Comment Gary Bettman a-t-il réagi quand il a vu la passe avec la main qui a permis aux Sharks de San Jose de gagner le troisième match de la série contre les Blues de St. Louis ?

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

Celle qui a mené directement au but d’Erik Karlsson et qui aurait bien pu changer le cours de la finale de l’Ouest ?

« Je me suis dit que ce serait bien que ma tête n’explose pas, a répondu Gary Bettman, provoquant les rires. Je n’étais pas content. Personne ne l’était. Les arbitres ne l’étaient pas, [le directeur de l’arbitrage] Stephen Walkom ne l’était pas, [le directeur des opérations hockey] Colin Campbell ne l’était pas, Bill Daly non plus. C’est malheureux. C’était une erreur. On ne veut jamais voir un match se décider ainsi. »

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Le commissaire de la LNH, Gary Bettman

La controverse avait fait la manchette et avait enflammé la planète hockey. Ce n’est pas tant l’erreur en soi qui avait frustré certains partisans et observateurs, c’est qu’elle s’ajoutait à quelques autres qui ont ponctué les séries depuis le début.

Évidemment, la pénalité majeure décernée à Cody Eakin dans le septième match de la série entre les Sharks et les Golden Knights de Vegas vient aussi en tête. Les Sharks ont inscrit quatre buts durant la pénalité qui, de l’avis général, n’était pas méritée. Ils ont ainsi pu éliminer les Knights en prolongation après avoir surmonté un retard de trois buts.

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Joe Pavelski est resté étendu sur la glace après avoir reçu un coup de Cody Eakin, qui a reçu une pénalité majeure sur la séquence.

Sans surprise, Gary Bettman a lui-même abordé le sujet des révisions vidéo durant ses remarques d’ouverture, avant même les questions des journalistes. Pour résumer sa position : le sujet est à l’étude.

« Ce que nous faisons n’est peut-être pas assez. La capacité de revoir chaque jeu au ralenti est un avantage et un inconvénient. Si nous ajoutons d’autres révisions, et nous étudierons cette possibilité, nous devons trouver un équilibre. Nous devons trouver à quel point nous devons en utiliser plus, et à quel moment le faire. Nous ne devons pas affecter le rythme du match. Nous avons besoin d’un système qui nous permet d’être constants. C’est le défi.

« Personne ne doit douter que nous voulons bien "le" faire. Mais qu’est-ce que ce "le" ? À quel moment doit-on intervenir et dans quelles situations doit-on le faire ? On doit le faire sans détruire le tissu de notre sport. Nous voulons que chaque appel soit le bon. Tout le monde le veut. »

En ce moment, la LNH révise les buts, ainsi que les hors-jeu et les obstructions envers le gardien. À travers le débat actuel sur la portée des révisions vidéo, l’idée de carrément les arrêter a aussi fait son apparition. C’est notamment ce qu’a proposé Brad Marchand, dimanche lors la journée médias.

« Débarrassons-nous des reprises vidéo, a dit l’attaquant des Bruins. C’est un problème. Quand tu amènes les vidéos, les arbitres se font crucifier. Tu réduis petit à petit leur rôle. Ça va faire boule de neige. Ils veulent des reprises vidéo pour tout, à quel point on va réduire le rôle de l’arbitre ? Tu dois utiliser les reprises vidéo pour tout ou les utiliser pour rien. Je me fous lequel on choisit, mais on doit faire un choix. On est entre les deux en ce moment. »

Là-dessus, Bettman est catégorique : ça n’arrivera pas.

« Le système actuel fonctionne. On ne peut plus reculer. On veut avoir les bonnes décisions, mais d’un autre côté, on va détruire le rythme si on revoit tout. C’est impossible. Tout le monde a son opinion là-dessus, mais ce n’est pas simple. »

D’ailleurs, Bettman se promet de recueillir les opinions de tous les acteurs du hockey pour prendre la meilleure décision possible. Il veut non seulement recevoir les idées de tout le monde, il veut aussi créer le consensus s’il devait y avoir changements dans les règles.

Les autres sujets

Parmi les autres sujets abordés, il a aussi été question de la convention collective. Rappelons que les joueurs, tous comme les dirigeants, ont le pouvoir de mettre fin à l’actuelle convention collective en septembre prochain. Si l’un ou l’autre fait ce choix, le contrat de travail se terminera en 2020 plutôt qu’en 2022.

Là-dessus, le commissaire adjoint Bill Daly a confirmé que les discussions étaient déjà entamées avec l’Association des joueurs (AJLNH), et qu’elles se poursuivraient tout l’été. Le directeur exécutif de l’AJLNH Donald Fehr était d’ailleurs dans la salle pour l’adresse à la nation de Bettman et Daly, qui se tenait tout juste avant le premier match de la finale de la Coupe Stanley.

« Quand tu penses à la santé du sport, comment le hockey a grandi, il y a plusieurs arguments pour la paix dans les relations de travail, a dit Bettman. Les joueurs aimeraient peut-être changer une quinzaine de choses, Donald Fehr pourrait vous en parler, mais nous pourrions aussi faire la même chose. On doit d’abord penser à ce qui est le plus important. »

Quand à la possibilité que la LNH crée sa propre ligue de hockey féminin, un peu sur le modèle de la NBA et de la WNBA, ce n’est pas dans les plans en ce moment.

« On attend que la poussière retombe avec la ligue existante ou la possibilité de la création d’une autre ligue. Nos équipes sont impliquées dans le hockey féminin, notamment en prêtant de l’équipement et des installations. Nous appuyons le hockey féminin. À savoir si c’est approprié de lancer notre propre ligue, pas tout le monde s’entend là-dessus et ce n’est pas notre intention à ce moment. »