On a fait grand cas de son horrible mois de novembre, mais le Canadien a plutôt bonne mine jusqu’ici en décembre. À l’approche du long voyage dans l’Ouest qui précède les Fêtes, La Presse vous propose une sélection de huit éléments qui fonctionnent bien pour le Tricolore.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

L’équipe bat les plus faibles

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

En vainquant les Sénateurs mercredi soir, le Canadien a mis fin à une disette d’un mois sans battre une équipe qu’il devançait au classement.

Ça peut sembler inusité, mais c’est pourtant bien réel : en vainquant les Sénateurs mercredi soir, le Canadien a mis fin à une disette d’un mois sans battre une équipe qu’il devançait au classement. Depuis sa victoire de 5-2 contre Columbus le 12 novembre dernier, le Canadien a systématiquement perdu contre des équipes censées lui être inférieures au moment de l’affrontement. Il s’agit en fait d’une tendance globale pour les hommes de Claude Julien. Si on exclut les cinq premiers matchs de la saison, alors que le classement est essentiellement insignifiant, le Tricolore présente une fiche de 9-4-1 lorsqu’il se mesure à une équipe devant lui au classement, contre une fiche de 4-6-3 dans le cas contraire.

L’équipe bat ses rivaux

PHOTO CHARLES LECLAIRE, USA TODAY SPORTS

Le Canadien vient tout juste d’aligner trois victoires contre les Rangers, les Penguins et les Sénateurs.

La semaine dernière, Claude Julien a évoqué le fait que si son équipe devait accéder aux séries éliminatoires, ça pourrait bien être grâce à une wildcard, ces laissez-passer réservés à deux formations qui ne réussissent pas à percer le top 3 de leur division. Toutes les équipes de l’Association de l’Est deviennent donc des rivales directes. Le Canadien vient tout juste d’aligner trois victoires contre les Rangers, les Penguins et les Sénateurs. C’est une sacrée bonne nouvelle, car c’était loin d’être la norme jusque-là. Avant cette heureuse séquence, le CH avait toutes les misères du monde à s’imposer face aux équipes de l’Est. En faisait foi sa fiche de 6-7-6. C’est beaucoup de points qu’il ne reverra jamais.

Les unités spéciales fonctionnent

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Depuis 12 rencontres, le Canadien a considérablement redressé la barre en désavantage numérique, avec une note de 84,4 %, au 10e rang du circuit.

Pendant un bon moment, la pire chose qui pouvait arriver au Canadien, c’était d’écoper d’une pénalité. Car au cours des 20 premiers matchs de la saison, le désavantage numérique était catastrophique. À quatre contre cinq, les Montréalais ne réussissaient à sauver les meubles que dans 71,9 % des cas, un rendement bon pour le 30e et avant-dernier rang de la ligue. Depuis 12 rencontres, ce qui inclut pourtant la majorité de la séquence historique de 8 défaites consécutives, le Canadien a considérablement redressé la barre, avec une note de 84,4 %, au 10e rang du circuit. L’avantage numérique, lui, continue de se tenir en milieu de peloton.

Les gardiens arrêtent les rondelles

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

En six rencontres, le duo de Carey Price et Cayden Primeau présente un excellent taux d’efficacité de ,938.

Depuis le 1er décembre, date d’une défaite serrée à Boston, le but du Canadien est farouchement défendu. En six rencontres, le duo de Carey Price et Cayden Primeau présente un excellent taux d’efficacité de ,938. L’échantillon est relativement limité, mais il excède largement l’efficacité de ,882 du duo Price-Keith Kinkaid pendant les 14 matchs de novembre. Cela représente une moyenne d’un demi-but accordé en moins par tranche de 10 tirs. Comme le Canadien concède environ 32 tirs par match en moyenne, faites vos calculs, mais ça explique pas mal pourquoi ça va mieux.

Le premier trio ne ralentit pas

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Avant les matchs de jeudi soir, Tomas Tatar, Brendan Gallagher et Phillip Danault figuraient tous parmi les 50 premiers pointeurs de la LNH.

Avant les matchs de jeudi soir, Tomas Tatar, Brendan Gallagher et Phillip Danault figuraient tous parmi les 50 premiers pointeurs de la LNH. À cinq contre cinq, ils sont même dans le top 20. Tatar et Danault ont chacun inscrit 8 points au cours des 10 derniers matchs ; Gallagher en compte un de plus. Il s’agit du seul trio resté intact chez le Canadien pour l’essentiel de la saison jusqu’ici. À cinq reprises seulement, ces trois joueurs ont été blanchis au cours d’un même match cette saison. La fiche du Canadien dans ces circonstances : 0-4-1. Avez-vous besoin que l’on poursuive la démonstration ?

Chiarot et Weber en redemandent

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Ben Chiarot a un coup de patin surprenant pour un joueur de 6 pi 3 po et 225 lb.

Le Tout-Montréal ne se possède plus devant le boulot qu’abattent Shea Weber et Ben Chiarot en ce moment. Et pour cause. Le duo avale les minutes de jeu comme si chaque match était le dernier. Dans le cas de Chiarot, Claude Julien a parlé d’une « belle surprise » après avoir vu son nouvel homme de confiance marquer en prolongation contre les Sénateurs. Il doit parfois se méfier de sa propre témérité, mais son coup de patin est surprenant pour un joueur de 6 pi 3 po et 225 lb que personne ne voyait comme un défenseur offensif. Quant à Weber, il produit à un rythme de près d’un point par match depuis la mi-octobre. Encore faut-il qu’il reste en santé jusqu’au printemps.

Suzuki et Thompson font leur travail

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Nick Suzuki a obtenu un stage prolongé au poste de centre en raison de l'absence de Jesperi Kotkaniemi, blessé.

Avec les blessures à Jonathan Drouin, Paul Byron et Jesperi Kotkaniemi, quelques attaquants ont obtenu des promotions, ce qui laisse aux joueurs de centre Nick Suzuki et Nate Thompson des ailiers moins enviables sur les troisième et quatrième trios. Avec aucun but au cours des 10 derniers matchs, Suzuki souffre un peu offensivement, bien qu’il ait récolté cinq mentions d’aide pendant cette même période. L’absence de Kotkaniemi lui donne toutefois un stage prolongé au centre, où il peut démontrer toute son intelligence en possession de rondelle. Quant à Nate Thompson, on peut se demander si, à 35 ans, il n’aurait pas sauté quelques matchs cette saison n’eût été les blessures, mais son travail défensif acharné et quelques beaux flashs en attaque contribuent au succès de son équipe.

Ça coule dans l’Atlantique

PHOTO CHRIS O'MEARA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le Lightning n’arrive pas à trouver son rythme de croisière.

Le Canadien a beau ne pas avoir de contrôle sur le sort de ses rivaux de division, les malheurs des autres font tout de même son bonheur. Malgré sa récente glissade, Montréal réussit à garder la tête hors de l’eau dans la course aux séries, principalement parce que l’Atlantique est particulièrement faible cette saison. Les Sabres ne vont pas si mal, mais demeurent fragiles. Les Panthers se cherchent. Les Maple Leafs font mieux sous leur nouvel entraîneur Sheldon Keefe, mais rien n’est encore acquis. Et le Lightning n’arrive pas à trouver son rythme de croisière. On ne sait pas combien de temps le Canadien réussira à en profiter. Mais pour l’heure, ça fonctionne. Et ce n’est pas comme s’il avait nagé dans la chance cet automne.