Quand le Canadien fera l'autopsie de sa saison et la nomenclature de tout ce qui n'a pas fonctionné cette année, il faudra qu'il se penche sur ses ennuis à domicile.

Mis à jour le 22 févr. 2012
Marc Antoine Godin LA PRESSE

En perdant 3-0 aux mains des Stars de Dallas, mardi, il s'est vu infliger un septième blanchissage cette saison... et un cinquième à Montréal.

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La fiche du Tricolore à domicile est désormais de 11-14-8. Aucune équipe de la ligue n'a récolté moins de victoires chez elle que le CH. Pas étonnant que le Centre Bell soit l'amphithéâtre de prédilection de 33% des joueurs selon un récent sondage de l'Association des joueurs. Les adversaires s'y sentent plus à l'aise que les joueurs du Canadien!

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«Ce n'est pourtant pas la motivation qui manque, a avancé Louis Leblanc. Mais nos débuts de match sont terribles. Il faut trouver nos émotions à domicile. On a la meilleure foule de la ligue et il faut lui en donner plus.»

Marquer son territoire en donnant le ton à la rencontre est impératif. Or, le CH a été complètement dominé par les Stars qui, eux, savaient que Mike Ribeiro, Stéphane Robidas et Michael Ryder seraient gonflés à bloc en vue de ce match.

Ribeiro, la première étoile du match, a joué dans le bobo du Canadien en portant la marque à 2-0 en début de troisième. L'ancien du Canadien a célébré son but à la manière d'un hot-dog extra moutarde.

C'était la fin des émissions.

Et 30 secondes plus tard, pour être bien sûr qu'on change de poste, Price a donné un cadeau à Tom Wandell après s'être rendu coupable d'un revirement en zone défensive.

Les huées ont alors jalonné le long parcours du CH vers la fin des 60 minutes de jeu.

«Les amateurs partagent leur frustration avec la nôtre, a expliqué Chris Campoli. Aussi passionnés puissent-ils être, c'est parfois difficile de jouer devant eux. Il faut trouver le moyen de les mettre derrière. Ils sont prêts, ils n'attendent que l'occasion de nous applaudir.»

Lars Eller, de son côté, ne croit pas que la motivation de l'adversaire à Montréal soit un obstacle de plus.

«Regardez la fiche de l'équipe à domicile les années précédentes, a-t-il indiqué. Il n'y a pas une seule explication pour ce qui se passe cette année. Ce n'est pas un joueur en particulier, ce n'est pas l'avantage numérique ou l'échec-avant; c'est chacun de nous qui doit être meilleur et qui doit avoir confiance que son coéquipier fera son travail.»

Éteinte, l'attaque à cinq

Les Stars ont complètement dominé le jeu à forces égales et le Canadien s'est ôté toute chance de revenir dans la rencontre en ne profitant pas des quatre supériorités numériques successives en deuxième période. Ne cherchons pas plus loin.

Le Tricolore a chuté au 29e rang de la LNH en supériorité numérique, un autre secteur où il a encore plus d'ennuis à domicile qu'à l'étranger.

Même ralenti par une blessure à la jambe, Erik Cole a été le plus actif des siens en obtenant au moins trois bonnes chances de marquer.

Selon Randy Cunneyworth, huit joueurs - en plus de l'entraîneur lui-même - sont aux prises avec un virus. Parmi eux Tomas Plekanec, forfait en fin d'après-midi, et Mathieu Darche, qui a quitté le match en troisième, victime d'étourdissements.

Normalement, on reste à la maison lorsqu'on a la grippe. Mais de la façon dont le Tricolore s'y débrouille, il doit avoir hâte au prochain voyage de trois matchs!

En tout cas, à la lumière du match de mardi, on peut être sûr d'une chose: le Canadien va continuer de vendre.