Le débat sur le salaire minimum dans la LHJMQ relancé

L'idée de verser un salaire aux joueurs de... (Photo Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse)

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L'idée de verser un salaire aux joueurs de hockey juniors fait l'objet de débats depuis plusieurs années au Canada.

Photo Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse

(Québec) Une organisation européenne qui se décrit comme les «représentants internationaux des joueurs de hockey professionnels» fait son entrée au Québec. Elle souhaite annuler une disposition de la réforme sur les normes du travail qui empêchera les joueurs d'être payés au salaire minimum dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

Cette idée de rémunérer les joueurs de niveau junior fait la manchette depuis au moins 2012. À l'époque, une Association des joueurs dans le hockey junior canadien avait même été créée, en vain. Cette fois-ci, l'enjeu est défendu par la World Association of Ice Hockey Players Unions (WAIPU), dont la division nord-américaine a été créée en février dernier.

En entrevue téléphonique avec La Presse, hier, la présidente de la WAIPU en Amérique du Nord, Sandra Slater (une Américaine établie à Las Vegas), était accompagnée de Randy Gumbley, qu'elle a décrit comme un consultant. M. Gumbley est un ancien propriétaire d'une équipe de hockey junior en Ontario qui milite depuis plusieurs années avec son frère Glenn pour que les joueurs aient accès au salaire minimum.

«Il n'y a personne dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec qui est un athlète amateur. [...] Ce sont des joueurs professionnels», a martelé M. Gumbley dans une entrevue réalisée en anglais.

«Les équipes de hockey junior sont des entreprises qui font des profits. De les entendre pleurer et dire qu'ils ne peuvent pas payer leurs joueurs un salaire de misère, c'est pathétique», a-t-il renchéri.

Une idée souvent débattue

L'idée de verser un salaire aux joueurs de hockey junior fait l'objet de débats depuis plusieurs années au Canada. En 2012, Glenn Gumbley avait lancé une première campagne pour créer un syndicat. À l'époque, certains attribuaient l'échec du projet à la mauvaise réputation des Gumbley dans le monde du hockey - Randy Gumbley avait notamment été reconnu coupable de fraude envers neuf jeunes joueurs en 2009.

Sandra Slater connaît l'histoire de M. Gumbley. Elle affirme que ce dernier a été transparent et qu'il a divulgué l'ensemble de son historique juridique. «Le milieu du hockey au Canada est rempli d'individus qui ont le droit à une deuxième chance», a-t-elle souligné.

Cette fois-ci, avec la WAIPU, M. Gumbley se dit convaincu qu'il saura convaincre les parlementaires que les joueurs doivent être rémunérés, même si le projet de loi déposé à l'Assemblée nationale indique que «les athlètes dont l'appartenance à une équipe sportive est conditionnelle à la poursuite d'un programme de formation scolaire» sont exclus de la Loi sur les normes du travail.

«Nous voulons démontrer à la ministre que ces équipes sont rentables et qu'elles n'ont pas besoin d'être soutenues par l'État [pour ne pas payer de salaires].»

À l'heure actuelle, les ligues de hockey junior au Canada considèrent les joueurs comme des athlètes étudiants. En plus d'une petite allocation, ces derniers sont logés, nourris, reçoivent de l'équipement et ont accès à des bourses d'études.

La LHJMQ peu inquiète

Maxime Blouin, directeur des communications de la LHJMQ, a confirmé à La Presse que la ligue avait bel et bien reçu au cours des derniers mois des lettres de la WAIPU lui demandant entre autres de mener une enquête sur les besoins des joueurs et leurs conditions de travail.

«Nos avocats leur répondent pour dire qu'on ne donnera pas suite à leur demande», a expliqué M. Blouin, confirmant du même coup que la LHJMQ, peu inquiète des représentations de la WAIPU à Québec, ne sera pas présente lors de la commission parlementaire sur la réforme des normes du travail.

La ligue de hockey connaît d'ailleurs bien les frères Gumbley. En juin 2017, Glenn Gumbley a été reconnu coupable d'allégations diffamatoires. Il avait notamment dit que la LHJMQ était une organisation illégale et corrompue et qu'elle tirait profit de l'exploitation d'enfants, selon ce qu'avait rapporté à l'époque Le Journal de Montréal.




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