D’abord la bonne nouvelle : Charles Hudon a eu ce qu’il voulait, à savoir un contrat à un volet qui lui garantit son salaire de la Ligue nationale même s’il est rétrogradé au club-école à Laval.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Ensuite la question embêtante : y a-t-il une place au sein de l’attaque du Canadien pour le Québécois ? C’est moins clair.

Malgré l’entente de 800 000 $US qu’il a conclue hier matin, Hudon ne sait toujours pas ce qui l’attend au prochain camp d’entraînement de l’équipe. « On n’a pas parlé des plans, on verra pour la suite », a-t-il convenu hier en conférence téléphonique.

Je vais essayer de changer la façon dont m’ont vu Claude [Julien] et Marc [Bergevin] l’année passée. Je veux être plus positif.

Charles Hudon

Force est d’admettre que les apparences ne jouent pas en faveur de celui qui souhaite sans doute effacer de l’ardoise sa saison 2018-2019.

Après un début de saison plutôt encourageant – 3 points en 6 matchs malgré une utilisation limitée –, Hudon a commencé à sauter son tour, à l’évidence victime d’un surplus d’attaquants. Il a toutefois retrouvé une place régulière dans l’alignement pendant le mois de novembre, avant d’être contraint à ne disputer que deux matchs en décembre, puis trois en janvier. Il n’a plus enfilé l’uniforme du Canadien passé le 19 février, regardant les 22 dernières rencontres de la saison de la galerie de presse.

Son entraîneur ne l’a même pas envoyé dans la mêlée pour le dernier match de l’année contre Toronto, alors que le Tricolore était éliminé de la course aux séries et que Claude Julien avait donné congé à Paul Byron. C’est plutôt le jeune Ryan Poehling qui en a profité pour marquer trois buts à son premier match en carrière.

Au bout du compte, Hudon n’aura donc inscrit que 5 points en 32 matchs, un recul manifeste par rapport à sa saison recrue de 2017-2018, qui l’avait vu récolter 30 points, dont 8 en avantage numérique, en 78 rencontres. Entre sa première et sa deuxième campagne, son temps de jeu a fondu de plus de 2 minutes par match, passant de 14 min 2 s à 11 min 40 s

Enthousiasme modéré

Sachant par ailleurs que l’équipe lui avait d’abord proposé un contrat à deux volets avant de conclure une entente à sens unique, on pouvait facilement comprendre que Hudon ne s’étouffe pas d’enthousiasme en s’adressant aux journalistes hier.

D’autant que le Canadien compte en ce moment sur 14 attaquants avec un contrat garanti de la LNH, en plus de Jesperi Kotkaniemi, qui a rapidement fait sa place parmi les incontournables du club l’an dernier.

À quelques semaines du camp d’entraînement, on peut déjà présumer que Hudon se battra pour une place sur le quatrième trio avec les Nick Cousins, Jordan Weal, Nate Thompson et Matthew Peca. Et on ne parle même pas de la possibilité qu’un jeune joueur, comme Poehling ou Nick Suzuki, impressionne suffisamment ses entraîneurs pour voler la place à un joueur établi.

Le joueur de 25 ans a toutefois assuré qu’il ne se laissait pas distraire par ces conjectures.

Je suis prêt depuis le mois de décembre à retourner dans l’alignement, je n’ai pas besoin de grand-chose pour me motiver !

Charles Hudon

Il n’a pas cherché non plus à nier que son agent avait tenté de provoquer une transaction la saison dernière.

N’empêche, insiste-t-il, « moi, ce que je veux, c’est jouer au hockey, de n’importe quelle manière, à n’importe quelle place. Pour l’instant, c’est avec le Canadien. Je suis content ».

D’ici la rentrée, il compte travailler sans relâche avec son entraîneur personnel Stéphane Dubé afin de « corriger des choses et revenir plus fort ».

« Je vais contrôler ce que je peux contrôler. Le passé est passé, je regarde le présent », a-t-il assuré.

En paraphant son entente avec le Canadien, Hudon a du coup évité le processus d’arbitrage. Le dernier joueur du club toujours sans contrat est désormais Michael McCarron, agent libre avec restriction.