À quelques semaines seulement de l’ouverture du camp d’entraînement, le Wild du Minnesota a finalement nommé son nouveau directeur général, Bill Guerin. 

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Drôle de timing pour une nomination d’une telle importance, mais son prédécesseur, Paul Fenton, a été congédié sur le tard, le 30 juillet, après seulement un an en poste. 

Guerin, 48 ans, agissait à titre d’adjoint au DG des Penguins de Pittsburgh depuis cinq ans. Le propriétaire de Wild, Craig Leipold, disait pourtant vouloir un homme d’expérience à un tel poste, après le fiasco Fenton, mais Guerin a sans doute été très convaincant lors de ses interviews. 

Il est toujours très difficile de mesurer la valeur d’un homme de hockey avant qu’il ne devienne le patron puisque les décisions se prennent en collégialité. Guerin avait-il une voix forte auprès de Jim Rutherford? D’autres membres de l’entourage de Rutherford étaient-ils plus influents? 

Fenton, par exemple, jouissait d’une belle réputation après ses années auprès de David Poile à Nashville. Le ballon s’est vite dégonflé. 

Parfois, un directeur général en apparence avisé perd de sa superbe lorsqu’un brillant membre de sa garde rapproché change d’organisation. Dale Tallon était entouré de Stan Bowman, Kevin Cheveldayoff et Marc Bergevin à Chicago. Il n’a pas eu autant de succès en Floride, quoiqu’il pourrait enfin voir la lumière cet hiver.

On verra vite de quel bois est fait Guerin. Il arrive dans un contexte très difficile au Minnesota. L’équipe vieillit dangereusement et la relève n’est pas aussi forte que prévue. Paul Fenton a tenté un virage jeunesse, mais on l’a stoppé avant qu’il ne fasse davantage de dommages à l’organisation.

IMAGE TIRÉE DU COMPTE TWITTER DU WILD DU MINNESOTA

Une image vaut mille mots. Le département du marketing de l’équipe aurait des leçons à apprendre des Golden Knights de Vegas ou des Hurricanes de la Caroline. La photo choisie pour annoncer l’arrivée de Guerin ne l’avantage pas. On dirait davantage un homme surpris après quelques pichets de sangria sur une terrasse que du sauveur de l’organisation…

Heureusement, Guerin sera jugé en fonction de ses décisions et souhaitons que le Wild fasse disparaître cet horrible cliché rapidement. 

Guerin sera présenté en conférence de presse ce matin. On en saura peut-être plus long sur ses intentions, mais de manière générale, les nouveaux DG se contentent de dire qu’ils analyseront d’abord la situation avant de procéder à des changements. 

PHOTO JOHN LOCHER, ASSOCIATED PRESS

Eric Staal (12)

Le Wild a raté les séries par sept points l’an dernier. Il a perdu en première ronde lors des trois années précédentes. Ses deux premiers centres, Eric Staal et Mikko Koivu, ont 34 et 36 ans. Le meilleur compteur, Zach Parise, en a 35. Le défenseur numéro un, Ryan Suter, est encore efficace, mais il a 34 ans. Le gardien Devan Dubnyk a 33 ans. 

La relève? Le meilleur espoir de l’organisation, Kirill Kaprizov, refuse toujours de traverser l’Atlantique, même après des visites répétées de Fenton et de son prédécesseur Chuck Fletcher en Russie. Luke Kunin et Joel Eriksson-Ek, deux choix de première ronde, sont encore timides. Kunin, 21 ans, a obtenu 17 points en 49 matchs l’an dernier. Eriksson-Ek, 22 ans, en a amassé seulement 14 en 58 matchs. 

Les choix de première et deuxième rondes en 2017 ont été sacrifiés par Fletcher pour des joueurs de location, Martin Hanzal et Ryan White. Deux attaquants dans la force de l’âge, Charlie Coyle et Mikael Granlund, ont été échangés par Fenton pour des attaquants plus jeunes, Kevin Fiala et Ryan Donato, dont les preuves restent à faire. 

PHOTO JONATHAN HAYWARD, LA PRESSE CANADIENNE

Matthew Boldy

Le Wild a rendu service au Canadien lors du repêchage en misant sur Matthew Boldy au 12e rang. Boldy a marqué 39 buts de moins que Cole Caufield l’an dernier avec le programme de développement américain, mais il mesure 6 pieds 2 pouces. On dit cependant de belles choses sur lui. 

Guerin ne manquera pas d’ouvrage. Non seulement Paul Fenton a-t-il effectué quelques vilains échanges, mais il a foutu le bordel au sein de son administration. Les anciens lieutenants de Fletcher ont vite été mis sur des tablettes. Les deux spécialistes des statistiques avancées ont quitté. Le directeur du recrutement amateur, Brent Flahr, en poste depuis 2009, a rejoint Fletcher à Philadelphie en décembre. Fenton l’a remplacé à ce poste névralgique par… P.J. Fenton, son fils de 33 ans. On devine que son expérience est déjà terminée. 

La patience est de mise au Minnesota.

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