(Toronto) Les représentants de la LCF et de son association des joueurs ont mis fin aux négociations concernant le renouvellement de la convention collective, samedi.

Mis à jour le 14 mai
La Presse Canadienne

Cette situation est survenue après que les deux parties eurent discuté pendant environ 16 heures, jusqu’à tard dans la nuit de vendredi à samedi. Les discussions avaient aussi repris samedi matin.

La convention collective arrivera à échéance à minuit, samedi soir.

On ne sait pas si, ou quand, les deux parties reprendront les négociations en cours de soirée. Les camps d’entraînement doivent commencer dimanche et le premier match préparatoire est prévu le 23 mai.

La convention collective actuelle a été négociée avant la saison 2019 et a été amendée l’an dernier pour que les équipes de la LCF disputent un calendrier de 14 matchs. S’il n’y a pas de nouvelle entente en place avant minuit, samedi soir, six des neuf équipes du circuit seront immédiatement en position pour déclencher légalement des grèves.

Les joueurs des Elks d’Edmonton, des Stampeders de Calgary et des Alouettes de Montréal devront se rapporter à leur camp respectif dimanche. Les joueurs de ces équipes seront en position de déclencher légalement une grève plus tard en mai, selon les règles provinciales du travail.

Les discussions ont recommencé mercredi, six jours après que l’Association des joueurs de la LCF eut refusé la première offre de la ligue.

Dans une note envoyée aux joueurs, le syndicat a affirmé que la LCF souhaitait l’élimination du ratio de joueurs canadiens et de vétérans américains, en plus de réduire le nombre de joueurs canadiens dans les équipes. Actuellement, les formations de la LCF doivent inclure 21 Canadiens, dont sept dans la formation partante.

La ligue a ensuite amendé son offre.

Le commissaire de la LCF, Randy Ambrosie, a décrit l’offre qui a été déposée au syndicat samedi. Il a déclaré que l’accord, qui s’échelonne sur sept ans, augmente la rémunération totale des joueurs « de plus de 24 millions sur la durée de l’accord – plus une opportunité de partager les augmentations de revenus, alors que nous travaillons ensemble avec succès pour développer la ligue ».

Ambrosie a ajouté que l’offre « protège les emplois des joueurs canadiens, ce qui constitue le fondement de la LCF. Elle donne des contrats partiellement garantis pour la première fois dans l’histoire de notre ligue. Elle reconnaît la contribution des vétérans américains, avec une nouvelle opportunité de prolonger leur carrière avec leur équipe, sans restreindre l’autonomie de quelque manière que ce soit ».

Les autres détails de l’offre incluent :

– Deux augmentations du salaire minimum de la ligue, qui était de 65 000 $ la saison dernière.

– Une augmentation totale garantie de 18,9 millions du plafond salarial à travers la ligue.

— 5,94 millions en compensation garantie versée pour la présence dans la communauté et les apparitions promotionnelles à l’échelle de la ligue.

– Une opportunité pour 25 % de la croissance de tous les revenus au-delà d’un seuil convenu à ajouter au plafond salarial à partir de 2023.

– Les équipes peuvent resigner leurs vétérans pour des contrats partiellement garantis, une première dans la LCF.

– Une équipe peut choisir un joueur américain (qui n’est pas un quart), qui évolue dans la ligue depuis au moins quatre ans ou a joué avec la même équipe pendant au moins trois ans, qui serait considéré comme un Américain nationalisé.

– Cet Américain nationalisé compterait comme un joueur national sur la formation, joignant les 20 ou 21 Canadiens qui comptent aussi comme des joueurs nationaux dans la formation.

– Chaque formation aurait un minimum de sept partants nationaux. Ça comprendrait au moins six joueurs canadiens. Le septième partant pourrait être soit l’Américain nationalisé, soit un Canadien supplémentaire.

– La formation comprendrait également trois quarts de n’importe quelle nationalité, 19 Américains et jusqu’à deux joueurs mondiaux.

– Un quart partant canadien compterait comme un joueur national (Canadien).

– Ces changements à la formation entreraient en vigueur en 2023.

– Le salaire minimum passerait à 70 000 $ en 2023 et à 75 000 $ en 2027.

– Un code de conduite mis à jour qui s’applique à tous les membres de la communauté de la LCF, y compris les partisans, plutôt qu’aux seuls joueurs.

– Un siège de l’Association des joueurs de la LCF sur le conseil d’administration des entreprises de la LCF, la branche commerciale de la ligue pour permettre à tous de travailler à la commercialisation de la LCF et à la construction de son entreprise.

« L’offre est conçue pour établir un véritable partenariat avec vous, nos joueurs talentueux, travailleurs et soucieux de la communauté de la LCF, a écrit Ambrosie. C’est une offre gagnant-gagnant. »

Dans une autre note envoyée aux joueurs, le syndicat a mentionné que la ligue tentait d’ébranler le comité de négociation de l’Association des joueurs de la LCF.

« Vous avez ou recevrez un courriel de votre équipe mettant l’accent sur l’échec des négociations, était-il écrit. Nous avions déposé une contre-offre à l’offre’à prendre ou à laisser’de la ligue cet après-midi. Plutôt que d’utiliser du temps pour examiner nos contre-propositions, la ligue a pris le temps de rédiger le courriel que vous venez de recevoir.

« Lorsque nous sommes revenus à la table de négociation, la ligue nous a informés qu’elle la quittait et qu’elle communiquerait directement avec vous. Il s’agit d’un effort agressif et grossier pour tenter d’ébranler le comité de négociation de votre association. »

Malgré les problèmes concernant les messages de la ligue, le syndicat semble prêt à reprendre les négociations.

« Nous avons exprimé nos regrets envers la décision de la ligue et nous leur avons dit que nous étions prêts à revenir à la table chaque fois qu’ils seraient prêts à négocier de bonne foi. »

L’ancien joueur des Alouettes Marc-Olivier Brouillette a soutenu les joueurs et le syndicat sur les réseaux sociaux.

« Restons forts et unis, a-t-il écrit dans un gazouillis. Vous valez beaucoup plus que vous le pensez. »

Il y a eu une seule grève dans l’histoire de la LCF, en 1974. Le conflit de travail s’était toutefois réglé avant le début de la saison.

Le calendrier régulier 2022 doit commencer le 9 juin.