Le DG des Devils du New Jersey, Lou Lamoriello, attend le verdict que rendra la LHJMQ dans le dossier de Patrice Cormier, des Huskies de Rouyn-Noranda, à la suite de son violent coup de coude à l'endroit de Mikaël Tam, des Remparts de Québec.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

Le choix de deuxième ronde des Devils en 2008, qui a paraphé avec eux un contrat de trois ans l'été dernier, plaidait sa cause hier après-midi devant le commissaire Gilles Courteau. «Nous n'avons pas été en communication avec la ligue et nous n'avons pas essayé de nous engager dans le processus ou d'influencer la décision. Ce n'est pas à nous de le faire», a déclaré Lamoriello à La Presse.

«Je suis sûr que les responsables de la ligue vont agir dans le meilleur intérêt de tous, a ajouté Lamoriello. Il y a eu des situations dans le passé où ce sont mes joueurs qui avaient été les victimes d'un geste inacceptable. Et ma position alors n'était pas différente.»

Lamoriello sait que certaines déclarations qu'on lui a prêtées ces derniers jours suggèrent qu'il a voulu banaliser le geste de Cormier. Il a tenu à corriger le tir.

«Ma réponse à une question a été prise hors contexte et est elle partie dans toutes les directions, a expliqué l'influent dirigeant. On m'a demandé si, de façon générale, j'approuvais l'intervention des forces de l'ordre dans ce qui se passe sur la glace. J'ai répondu non. Mais je ne cautionne aucun incident du genre, qui est susceptible de dénaturer le sport ou de nuire à la carrière d'un joueur.

«Je vais respecter la décision de la LHJMQ et je n'ai pas à me prononcer sur ce qui mériterait d'être fait ou non. Je ne me permets pas de le faire au niveau de la LNH, alors je ne vois pas pourquoi je le ferais dans un autre circuit.»

Lamoriello a aussi affirmé qu'il n'avait pas encore évalué l'option d'amener Cormier avec le club-école des Devils, dans la Ligue américaine, lorsque la saison des Huskies sera terminée. «Honnêtement, on n'y a pas encore pensé, car c'est une question hypothétique. Je vais d'abord regarder pourquoi telle ou telle décision aura été rendue et les répercussions que cela aura.»

Établir ses propres barèmes

La grande majorité des gens espèrent une sentence exemplaire pour Cormier. Mais une sentence exemplaire signifie d'établir de nouvelles unités de mesure pour les infractions. Pour les déterminer, le circuit Courteau écoutera-t-il davantage les parents des jeunes joueurs, qui prônent d'abord leur sécurité, ou se basera-t-il sur ce que font les grands frères de la Ligue nationale?

«Chaque ligue est différente et a ses propres barèmes, rappelle Lamoriello. C'est difficile de prendre une décision en regardant en haut ou à côté de nous. Mais qu'il s'agisse de la LNH, du junior ou de tout autre niveau, nous avons tous la responsabilité de faire ce qu'il y a de mieux pour les individus avec les règlements en place. Il faut en faire l'environnement le plus sécuritaire possible.»

L'entraîneur des Devils, Jacques Lemaire, n'a pas encore vu le coup de Cormier à l'endroit de Tam. Mais il soupçonne que le hockey junior ne sera jamais complètement à l'abri des débordements.

«Comment peut-on contrôler ces gestes-là alors que le sport est aussi intense et aussi spontané? a demandé Lemaire. C'est impossible. Il y aura toujours quelqu'un pour dépasser les limites.»