(Brossard) On n’en finit plus de parler de l’importance des jeunes joueurs cette saison chez le Canadien. Et la blessure subie par Joel Armia ne mettra pas fin à cette discussion, tout au contraire.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Armia s’est blessé à la main gauche à l’avant-veille de Noël à Winnipeg, et on a appris vendredi matin qu’il devrait rater quelques semaines d’activités. Cette absence donnera une chance directe aux trois plus jeunes attaquants du club de se faire valoir encore davantage.

Jesperi Kotkaniemi, d’abord. Le retrait d’Armia et le jeu de chaise musicale subséquent — on y reviendra — ouvre la porte au jeune Finlandais pour un retour directement au centre du troisième trio, poste qu’il occupait avant de subir une commotion cérébrale contre l’Avalanche du Colorado au début du mois de décembre.

Le Finlandais de 19 ans a dû rater les huit derniers matchs de son équipe. Même s’il a fait le voyage dans l’ouest avec l’équipe, il s’est soumis pour la première fois, vendredi matin, à un entraînement complet avec contact.

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Jesperi Kotkaniemi

Visiblement, ni le choc à la tête ni le repos n’ont délié la langue du très peu loquace Kotkaniemi, qui s’est simplement dit « content d’être de retour ».

« Ç’a pris du temps, c’était frustrant », a-t-il confié. Ce n’est que vendredi, avant l’entraînement, qu’il a reçu le feu vert définitif des médecins.

« Ça fait du bien, ce n’est pas très amusant de patiner seul avec les thérapeutes », a ajouté celui qui a passé sa convalescence à « regarder la télé et jouer au PlayStation ».

L’occasion est belle pour lui de racheter un début de saison laborieux — seulement 5 points en 22 rencontres.

Claude Julien s’est dit satisfait du travail de son jeune joueur de centre à l’entraînement, mais n’a pas voulu formuler d’attentes à son égard. « Ce serait injuste de commencer à dire qu’il devrait faire ceci ou cela, il doit seulement revenir, jouer et retrouver son rythme, a dit l’entraîneur-chef. Ce n’est pas facile pour un si jeune joueur de s’absenter si longtemps. »

Suzuki et Poehling

Nick Suzuki, ensuite. Dès qu’Armia a retraité au vestiaire pendant la deuxième période de l’affrontement contre les Jets, Claude Julien a placé le numéro 14 à la droite de Max Domi et d’Artturi Lehkonen. Le trio a uni ses efforts quelques minutes plus tard pour inscrire le cinquième but du Tricolore.

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Nick Suzuki lors du match contre les Oilers, à Edmonton, samedi dernier.

À l’entraînement, Suzuki était de nouveau à droite, et c’est à cette position qu’on le verra à l’œuvre samedi soir à Tampa, en ouverture d’un voyage court mais intense de trois matchs en quatre soirs pour terminer l’année 2019.

Même s’il s’est fait trimballer entre les deux positions depuis le début de la saison, le joueur de 20 ans s’est particulièrement illustré au centre. Ne comptez toutefois pas sur lui pour se plaindre de son sort

« Dans le junior, j’alternais constamment et je ne vois pas tellement de différence, a-t-il dit vendredi matin. Ça veut dire pour moi de recommencer à aller chercher des rondelles le long des bandes et à mettre de la pression sur les défenseurs à la pointe, mais pour le reste, ça se ressemble. »

Il a également souligné, à juste titre, qu’il avait déjà joué avec Lehkonen et Domi cette saison et que les trois avaient rapidement développé une chimie ensemble.

« Avec toutes les blessures qu’on a, il devient un joueur assez important, a dit Claude Julien de Suzuki. [Sans son apport], on aurait peut-être encore plus le dos contre le mur. Son intelligence nous donne de bons matchs, de bonnes présences. »

Enfin, il y a Ryan Poehling. Pendant une punition à Nate Thompson à Winnipeg, on l’a vu évoluer en désavantage numérique, une mission qu’on ne lui avait essentiellement jamais confiée jusque-là dans la LNH. Julien l’a jumelé à Suzuki, et le duo s’est permis une chance en or de marquer à quatre contre cinq.

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Ryan Poehling a affronté les Flames de Calgary, le 19 décembre.

Avec Armia hors de combat, il y a un poste à pourvoir à temps plein sur les unités spéciales. Et Claude Julien a confirmé que les deux jeunes hommes auraient la chance d’en profiter.

Poehling, qui n’en demandait pas tant, se dit fin prêt à recevoir ces nouvelles responsabilités.

« Bien sûr que je peux aider!, a-t-il lancé. Je peux faire ma part dans toutes les situations. Avec Nick [Suzuki], on a fait du bon boulot la dernière fois. On verra ce qui nous attend. »

À l’infirmerie

Pressé de questions au sujet d’Armia, Claude Julien s’est contenté de dire que son cas serait réévalué « de semaine en semaine ». Interrogé par un journaliste à savoir si le Finlandais devait subir une chirurgie, Julien a laissé passer un long silence, lèvres pincées, avant de répéter : « De semaine en semaine. »

Avec 12 buts et 21 points en 32 rencontres jusqu’ici cette saison, Joel Armia est en voie de connaître la meilleure récolte offensive de sa carrière.

Le statut « de semaine en semaine » est le même pour Paul Byron. Julien a insisté pour dire qu’il n’avait pas régressé dans sa réhabilitation, mais le fait est que le numéro 41 a pris part à un entraînement complet le 13 décembre dernier, mais qu’on ne l’a plus revu depuis. Une vilaine chute l’a alors projeté de plein fouet sur la bande.

Byron s’est blessé à un genou le 15 novembre à Washington, et on prévoyait une absence de 4 semaines dans son cas. Cela fait maintenant 6 semaines qu’il n’a pas joué.

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Jonathan Drouin

Jonathan Drouin, pour sa part, a patiné en solitaire vendredi matin, après avoir été un spectateur attentif à l’entraînement de ses coéquipiers. À son sujet, Julien a simplement indiqué qu’il « progressait ». À preuve, il ne porte plus de prothèse au poignet gauche, lui qui soigne une déchirure ligamentaire censée le garder loin du jeu de 8 à 10 semaines au total.

À Brossard, il a fait des exercices de patinage en tenant son bâton seulement de la main droite. Matthew Peca a patiné avec lui.