Les Rangers ont toutes les raisons au monde de se fier sur leur gardien Henrik Lundqvist. Ils l'ont fait en saison régulière avec les succès qu'on connaît. Ils l'ont fait contre les Sénateurs d'Ottawa en première ronde, les Capitals de Washington en deuxième ronde et ils le font encore en finale d'Association face aux Devils.

François Gagnon LA PRESSE

On peut les comprendre : Lundqvist a limité ses adversaires à deux buts ou moins 12 fois en 17 matchs depuis le début des séries. Il les a limités à un but quatre fois en plus de signer trois jeux blancs dont son dernier samedi après-midi dans une victoire de 3-0 aux dépens des Devils.

Victoire qui a permis aux Rangers de prendre les devants 2-1 dans la finale d'Association Est qui se poursuivra lundi, au domicile des Devils, le Prudential Center.

Et bien qu'il se «contente» d'un dossier de 6 victoires et 5 revers en 11 matchs de séries éliminatoires contre les Devils, Lundqvist affiche un dossier de 25-11-5 en 41 matchs de saison régulière contre ses rivaux du New Jersey.

Il affiche aussi, et surtout, un bilan de 23 gains, 6 revers et 5 défaites en prolongation en 34 duels de saison régulière face à Martin Brodeur.

Ce n'est pas rien!

«Hank est notre ancrage. Notre équipe est à son image. C'est un compétiteur acharné, il est un maître dans sa façon de se préparer et il nous donne toujours une chance de gagner. Samedi, il nous a tenus dans le match pendant deux périodes», a convenu l'entraîneur-chef John Tortorella hier.

Bien que leur gardien soit capable de s'illustrer, les joueurs des Rangers pourraient bien récompenser celui qu'ils surnomment «Hank» et que leurs fans surnomment «Henry» en lui offrant un match ou deux un brin plus faciles lundi.

«Nous avons bien mal amorcé les trois premiers matchs. C'est évident que nous devrons être meilleurs lundi, car ce n'est certainement pas notre plan de match de mal commencer les rencontres comme ça», a lancé John Tortorella après la réunion d'équipe à laquelle il avait convié ses joueurs dimanche matin.

«Je ne sais pas comment expliquer ça. Mais quand il est en plein contrôle de son jeu comme c'était le cas encore aujourd'hui (samedi), quand il nous dirige, on dirait que nous faisons une confiance aveugle à Henrik au point de le laisser seul. Ce n'était certainement pas volontaire d'accorder autant de bonnes occasions aux Devils, mais en même temps, il nous a tellement habitués à ce genre de performances qu'on dirait qu'on les tient pour acquises. Il faudra l'aider davantage lundi. Simplifier nos sorties de zones, les effectuer plus rapidement et garder la rondelle plus longtemps», expliquait le jeune défenseur Ryan McDonagh après la victoire des Rangers samedi.

Creuser l'écart

Si les matchs un et trois étaient des copies conformes en ce sens qu'Henrik Lundqvist a muselé les Devils pour donner le temps à ses coéquipiers de trouver leur aplomb en offensive pour ensuite l'emporter 3-0, la série finale est aussi à l'image des deux premières rondes.

Trois fois les Rangers ont gagné le premier match. Trois fois ils ont perdu le deuxième avant de rebondir avec trois victoires lors des troisièmes rencontres.

Quel scénario réserve la quatrième rencontre?

Les Rangers laisseront-ils les Devils niveler les chances à nouveau comme les Sénateurs d'Ottawa et les Capitals de Washington l'ont fait en première et deuxième ronde?

John Tortorella brandira-t-il ces résultats pour faire comprendre à ses joueurs l'importance de creuser un écart au lieu de simplement se fier aux résultats positifs des deux premières rondes?

«Nos joueurs comprennent l'importance du match de demain. Nous sommes en séries. Je ne crois pas que j'aurai à le faire. Je ne sais pas où nous nous rendrons dans cette aventure. Mais notre équipe est consciente de ses forces, de notre réalité. Nous formons un club qui travaille, qui garde le cap, qui ne panique pas quand les choses ne vont pas de notre côté. C'est comme ça que nous avons eu du succès, c'est comme ça que nous en aurons en séries», a indiqué Tortorella.

«C'est une belle occasion qui s'offre à nous», a convenu Brian Boyle en ce qui concerne la possibilité des Rangers de prendre les devants par deux victoires pour la première fois depuis le début des séries.

«Nous avons certainement l'intention d'imposer notre rythme plus tôt dans la partie que lors du match de samedi. En même temps, on s'attend à ce qu'ils améliorent aussi la qualité de leur jeu», a ajouté le gros attaquant qui affiche trois buts et six points en 14 matchs ce printemps.

Bien que la majorité des réguliers soient demeurés hors de la patinoire, Brandon Dubinsky a chaussé les patins. Pour la première fois depuis sa blessure à une cheville subie lors du septième match contre Ottawa, le joueur se centre se donnait à  fond et ne portait pas un chandail réservé aux joueurs qui ne peuvent être frappés.

«Je suis bien content de pouvoir y aller avec plus de vigueur et de décocher des tirs, mais je n'ai encore aucune idée du moment où je pourrai revenir au jeu», a lancé Dubinsky qui revendique sept buts et 16 points en 29 matchs de séries éliminatoires en carrière.