Tuukka Rask a été sévèrement critiqué après l’élimination des Bruins de Boston le printemps dernier.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Certains observateurs suggéraient même d’envoyer Jaroslav Halak dans la mêlée lors du premier match des séries éliminatoires contre les Maple Leafs de Toronto il y a quelques semaines pour éviter de voir Rask « craquer » à nouveau.

Mais les athlètes ont ce pouvoir d’effacer les mauvais souvenirs et de racheter leur réputation.

S’il y a un sérieux candidat pour l’obtention du trophée Conn-Smythe remis au joueur par excellence des séries éliminatoires jusqu’ici, on voit mal qui d’autre pourrait supplanter Tuukka Rask.

Hier encore, le gardien finlandais de 32 ans a été fumant et a enlevé presque tout espoir aux Hurricanes de la Caroline de survivre à cette finale de l’Association de l’Est.

PHOTO GEOFF BURKE, USA TODAY SPORTS

Tuukka Rask sauve les meubles aux dépens de Sebastian Aho.

Les Bruins l’ont emporté 2-1 à Raleigh et ainsi pris les devants trois matchs à zéro contre une équipe cendrillon désormais à l’agonie.

Des arrêts de routine

Rask a fait le gros du travail en première période. Comme on s’y attendait, les Hurricanes ont rugi dès les premiers instants du match, comme une bête blessée qui lutte pour sa survie.

À mi-chemin en première, le tableau indiquait 12-2 au chapitre des tirs au but en faveur de la Caroline. Non seulement Rask semblait-il en parfaite maîtrise sur le premier tir de l’adversaire, mais son positionnement impeccable lui permettait aussi de transformer les retours de tir des Hurricanes en arrêts de routine.

Comme c’est souvent le cas, une équipe paye cher un trop grand nombre d’occasions de marquer loupées. D’autant plus que les Hurricanes ont obtenu quatre supériorités numériques en première période, sans jamais marquer.

Il y a eu les arrêts de Rask, mais aussi de mauvaises décisions des joueurs des Hurricanes, entre autres l’ancien défenseur des Bruins Dougie Hamilton, dont les tirs étaient soit imprécis, soit décochés trop rapidement sans ce souci de faire déplacer latéralement le gardien des Bruins.

Les deux équipes ont retraité au vestiaire avec une égalité de 0-0 après une période, mais on savait que les Hurricanes venaient de rater leur chance.

Dès le début de la deuxième période, le quatrième trio des Bruins, impressionnant de vitesse et de fougue durant tout le match, a ouvert le pointage, gracieuseté de Chris Wagner, sur une passe de ses coéquipiers Joakim Nordstrom et Sean Kuraly.

Pendant que les Hurricanes épuisaient leurs meilleurs joueurs en les envoyant continuellement sur la glace, l’entraîneur-chef des Bruins, Bruce Cassidy, a eu le luxe d’utiliser ces trois-là l’esprit tranquille. Kuraly a joué plus de 15 minutes, Nordstrom, plus de 14 et Wagner, 10 — et sans doute plus s’il n’avait pas raté la fin du match après avoir été blessé à un bras en bloquant une rondelle.

Le temps d’utilisation a été aussi bien réparti en défense. L’as Charlie McAvoy a joué 24 minutes, mais après lui, Zdeno Chara a dépassé à peine le seuil des 22 minutes.

En équipe

Les Bruins ont des joueurs de talent, mais c’est d’abord une équipe. Dix-huit joueurs fiables, en plus du gardien, un jeu collectif impressionnant, avec surtout des joueurs éveillés et très efficaces en soutien au porteur de la rondelle. On l’égare, il y a toujours un coéquipier proche pour tenter de la récupérer.

A-t-on besoin de mentionner que Patrice Bergeron a été brillant à nouveau dans toutes les facettes du jeu ?

Rask a eu une seule défaillance hier, avec six minutes à faire en deuxième période sur le but du défenseur Calvin De Haan, dont le tir est passé entre ses jambières. Mais le Finlandais était dans un tel état de grâce qu’on se demandait bien comment les Hurricanes allaient pouvoir en compter un autre.

Les Hurricanes ne sont pas complètement morts. Mais une telle remontée à ce stade-ci des séries éliminatoires demeure toujours improbable avec les blessures accumulées, et aussi l’incertitude entourant les gardiens des Hurricanes.

Curtis McElhinney a été préféré pour ce troisième match à Petr Mrazek, défaillant lors des deux premières rencontres. Il n’a pas mal fait, mais un hockeyeur se sent plus en sécurité devant Rask que devant un gardien des Hurricanes par les temps qui courent.

PHOTO GEOFF BURKE, USA TODAY SPORTS

Le gardien Curtis McElhinney repousse le tir d’un joueur des Bruins.

Et cette défense de la Caroline commence à pomper l’huile. L’entraîneur-chef Rod Brind’Amour a misé essentiellement sur trois d’entre eux hier soir — Jacob Slavin, Brett Pesce et Justin Faulk —, tandis qu’aucun des trois autres n’a franchi le seul des 20 minutes.

À moins d’un renversement de situation étonnant, la belle aventure des Hurricanes tire à sa fin.

Prochain match : Bruins c. Hurricanes, demain à 20 h