En plus de son entraînement estival habituel, Mike Matheson s’est marié, il a visité les Émirats arabes unis à dos de chameau et il a admiré les lagons féériques de l’archipel des Maldives, en plein milieu de l’océan Indien.

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

Bref, le défenseur originaire de Pointe-Claire a eu un été chargé.

Difficile à croire, mais son équipe, les Panthers de la Floride, a eu un été pratiquement aussi mouvementé. À commencer par le départ à la retraite du grand Roberto Luongo.

«Il était une de mes idoles quand j’étais jeune, a reconnu Matheson, croisé au tournoi caritatif de Kris Letang. Il vient de Montréal et il a connu une carrière formidable. En ayant la chance de jouer avec lui, j’étais toujours en train de le regarder pour apprendre tout ce que je pouvais. J’apprenais comment être un professionnel, comment pouvoir jouer si longtemps.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Mike Matheson lors du tournoi caritatif de Kris Letang, dimanche dernier

«Il a joué si longtemps car il travaille plus fort que tout le monde. L’année passée, il arrivait trois heures avant la pratique juste pour être prêt. C’est une des raisons pour lesquelles il a décidé d’arrêter, il devait tellement prendre soin de son corps, juste pour un entraînement. Sa dévotion au sport était exceptionnelle.»

Le gardien québécois a annoncé en juin dernier que son corps ne suivait plus. Les efforts nécessaires pour simplement réussir à aller s’entraîner devenaient insensés depuis son opération à une hanche, il y a deux ans. Les Panthers ont vite réagi en annonçant que son numéro 1 serait retiré le 7 mars 2020, avant un match contre le Canadien de Montréal.

Il sera aussi certainement considéré pour le Temple de la renommée, surtout grâce à ses 489 victoires en carrière, troisième total de l’histoire derrière Martin Brodeur (691) et Patrick Roy (551).

Matheson raconte qu’il avait parlé de retraite en mai dernier avec Luongo. À ce moment, le gardien n’avait pas encore arrêté son choix. Mais il avait admis que pour la première fois de sa vie, il n’avait pas particulièrement hâte au prochain camp d’entraînement.

«Il ne voulait pas commencer et avoir des regrets ensuite. Ce n’est pas facile pour lui parce qu’il aime encore le hockey. Mais il sait que c’est le temps d’arrêter.»

Pendant que l’un des plus grands gardiens de l’histoire accrochait ses jambières pour de bon, les Panthers accueillaient l’un des meilleurs gardiens de sa génération. Sergei Bobrovsky a décidé «d’amener son talent en Floride», comme l’aurait dit LeBron James, pour la modique somme de 70 millions sur 7 ans. Il a alors pris le deuxième rang des gardiens les mieux payés de la LNH, derrière Carey Price.

Bobrovsky, c’est deux trophées Vézina. C’est 115 victoires à ses trois dernières saisons, plus que quiconque dans la LNH. C’est aussi, selon plusieurs, l’ingrédient secret qui manquait aux Panthers pour en faire une véritable menace dans l’Est.

«C’est un des gardiens les plus intimidants à affronter. C’est bon de l’avoir avec nous l’an prochain. En fait, on a réglé les quatre aspects qu’on devait régler. On a trouvé Joel Quenneville comme entraîneur, on a un gardien, on a Anton Stralman à la défense et on a Noel Acciari et Brett Connolly à l’attaque. Ces gars-là vont être très importants pour la profondeur.»

Les quatre aspects

C’est vrai que le directeur général Dale Tallon a réussi de petits bijoux pour donner une nouvelle vie aux Panthers. Sur papier, l’équipe avait tout ce qu’il fallait pour au moins accéder aux séries la saison dernière. À commencer par deux joueurs de centre d’élite en Aleksander Barkov et Vincent Trochek, une denrée rare.

Pourtant, les Panthers ont raté les séries par 12 points. Parmi ceux qui ont payé le prix de cette défaillance, il y a Bob Boughner. L’entraîneur a été condamné pour deux saisons de surplace chez les Panthers, avec à la clé deux exclusions des séries.

Joel Quenneville arrive à la barre de l’équipe armé de l’un des plus spectaculaires palmarès de la LNH. Il est deuxième dans l’histoire de la ligue avec ses 890 victoires, derrière seulement le légendaire Scotty Bowman. Il est aussi le seul entraîneur actif avec trois Coupes Stanley, toutes remportées avec les Blackhawks de Chicago, et l’un des 11 pilotes seulement à revendiquer l’exploit.

« Je lui ai parlé trois fois durant l’été. Tu peux voir sa mentalité, il est tellement professionnel. Il sait ce qu’il doit faire pour motiver les joueurs. »

Mike Matheson

«La première fois, il est venu parler à toute l’équipe et tout le monde a beaucoup de respect pour lui. C’est important d’avoir un entraîneur comme lui. On s’est aussi parlé au téléphone. Il m’a demandé ce que je pensais de ma dernière saison et ce que je voulais améliorer. On voulait aussi apprendre à se connaître un peu plus.»

Quenneville, Bobrovsky, alouette… Les Panthers ont-ils une raison de rater les séries cette fois?

«Non, aucune raison. Il n’y a plus rien à dire. On doit faire ce qu’on a à faire.»