans au sein du club. La défense est faible cependant. L’équipe devra se battre pour éviter la relégation devant ses partisans…

Russie

PC

Les Russes peuvent aspirer cette année aux plus grands honneurs.

La Russie n’a pas gagné l’or au Championnat mondial junior depuis 2011. Elle a les outils pour gagner cette année. L’équipe compte deux attaquants de premier plan, Grigori Denisenko, déjà dominant l’an dernier, et Vasili Podkozlin, deux choix de premier tour, en 2018 et 2019 respectivement. Six autres attaquants, tous des choix au repêchage dans la LNH, sont de retour, comme Denisenko et Podkozlin. À ce groupe talentueux d’attaquants s’ajoutent Alexander Khovanov, brillant en première moitié de saison à Moncton dans la LHJMQ, et Egor Sokolov, meilleur compteur des Screaming Eagles du Cap-Breton. La défense sera menée par l’espoir du Canadien Alexander Romanov et l’espoir de l’Avalanche du Colorado Daniil Zhuravlyov, de retour lui aussi cette année. La Russie pourrait faire confiance à un gardien de 17 ans, Yaroslav Askarov, peut-être un choix dans le top 10 au prochain repêchage malgré sa position.

Allemagne

PC

L’Allemagne fait un retour dans le groupe d’élite après une absence de cinq ans.

L’Allemagne est enfin de retour parmi le groupe d’élite après cinq ans en division 1 A. Les Allemands n’ont pas beaucoup de profondeur, mais ils comptent sur un trio de jeunes vedettes capables de leur permettre de vaincre des clubs plus faibles. Moritz Seider, par exemple, sixième choix au total en 2019 par Detroit, est l’un des meilleurs défenseurs de sa génération, tous pays confondus. Dominik Bokk, choix de premier tour des Blues de St. Louis en 2018 (25e au total), échangé aux Hurricanes de la Caroline contre le défenseur Justin Faulk, sera le leader à l’attaque. Il avait obtenu huit points en cinq matchs l’an dernier en deuxième division du Championnat mondial junior. À suivre, le jeune Tim Stutzle, 17 ans seulement, peut-être le meilleur attaquant allemand depuis Leon Draisaitl, 23 points en 25 matchs à Mannheim dans la première ligue allemande. Les gardiens allemands, talon d’Achille de l’équipe, devront limiter les dégâts pour permettre au pays de rester parmi l’élite mondiale.

10 espoirs à suivre

Lassi Thomson (Finlande)

PC

Lassi Thomson

Défenseur, 6 pi, 190 lb, premier tour, 19e au total, Ottawa, 2019

Certains associaient ce défenseur au Canadien avant le repêchage, même si Thomson lance de la droite, une position déjà riche en espoirs chez le CH. Thomson est un bon patineur qui possède un tir d’une puissance rare. Il ne déçoit pas à sa première saison dans la Liiga, à Ilves, avec 10 points, dont 6 buts, en 23 matchs.

Rasmus Kupari (Finlande)

PC

Rasmus Kupari

Centre, 6 pi 1 po, 185 lb, premier tour, 20e au total, Los Angeles, 2018

Kupari connaît un début de carrière modeste en Amérique du Nord avec seulement huit points en 27 matchs dans la Ligue américaine, mais son prêt par les Kings de Los Angeles aura un énorme impact sur la formation finlandaise en raison de son expérience. Un an plus tôt, il a obtenu 33 points en 43 matchs dans la Liiga. Il en sera déjà à son troisième Championnat mondial junior.

Moritz Seider (Allemagne)

AP

Moritz Seider

Défenseur, 6 pi 4 po, 207 lb, premier tour, 6e au total, Detroit, 2019

Seider sera un pilier pour l’Allemagne. Il est probablement le meilleur espoir des Red Wings et connaît un début de carrière satisfaisant dans la Ligue américaine à seulement 19 ans. Seider était le capitaine de la formation allemande l’an dernier et il a un an d’expérience supplémentaire cette année. Il possède une bonne mobilité pour un joueur de son gabarit et peut être utilisé dans toutes les situations.

Grigori Denisenko (Russie)

PC

Grigori Denisenko

Attaquant, 5 pi 11 po, 181 lb, premier tour, 15e au total, Floride, 2018

Denisenko est un attaquant explosif qui, déjà l’an dernier, a montré son savoir-faire au Championnat mondial junior avec neuf points en sept matchs. Par contre, on ne voit pas une grande progression sur le plan de la production avec le Lokomotiv, dans la KHL. Il a 8 points en 27 matchs, contre 6 en 25 rencontres l’an dernier, mais les jeunes joueurs peinent à obtenir du temps d’utilisation dans cette ligue.

Alexander Khovanov (Russie)

AFP

Alexander Khovanov

Attaquant, 5 pi 11 po, 198 lb, troisième tour, 86e au total, Minnesota, 2018

Khovanov connaît un début de saison spectaculaire avec les Wildcats de Moncton. Il a 53 points, dont 20 buts, en seulement 26 matchs. Il a réussi à produire à un tel rythme même si son entraînement estival a été interrompu par une intervention chirurgicale visant à retirer une tumeur bénigne de l’une de ses jambes. Il était le capitaine de l’équipe russe lors du Défi Canada-Russie en novembre.

Rasmus Sandin (Suède)

USA TODAY SPORTS

Rasmus Sandin

Défenseur, 5 pi 11 po, 189 lb, premier tour, 29e au total, Toronto, 2018

La Suède reçoit l’arrivée de Sandin comme un cadeau du ciel. Sandin a entamé la saison avec les Leafs et il domine dans la Ligue américaine malgré ses 19 ans avec une production de 12 points en 19 matchs. Il n’y a pas meilleur espoir à Toronto. Sandin en est déjà à sa deuxième saison dans la Ligue américaine et à sa deuxième participation au Championnat mondial junior. Il avait obtenu quatre points en cinq matchs l’an dernier.

Tobias Bjornfot (Suède)

PC

Tobias Bjornfot

Défenseur, 6 pi, 203 lb, premier tour, 22e au total, Los Angeles, 2019

Comme son compatriote Rasmus Sandin, Bjornfot a entamé la saison dans la LNH avant de se retrouver dans la Ligue américaine, où il avait neuf points en 23 matchs et une fiche de + 5. Il a été repêché avec le choix obtenu des Maple Leafs contre le défenseur Jake Muzzin. Les Kings s’en félicitent. Bjornfot est désormais leur meilleur espoir en défense.

Spencer Knight (États-Unis)

PC

Spencer Knight

Gardien, 6 pi 3 po, 192 lb, premier tour, 13e au total, Floride, 2019

Les choix au repêchage passaient en juin et le Canadien se mettait à rêver à Cole Caufield. On craignait le choix de la Floride, au 13rang, deux places avant le CH. Les Panthers ont finalement choisi « le gardien ». Ce gardien, Spencer Knight, était le numéro un du programme de développement américain et sa puissante formation constituée des Caufield, Jack Hughes, Cam York, Alex Turcotte et compagnie. Knight connaît un début de saison fumant dans la NCAA, au grand plaisir des Panthers. En 15 matchs, il montre une moyenne de 1,73 et un taux d’arrêts de ,940.

Alex Turcotte (États-Unis)

PC

Alex Turcotte

Centre, 5 pi 11 po, 185 lb, premier tour, 5e au total, Los Angeles, 2019

Le fils du premier choix du Canadien en 1983, Alfie Turcotte, jouera au centre avec Cole Caufield au Championnat mondial. Les deux ne seront pas dépaysés, car ils jouaient au sein de la même équipe au sein du programme de développement américain l’an dernier et ils font la paire cette saison à l’Université du Wisconsin. Turcotte a connu un départ phénoménal dans la NCAA avec 15 points à ses 10 derniers matchs, mais il était plongé dans une léthargie avant de rejoindre l’équipe junior américaine : aucun point à ses six dernières rencontres.

K’Andre Miller (États-Unis)

USA TODAY SPORTS

K'Andre Miller

Défenseur, 6 pi 4 po, 193 lb, premier rtour, 22e au total, New York, 2018

Miller est le troisième joueur de l’Université du Wisconsin à disputer le Championnat mondial avec l’équipe américaine junior. Il est aussi l’un des grands espoirs des Rangers en défense. Il avait amassé 11 points en 18 matchs à l’automne avec les Badgers. Une baisse tout de même par rapport à sa production de 22 points en 26 matchs l’an dernier. Il amène de l’expérience en défense puisqu’il était de la formation américaine l’an dernier.

Les espoirs du Canadien

Alexander Romanov (Russie)

PC

Alexander Romanov

Défenseur, 5 pi 11 po, 183 lb, deuxième tour, 38e au total en 2018

Le choix de Romanov en début de deuxième tour du repêchage de 2018 a suscité l’incrédulité puisque le jeune homme ne figurait pas dans les quatre ou cinq premiers tours sur la majorité des listes des experts. Mais Romanov a décroché un poste avec le CSKA de Moscou à 18 ans quelques mois plus tard et son titre de défenseur par excellence lors du Championnat mondial junior l’an dernier a fait taire bien des détracteurs. Il est attendu à Montréal avec fébrilité par la direction du CH, peut-être même au printemps !

Cole Caufield (États-Unis)

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Cole Caufield

Attaquant, 5 pi 7 po, 163 lb, premier tour, 15e au total en 2019

Quatorze équipes n’ont pas jugé bon de repêcher Caufield avant le Canadien en 2019, probablement en raison des 5 pieds 7 pouces du garçon. On se disait aussi qu’il devait une majorité de ses 72 buts en 64 matchs au sein du programme de développement américain à son centre Jack Hughes. Caufield a perdu Hughes, mais il a 12 buts et 20 points en 18 matchs à sa première saison au Wisconsin, dans la NCAA, des statistiques impressionnantes pour un jeune de 18 ans. Repêché trois rangs avant lui par le Wild, Matthew Boldy a trois points en 15 matchs à Boston University et il n’a même pas été invité au camp de l’équipe américaine. Caufield jouera au sein du premier trio avec les États-Unis.

Jordan Harris (États-Unis)

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Jordan Harris

Défenseur, 5 pi 11 po, 179 lb, troisième tour, 71e au total en 2018

Le jeune homme connaît une progression qui surprend même l’organisation du Canadien. Dès sa première année à Northeastern, dans la NCAA, il décrochait un poste au sein de la première paire en défense avec le Montréalais Jeremy Davies. Il est désormais le défenseur numéro un à Northeastern à seulement 19 ans et est apparu sur les radars de l’équipe américaine junior cette année seulement. Il a bien fait au tournoi des moins de 20 ans à Plymouth l’été dernier en amassant deux aides en trois matchs après avoir été rayé de la formation lors des deux premières rencontres. Il est le prototype parfait du défenseur moderne.

Mattias Norlinder (Suède)

PHOTO FOURNIE PAR MODO HOCKEY

Mattias Norlinder

Défenseur, 6 pi, 179 lb, troisième tour, 64e au total, 2019

Ignoré en 2018 à sa première année d’admissibilité au repêchage, Norlinder connaît une ascension phénoménale dans le monde du hockey. Après un rappel en fin de saison à Modo, en Allsvenskan, deuxième division suédoise, il est vite devenu un pilier au sein d’un duo avec l’ancien hockeyeur des Jets de Winnipeg Tobias Enstrom. Il a poursuivi sur sa lancée cette saison. Il a déjà 14 points en 28 matchs. Certains journalistes en Suède lui prédisent même un trophée Norris un jour, mais modérons notre enthousiasme, s’il devient seulement un bon défenseur du top 4 dans la LNH, le CH aura gagné son pari.