(Chicoutimi) Maxime Comtois est devenu, l’espace de quelques semaines l’hiver dernier, le visage de la cyberintimidation.

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

Rappel des faits. Après avoir raté un tir de pénalité en quarts de finale du Championnat du monde de hockey junior, sa page Instagram avait été inondée de commentaires haineux. On lui souhaitait, entre autres insultes, la mort. Rien de moins.

Il avait commenté l’incident à la fin de janvier. Sur sa situation personnelle, il en avait dit bien peu. Sauf pour préciser qu’il avait désactivé les commentaires pour « protéger les siens ». Il se résignait un peu au fait que les réseaux sociaux puissent déclencher les passions et parlait de la « carapace » que les athlètes doivent construire.

Dans tous les cas, la page était déjà tournée et il n’allait pas changer ses habitudes.

PHOTO DARRYL DYCK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Maxime Comtois a raté un tir de pénalité au Championnat du monde de hockey junior, en janvier dernier.

Et c’est vrai. Depuis la mésaventure, il a publié des photos remerciant ses différentes équipes. Il a publié aussi une photo où il est aux commandes d’un bateau, une autre sur le terrain des Blue Jays de Toronto.

« Toute cette histoire est derrière toi ?

– Oui. C’est fini.

– Tu n’as jamais hésité à publier une autre photo et à faire partager ton quotidien ?

– Non [il sourit]. »

C’est tout ce qu’il en dira. Quand il a affirmé que cette conférence de presse, en janvier, serait sa dernière sur l’épineux sujet, c’était la vérité. De toute façon, sa vie se passe plus sur la glace que sur Instagram. Parlons donc de hockey.

Constance

En plus de représenter le Canada, Comtois a joué pour trois équipes, à trois niveaux différents. Il a disputé 10 matchs avec les Ducks d’Anaheim après le camp d’entraînement, avant de retourner passer la saison avec les Voltigeurs de Drummondville. Il a été rétrogradé après une blessure à un genou et une convalescence de quelques semaines.

« Quand je suis revenu au niveau junior, le jeu était plus lent, a expliqué Comtois, qui était présent au tournoi caritatif de Charles Hudon à Chicoutimi. Mon timing était un peu trop vite ! Ça m’a pris quelques matchs, après c’était correct. »

Quand son équipe de la LHJMQ a été éliminée en demi-finale des séries éliminatoires, il s’est immédiatement joint aux Gulls de San Diego, dans la Ligue américaine. Ce n’était pas nécessairement le plan, mais quand on le lui a proposé, il n’a pas hésité longtemps.

Il a inscrit 5 buts et 4 mentions d’aide en 12 matchs, avant que les Gulls ne soient éliminés en finale d’association.

Ç’a été difficile [comme saison]. Tout le voyagement, jouer pour différentes équipes, dans différents systèmes. Je retiens de ma saison que mon jeu n’a pas changé, peu importe le niveau où j’ai joué. J’ai réussi à avoir de la constance toute l’année. C’est ce que ça prend pour arriver au prochain niveau, et c’est là-dessus que j’ai travaillé.

Maxime Comtois

À Anaheim, il avait inscrit 2 buts et 5 mentions d’aide en 10 matchs en début de saison, dont un but à sa première présence sur la glace. À Drummondville, il a conclu la campagne avec 31 buts et 48 points en 25 matchs, puis avec 11 buts et 15 points en 16 matchs de séries. De toute évidence, il est plus que prêt pour la suite.

« Ça m’a donné de l’expérience de finir la saison avec les Gulls. Les matchs sont plus intenses, il y a moins d’espace, ça ressemble beaucoup à un match de la LNH. C’était bon pour moi et j’étais content d’aller les aider. C’est sûr que j’aurais aimé me rendre plus loin avec Drummondville, mais on a connu un bon parcours. On avait une belle équipe. »

Viser Anaheim

Les Ducks d’Anaheim ont amorcé tranquillement leur virage jeunesse. Le premier geste a été de racheter le contrat de l’attaquant Corey Perry. Ils ont été très peu actifs le 1er juillet, sans doute pour laisser toutes les chances à la nouvelle garde de s’établir.

C’est dans ce contexte que Comtois pourrait gagner un poste permanent dès l’an prochain.

« C’est mon objectif. J’arrive au camp pour faire le saut directement. L’an dernier, j’ai réussi à le faire, donc je sais un peu à quoi m’attendre. Je ne vais pas là avec mon poste garanti. Je veux travailler fort, l’obtenir et me battre. »

À San Diego, il a aussi appris à connaître Dallas Eakins, qui est devenu en juin le nouvel entraîneur-chef des Ducks. Voit-il comme un avantage d’avoir déjà créé une relation avec son patron ?

« Ça ne va pas plus jouer en ma faveur que pour les autres. Cela dit, je connais déjà ses attentes. […] C’est un entraîneur qui demande l’effort constant de ses joueurs. Il adore la compétition. Il est exigeant sur l’intensité, mais c’est plaisant de jouer pour lui. Il a le sourire, il est énergique, et ça représente bien l’équipe qu’on devrait avoir. Ce sera à nous de faire notre place avec les vétérans. »