Il joue sur les quatre lignes, en avantage numérique et en désavantage numérique. Avec lui dans l'alignement, le Canadien présente une fiche de 11-5-3 cette saison. Sans lui : 4-6-3. Paul Byron est un élément important du Tricolore, qui espère son retour imminent.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Paul Byron, porte-bonheur du Canadien ? Un marqueur de 50 buts s’apprêterait à rejoindre le Canadien que ses coéquipiers ne seraient pas plus heureux.

Vendredi matin, Paul Byron s’est entraîné pour la première fois depuis qu’il s’est blessé au genou à Washington à la mi-novembre. Il est toutefois loin d’être certain que le petit ailier soit en uniforme ce samedi soir contre les Red Wings au Centre Bell – il n’a pas encore reçu le feu vert officiel des médecins et, en fin de journée vendredi, on a appris que Ryan Poehling était rappelé du Rocket de Laval.

N’empêche, tant pendant qu’après l’entraînement, l’ambiance était à la bonne humeur. Devant les médias, les joueurs du Canadien ont été dithyrambiques à l’égard de Byron, qui a raté les 13 derniers matchs.

« C’est incroyable de le voir revenir ! », s’est spontanément exclamé Brendan Gallagher. « On sait combien il a travaillé fort pour être là, combien il est important pour notre équipe. »

[Paul Byron] joue sur les quatre lignes, en avantage numérique, c’est une part importante de notre désavantage numérique. C’est un gars sur lequel on se fie beaucoup.

Brendan Gallagher

« C’est un leader dans notre équipe, a enchaîné Nate Thompson. C’est l’un de ces gars qu’on est juste content d’avoir dans le vestiaire. Et sur la glace, évidemment. »

Malgré tous les bons mots pour Byron, il importe de rappeler que c’est un joueur qui en a arraché cette saison.

En fait, il pourrait s’agir pour lui d’une chance de repartir à neuf. En 19 rencontres, il a dû se contenter d’un but et quatre points. Il a pourtant réussi deux saisons de 20 buts au cours des dernières années et, encore la saison dernière, ses 15 buts en 56 rencontres équivalaient à un rythme annualisé de 22 buts.

Nombreux ont été les observateurs qui se sont demandé si Byron composait toujours avec les contrecoups d’une commotion cérébrale subie à la fin de la saison dernière.

Il semblait toutefois avoir retrouvé ses repères au cours des quelques matchs précédant sa blessure.

« Les choses allaient mieux pour lui, a insisté Claude Julien. Il retrouvait son jeu. C’est le genre de gars qui travaille fort et, même s’il ne connaît pas son meilleur match, ce n’est jamais faute d’essayer. »

Meilleurs avec Byron

Il y a également un autre facteur, moins tangible celui-là, qui explique l’enthousiasme entourant Byron. Et il se résume assez simplement : le Canadien gagne davantage de matchs en sa présence qu’en son absence.

Avant sa blessure, le Tricolore présentait une fiche de 11-5-3. Depuis : 4-6-3.

Le même phénomène a été observé la saison dernière, alors que Byron a raté 22 matchs en raison de blessures et 3 pour purger une suspension.

Avec Byron, le Canadien a soutenu un pourcentage de victoires de ,615, qui a chuté à ,545 en son absence.

Fiche du Canadien avec et sans Paul Byron

2018-2019
Avec : 32-20-5 (,615)
Sans : 12-10-3 (,545)

2019-2020
Avec : 11-5-3 (,688)
Sans : 4-6-3 (,400)

Il faut bien sûr modérer ses ardeurs à l’égard d’un joueur d’abord reconnu pour ses qualités défensives.

Mais son éthique de travail et son acharnement demeurent un indéniable exemple à suivre dans le vestiaire du Canadien. Ce qui explique en grande partie le « A » cousu sur son chandail.

C’est le gars le plus compétitif avec lequel j’ai joué pendant ma carrière. Il est fort avec la rondelle, il déteste perdre. Je suis content qu’il soit de notre côté.

Nick Cousins, au sujet de Paul Baron

« Il est intense, il est sérieux, a poursuivi Julien. Il ne sourit pas facilement, mais ce n’est pas parce qu’il n’est pas heureux : c’est parce qu’il est ici pour travailler. C’est contagieux, c’est ce que les gars apprécient chez lui. »

À l’entraînement, sa combativité n’échappe à personne.

« Et pas seulement à l’entraînement ! a ricané Brendan Gallagher. Vous savez, ces petites divergences d’opinions que vous croyez sans importance ? Pour Paul, elles sont très importantes ! »

On saura en matinée si Byron sera ou non de la formation du Canadien contre les Red Wings. À moins d’une régression, il devrait suivre l’équipe dans le long voyage qu’elle amorcera dimanche vers l’ouest du pays.

Claude Julien confirmera également samedi soir ou dimanche si Victor Mete et Jesperi Kotkaniemi seront ou non du périple. Les deux ont patiné ensemble vendredi matin, mais n’ont encore pris part à aucun entraînement formel.