On espérait tous des matchs plus serrés que lors du premier tour des éliminatoires, ce week-end. On n’aurait pu demander mieux puisque les deux premiers matchs de la deuxième ronde ont été décidés sur le dernier jeu.

Publié le 23 janvier
Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Pour la quatrième fois en autant d’occasions, Aaron Rodgers a perdu un match éliminatoire contre l’équipe de son enfance. Après avoir mené durant presque tout le match, Rodgers et les Packers ont vu les 49ers de San Francisco se sauver avec une victoire de 13-10, rendue possible grâce à leurs unités spéciales.

Les Niners avaient déjà bloqué une tentative de placement de Mason Crosby sur le dernier jeu de la première demie. Jimmie Ward avait alors empêché les Packers d’accroître leur avance à 10-0 avant l’intermission. Ils ont refait le coup au moment le plus opportun.

Jouée sous la neige, la deuxième demie a été dominée par les deux défenses, les attaques ayant dû se contenter d’un placement chacune dans les 25 premières minutes au retour de la pause. En avance 10-3, les Packers semblaient satisfaits de laisser leur défense fermer les livres. Puis tout a tourné au cauchemar.

PHOTO JEFF HANISCH, USA TODAY SPORTS

La fiche en carrière de Aaron Rodgers contre les 49ers en éliminatoires a glissé à 0-4.

Il restait un peu moins de cinq minutes à jouer lorsque Jordan Willis a bloqué le botté de dégagement de Corey Bojorquez profondément dans le territoire des Packers. Les joueurs des deux équipes ne savaient plus trop où se trouvait le ballon avant que Talanoa Hufanga ne le récupère et marque un touché de six verges. Vite comme ça, on était de retour à la case départ.

Après une série infructueuse des Packers, Jimmy Garoppolo et les Niners ont gagné 44 verges en huit jeux, dont une superbe course de neuf verges de Deebo Samuel sur un troisième et sept. C’est le jeu qui a essentiellement porté le coup de grâce aux Packers, qui ont regardé Robbie Gould les envoyer en vacances avec un placement de 45 verges.

C’est une autre énorme déception pour Rodgers et les Packers, qui ont remporté 13 victoires à chacune de leurs trois dernières saisons. Ils devront patienter au moins une autre année avant de retourner au Super Bowl pour la première fois depuis 2010.

La question que tout le monde se pose : Rodgers sera-t-il de retour avec les Packers en 2022 ?

Éliminée en finale de conférence lors des deux années précédentes, la formation de Matt LaFleur avait eu deux semaines afin de bien se préparer pour samedi. Or, à l’exception du touché marqué lors de leur première série offensive, Rodgers et l’attaque ont très peu fait durant le reste du match.

Un peu comme cela avait été le cas lors des deux éliminations précédentes des Packers, on a senti qu’il manquait une cible de plus à Rodgers. Encore plus sans Robert Tonyan et Marquez Valdes-Scantling.

Lorsque Rodgers a gagné son Super Bowl, il y a 11 ans, il pouvait compter sur Greg Jennings, Jordy Nelson, James Jones et Donald Driver. Depuis quelques années, c’est extrêmement maigre derrière Davante Adams chez les receveurs. Grâce à un jeu de 75 verges, le demi offensif Aaron Jones a mené les Packers avec 129 verges aériennes contre les 49ers. Adams a quant à lui attrapé 9 passes pour 90 verges. Les autres joueurs des Packers ont totalisé un grand total de six verges par la passe…

Compte tenu de tous les insuccès de l’équipe dans les éliminatoires et de la controverse qui suit Rodgers, la meilleure solution pour tous serait probablement un échange. On aura le temps d’y revenir.

Six jours après avoir vaincu les Cowboys à Dallas, les 49ers ont trouvé le moyen de jouer le même tour à l’équipe qui était la grande favorite pour gagner le Super Bowl il y a à peine 24 heures. Grâce à la ténacité de joueurs comme Samuel, Garoppolo, Fred Warner et Trent Williams, qui jouent tous en dépit de blessures, les Niners ne sont plus qu’à une victoire de retourner au Super Bowl pour la deuxième fois en trois ans.

Le membre le plus important dans les succès des 49ers ? Difficile de ne pas répondre Samuel, n’est-ce pas ? Mais Kyle Shanahan mérite beaucoup d’éloges. Même si son attaque n’a pas été très productive samedi soir, l’entraîneur-chef a choisi les bons jeux aux bons moments, comme il le fait presque toujours. Son équipe ne veut rien savoir de perdre et fait absolument tout en son pouvoir afin de jouer une semaine de plus. Une belle équipe.

Tout le blâme à Tannehill

PHOTO MARK ZALESKI, ASSOCIATED PRESS

Ryan Tannehill (17)

Ça faisait quelques années qu’on se demandait si Ryan Tannehill était assez bon pour gagner un Super Bowl. Ça devrait être beaucoup plus clair à présent.

Il n’y a pas d’autre façon d’analyser la défaite de 19-16 des Titans aux mains des Bengals de Cincinnati, samedi : tout le blâme revient à Tannehill. Mike Vrabel a dit après le match que chacun des membres de son équipe méritait leur part de blâme, mais soyons sérieux. Tannehill a coulé son club.

Tannehill a lancé une interception lors du premier jeu offensif des siens, puis sur sa première passe de la deuxième demie. Les Bengals avaient débuté le troisième quart en marquant leur seul touché du match, une course de 16 verges de Joe Mixon qui leur donnait les devants 16-6. Les Titans semblaient sur le point de répliquer après quatre courses et 66 verges de gains, mais Tannehill a mis fin à la séquence avec sa deuxième interception du match.

Les Titans sont parvenus à créer l’égalité au quatrième quart et avaient la chance d’aller gagner dans la dernière minute. Mais alors qu’il ne restait que 20 secondes et qu’ils étaient en situation de 3 et 5 à leur ligne de 40 verges, la dernière gaffe de Tannehill a remis le match dans les mains de sons vis-à-vis Joe Burrow. Plutôt que de donner la chance aux Titans de jouer en prolongation, Tannehill a forcé une passe au milieu du terrain et le ballon a abouti dans les mains du secondeur Logan Wilson.

La recrue Evan McPherson a mis fin à la partie avec son quatrième placement de la rencontre sur le dernier jeu, une frappe de 52 verges. McPherson a réussi ses huit tentatives de placement en deux matchs éliminatoires.

N’enlevons rien aux Bengals. Ils ont fait ce qu’ils devaient pour l’emporter.

Cela dit, les Titans n’auraient jamais dû échapper ce match. Même si Derrick Henry n’était pas à son meilleur après une absence de presque trois mois, le jeu au sol a gagné 140 verges. Leurs deux meilleurs receveurs, A. J. Brown et Julio Jones, ont fait leur boulot, eux aussi.

Et que dire de la défense ? Les Titans ont réussi neuf sacs et ont forcé les Bengals à se contenter de placements à plusieurs occasions. L’équipe de Vrabel est solide, mais il lui manque la pièce la plus importante. Tannehill est trop inconstant pour les mener jusqu’au bout.

Burrow, lui, est un quart capable de gagner un Super Bowl, ça ne fait déjà plus de doute. Jouant sans aucune pression et le cœur léger, Zac Taylor et ses ouailles sont les premiers Bengals à avoir gagné un match éliminatoire à l’étranger, ce qui leur permettra de participer à leur première finale de conférence depuis la saison de 1988, dimanche prochain.