La vie fait drôlement les choses. Il y a deux semaines, les Bruins de Boston laissaient filer une avance de 4-0 pour s’incliner 5-4 devant les Panthers de la Floride. C’était leur quatrième défaite de suite.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Le scénario vous dit quelque chose ? C’est parce que le Canadien, samedi, a vu une avance de quatre buts lui échapper, et a subi un quatrième revers d’affilée.

On ignore encore comment le Tricolore se remettra de cette débandade. On en aura un début de réponse mardi soir, lors du duel Boston-Montréal au Centre Bell.

Bruce Cassidy, l’entraîneur-chef des Bruins, est visiblement bien au fait de ce que vient de subir le Canadien. On a abordé la défaite de son équipe d’il y a deux semaines dans une question. « Pourquoi donc ? », a-t-il lancé, pince sans rire.

« Ça a eu un effet. En temps normal, ça n’arrive pas, mais on l’a vu souvent cette saison. San Jose menait par trois buts hier et a gagné en prolongation. Les équipes ont plus de profondeur et sont bâties pour remonter.

« On a mis ce match derrière nous et on est retournés au travail. On a resserré notre jeu. Le match suivant était contre Toronto, ensuite on a bien joué contre Washington. Les gars ont pris ça à coeur. On est une bonne équipe défensive et ça vient de "Z"et "Bergie" (Zdeno Chara et Patrice Bergeron). On a joué de la bonne façon. Tant qu’on n’aura pas d’autres bonnes avances, ça peut rester dans notre tête. Mais pas dans la mienne, parce que je pense que c’est une chose qui arrive une seule fois. On verra comment ça ira. »

Les Bruins ont effectivement bien réagi, puisqu’ils montrent une fiche de 4-0-1 depuis. La seule défaite n’est pas gênante : 3-2 en tirs de barrage contre Washington.

« On a réalisé qu’on a eu la chance de gagner, que ce soit en prolongation ou en tirs de barrage. Donc tu réalises que tu passes proche de gagner, et tu ne peux pas t’effondrer, a rappelé le défenseur Torey Krug. Dans ce vestiaire, on comprend bien que ce qui s’est produit fait partie du passé et que tout ce qu’on contrôle, c’est le prochain jeu. On a mis ça derrière nous. »

La profondeur mise à l’épreuve

Ce n’est pas là l’unique parallèle à tracer entre les Bruins et le CH. Les hommes de Claude Julien doivent actuellement composer avec les blessures à Jonathan Drouin et à Paul Byron, ce qui éprouve la profondeur de l’équipe.

Les Bruins ont aussi leur part de blessés. Leurs vedettes étaient toutefois relativement épargnées jusqu’ici, mais voilà que Bergeron manquera à l’appel mardi soir, pour une troisième fois dans les cinq derniers matchs.

Résultat : David Krejci pilotera la première unité, avec David Pastrnak et Brad Marchand comme ailiers. Et le centre du deuxième trio sera Jack Studnicka, qui disputera son tout premier match dans la LNH ! Ce qui a mené à ce lapsus rigolo de Cassidy.

« Il sera nerveux, c’est normal pour un joueur qui joue son premier match. Ça adonne que c’est au Forum de Montréal, et il vient de l’Ontario. Ce n’est plus le Forum, n’est-ce pas ? Désolé ! »

Plus sérieusement, Cassidy estime que la profondeur de l’organisation a permis aux Bruins de produire de très bons résultats malgré les blessures.

« Certains de nos gars reconnaissent quand ils doivent élever leur niveau de jeu. Sinon, les joueurs qu’on a intégrés ont fait du bon travail. C’est grâce à la profondeur de l’organisation. Don [Sweeney, le directeur général] et les dépisteurs en ont trouvé. Les gars jouent à Providence comme on joue ici. Et quand ils arrivent ici, on les gère bien en terme de ce qu’on leur demande. Et c’est un bon vestiaire dans lequel s’intégrer. »

Parlant de profondeur, les Bruins en ont aussi devant le filet. Le Tricolore rencontrera donc de nouveau un gardien auxiliaire, mais celui-là est très bon. C’est Jaroslav Halak, qui montre une fiche de 4-1-3, avec une moyenne de 2,57 et une efficacité de ,924 cette saison.

La formation probable des Bruins

Marchand-Krejci-Pastrnak
DeBrusk-Studnicka-Coyle
Bjork-Kuraly-Heinen
Nordstrom-Lindholm-Wagner

Chara-McAvoy
Krug-Carlo
Grzelcyk-Clifton

Halak