La défaite de 27-18 qu’ont subie les Alouettes contre les Lions de la Colombie-Britannique, samedi soir au stade Percival-Molson, n’est pas très difficile à expliquer. Même s’ils ont totalisé 453 verges d’attaque (contre 395 pour les Lions), les Alouettes n’ont inscrit aucun touché.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

David Côté a fait mouche à ses six tentatives de placement, mais, assis dans son salon, Khari Jones aurait sûrement préféré le voir en tenter un peu moins. Confiné chez lui après avoir été déclaré positif à la COVID-19 dimanche dernier, l’entraîneur-chef a été remplacé par son adjoint, André Bolduc, qui avait le visage long après le match.

« J’étais un peu dévasté après le match, mais je me sens un peu mieux à présent », a commenté Bolduc en réponse à une question posée en anglais. « Khari est le meneur de cette équipe. C’était à moi de gagner le match et je ne l’ai pas fait », a dit Bolduc.

Un peu trop d’autoflagellation ? Beaucoup trop. Si l’attaque avait eu une exécution correcte près de la zone des buts des Lions, Bolduc et les Alouettes auraient célébré leur troisième victoire de la saison, eux qui ont maintenant une fiche de 2-3.

Vernon Adams fils a connu une autre soirée difficile après sa belle performance d’il y a deux semaines à Ottawa. Il n’a réussi que 16 de ses 36 passes (44,4 %), pour 270 verges, et a subi deux interceptions, dont une de T.J. Lee dans la zone des buts, un jeu qui a mis fin à une série prometteuse en début de match.

« On n’a pas su profiter de nos chances dans la zone rouge. On doit être meilleurs et ça commence avec moi. Je ne peux pas subir une interception dans la zone des buts comme je l’ai fait en début de match », a dit Adams fils.

Bolduc s’est porté à la défense de son quart-arrière quelques minutes plus tard.

J’aurais aimé voir nos receveurs réussir plus d’attrapés contestés, ils ne l’ont pas fait souvent. Les Lions, eux, l’ont fait à plusieurs reprises et je leur lève mon chapeau.

André Bolduc, adjoint à l'entraîneur-chef

« Si on l’avait fait plus souvent, ça aurait aidé Vernon, il n’aurait pas eu à lancer des passes parfaites », a-t-il ajouté.

Eugene Lewis a mené l’équipe avec 85 verges par la passe, mais a échappé plusieurs passes. Certes, quelques-unes de ces passes manquaient de précision, mais Lewis en a échappé une dans la zone des buts et une autre profondément dans le territoire adverse.

« Certainement un manque d’opportunisme. Lorsqu’on est dans la zone rouge toute la soirée et qu’on ne fait qu’inscrire des placements, on va finir par manquer de points », a bien résumé Bolduc.

Stanback et Côté

Le meilleur joueur de l’attaque des Alouettes a été William Stanback, qui a obtenu 139 verges en 18 courses pour une excellente moyenne de 7,7. Le porteur de ballon n’a eu que quelques courses qui n’ont pas rapporté des gains substantiels.

L’autre étoile de la rencontre du côté des Oiseaux a bien sûr été Côté, qui est devenu le quatrième botteur de l’histoire de l’équipe à réussir six placements au cours d’une partie. Terry Baker et Damon Duval détiennent la marque du club avec sept, et Colt David en avait également réussi six.

Mon travail, c’est de faire le plus de points possible et c’est ce que j’ai fait. Mais ce n’est pas aussi satisfaisant parce qu’on n’a pas gagné le match.

David Côté, botteur

Comme celle de Côté, la soirée de Bolduc aurait évidemment été plus mémorable avec une victoire. « C’était bien, j’ai beaucoup apprécié l’expérience. Mais j’aurais aimé que la semaine se termine mieux que ça parce que tout le monde dans l’équipe en a fait un peu plus en raison de l’absence de Khari. »

Du grand Reilly

Il fait très peu de doute que Mike Reilly est actuellement le quart par excellence de la Ligue canadienne et les 13 591 spectateurs réunis au stade Percival-Molson ont pu le constater.

Reilly a notamment réussi une passe de touché de 75 verges à l’explosif Lucky Whitehead et a fini la rencontre avec 308 verges, deux passes de touché et aucune interception. Il a également réussi 84 % de ses tirs (21 en 25) et a même ajouté quelques belles courses au passage.

Bien que le jeu d’Adams fils ait été chancelant, la défense des Lions a été très bonne et active, il faut le dire. Elle a notamment établi un nouveau record d’équipe en rabattant 13 passes. Leur tertiaire est l’une des bonnes du circuit.

N’empêche qu’Adams fils devra trouver de la constance dans son jeu, lui qui a tenté trop de passes dangereuses samedi soir. Alors que la victoire était encore à la portée des siens, il a multiplié les passes risquées.

L’absence de Jones, qui est également le coordonnateur offensif et l’entraîneur des quarts-arrière, a-t-elle nui à Adams fils ? « Khari ne joue pas et nos entraîneurs ont fait du bon boulot », a estimé Adams fils.

« Vernon voulait peut-être en faire un peu trop, comme ça lui est arrivé plus tôt cette saison. Inconsciemment, je pense que c’est ce qu’il a fait », a dit Bolduc.

À Toronto vendredi

Les Alouettes disputeront leurs deux prochaines parties à l’extérieur, la première contre les Argonauts, vendredi soir à Toronto. Les Argos et les Tiger-Cats de Hamilton partagent actuellement le premier rang de la division Est avec des fiches de 3-3.

« Ce sera serré comme ça durant toute la saison dans l’Est. Mais il faut se protéger contre le croisement », a noté Bolduc, faisant référence à la possibilité que l’équipe qui terminera au quatrième rang dans l’Ouest puisse ravir la dernière place disponible pour les éliminatoires à l’équipe de l’Est qui finira troisième.

Il ne manque pas grand-chose aux Alouettes. La défense a relativement bien joué une fois de plus ; les unités spéciales ont contribué grâce au pied de Côté ; et l’attaque est capable d’être amplement productive lorsque tout fonctionne.

Mais dans une saison écourtée de 14 matchs et dans une ligue où il y a rarement eu une aussi grande parité, les Moineaux devront trouver des solutions pour élever leur niveau de jeu d’un cran. Il ne manque pas grand-chose, mais il manque un petit quelque chose. À eux de trouver ce que c’est.