Même si les négociations entourant le renouvellement de la convention collective dans la LNH n'ont pas encore commencé, on aurait tort de penser que les équipes ignorent la date du 15 septembre 2012, date à laquelle prendra fin l'accord actuel.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

Gary Bettman ne cesse de répéter que c'est long, un an, et qu'il reste amplement de temps pour négocier.

Son nouvel interlocuteur à l'Association des joueurs, Donald Fehr, n'est pas trop pressé de s'asseoir non plus. Il veut entre autres voir quel genre de compromis mettra fin au bras de fer dans la NFL.

Mais derrière cette apparente inertie, ça bouge beaucoup en coulisses. L'insatisfaction des propriétaires à l'égard du contrat de travail actuel est palpable.

«Les joueurs ont une trop grosse part du gâteau, a soutenu un dirigeant d'équipe ayant requis l'anonymat. Malgré le plafond salarial, c'est pire qu'avant, parce que les équipes perdent plus qu'avant. Il y a des équipes qui font de l'argent, oui, mais celles qui en perdent en perdent davantage. On l'a vu avec les Coyotes et les Thrashers, des équipes qui ont connu des pertes annuelles de 25 à 30 millions.»

Selon cet homme de hockey, on aurait tort de présumer que tout se règlera dans l'harmonie. «Si je devais aujourd'hui miser sur un dénouement, je dirais qu'il n'y aura pas de hockey au début de la saison 2012-13», a affirmé celui-ci.

Plus de coussin

Alors que les équipes réfléchissent à de nouvelles manières de contrôler les coûts, le plafond salarial, lui, sera encore en hausse la saison prochaine. Il pourrait atteindre jusqu'à 63,5 millions. Pour certaines équipes, cette augmentation sera à toutes fins utiles annulée par la disparition du coussin qui servait à absorber les primes de performance.

Qu'est-ce que cela signifie?

Dans les dernières années, les équipes avaient le droit de dépasser le plafond salarial jusqu'à concurrence de 7,5% du plafond avec de l'argent consenti en primes de performance. Certaines en ont profité pour se donner de la flexibilité additionnelle.

Or, ces équipes qui ont distribué des primes de performance hier se feront rattraper demain. Une formation comme les Bruins de Boston, par exemple, n'aura pas vraiment plus d'argent avec lequel opérer.

Un plafond à 40 millions?

En vertu du système actuel, une hausse du plafond salarial signifie aussi une hausse du plancher salarial. Le défi ne cesse d'augmenter pour les équipes évoluant avec des budgets restreints. «Ce serait mieux pour nous si la convention collective arrivait à son échéance cette année plutôt que l'an prochain, lance Dale Tallon, le DG des Panthers de la Floride.

«Je comprends pourquoi il y a un plafond salarial. Autrefois, une équipe pouvait dépenser 90 millions et une autre 20 millions. La compétition devenait difficile. Mais honnêtement, s'il n'en tenait qu'à moi, il n'y en aurait pas de plafond salarial!»

Selon ce que des sources ont indiqué à La Presse, les propriétaires voudraient bien alléger le fardeau d'équipes comme les Panthers. Un de leurs souhaits serait de ramener le plafond salarial aux alentours de 40 millions, soit au niveau où l'actuelle convention collective a commencé, en 2005-06.

La façon d'y arriver n'a pas encore été établie.

«Je m'attends à ce que les propriétaires nous attaquent en voulant d'abord mettre fin aux contrats garantis afin de mieux nous arracher des concessions au niveau du plafond salarial, prévoit l'agent David Ettedgui.

«Cela dit, je n'entrevois pas trop de problèmes lors de ces négociations. On est entre de bonnes mains avec Donald Fehr...»