Presque une décennie après avoir dirigé son dernier match, l’ancien entraîneur de football Marc Santerre a écrit un premier livre, dont le lancement a eu lieu mercredi soir. Un coach parmi des héros est en librairie depuis ce jeudi matin.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Santerre s’est fait connaître chez les Spartiates du Vieux Montréal. Il a été leur entraîneur-chef pendant 20 ans, de 1986 à 2005, et a été le principal artisan de leurs succès. Les Spartiates ont gagné le Bol d’or à neuf reprises au cours de cette période.

« Je trouvais que c’était une belle histoire, ce qu’on avait accompli au cégep du Vieux Montréal. Une histoire de gars de différentes provenances, de différentes origines ethniques. C’était vraiment un mélange qui était très cosmopolite, très caractéristique d’une ville comme Montréal », explique Santerre.

Aujourd’hui un avocat de l’Université de Montréal, Santerre a lui-même écrit le récit sportif. Il a ainsi démontré un certain talent pour l’écriture.

J’ai toujours été quelqu’un qui écrivait beaucoup. Il y a des parties du livre où c’est plus un style qui rapporte des faits, et il y en a d’autres qui sont plus émotives. Je ne dirais pas qu’elles sont poétiques, mais elles sont plus imagées.

Marc Santerre

Après deux décennies avec les Spartiates, Santerre est devenu le pilote des Carabins de l’Université de Montréal, poste qu’il a occupé de 2006 à 2010. C’est après avoir perdu cet emploi qu’il a écrit l’essentiel de son livre, sans vraiment croire qu’il serait publié un jour.

« Je l’ai écrit dans un premier jet en 2011, puis je l’ai laissé dormir. Je l’ai relu par la suite et j’ai enlevé certaines choses. Et maintenant qu’il est fait, je changerais encore certaines choses, mais c’est ça, un livre. »

« Je l’ai laissé dormir parce qu’il y avait plein d’émotions dans le récit qui n’étaient peut-être pas utiles pour l’histoire que je racontais. Lorsque j’ai repris l’écriture, c’était dans une perspective d’être lu. »

Deux valeurs de base

Avant l’arrivée de Santerre, les Spartiates étaient l’une des pires équipes du football collégial québécois. Selon leur ancien entraîneur, c’est grâce à deux valeurs centrales qu’ils ont pu changer leur sort : l’ordre et l’enthousiasme.

« C’est peut-être en raison de ma formation juridique, mais je suis quelqu’un qui a besoin d’un plan et de savoir où je m’en vais. C’était la même chose lorsque j’étais entraîneur. Il fallait que je sache ce qu’on voulait faire. L’enthousiasme était au cœur de tout ce qu’on faisait. »

« Ce ne sont pas deux valeurs qui sont faciles à concilier. Si on veut être ordonné et rationnel, il ne faut pas être trop émotif ou trop enthousiaste. Je pense que l’une des grandes forces qu’on a développées, c’est d’avoir été capables d’être les deux à la fois, et j’en suis très fier », dit Santerre.

« C’est l’histoire de gars qui ont réussi à partir de rien et accomplir quelque chose à force d’être dirigés par des valeurs communes et une façon commune de travailler. Et ils ont développé la fierté de travailler de cette façon-là. »

Santerre estime que le football et l’encadrement qu’il a pu donner à certains de ses joueurs ont été des facteurs importants dans leur réussite scolaire.

« Je travaille à l’université et je vois qu’il y a beaucoup plus de filles dans les facultés qui exigent d’avoir de bonnes notes. Ce n’est pas qu’on fait pitié en tant que gars, mais il y a quand même une mouvance qui fait qu’on ne parle pas beaucoup des succès des gars. Et on ne parle pas beaucoup de comment les gars s’organisent pour avoir du succès, et je trouvais que l’histoire des Spartiates, c’était un peu ça. »

Le football sans être coach

Ce que Santerre aimait le plus du coaching, c’était de pouvoir aider les autres et donner à autrui.

« C’était d’être utile. Parmi toutes les choses dont je m’ennuie le plus du coaching, c’est celle-là. Je fais mon travail et je suis évidemment utile à mon employeur, mais d’être utile à une personne ou à un groupe de personnes, c’est quelque chose qui m’a beaucoup énergisé dans ma carrière. »

Santerre est cependant catégorique sur un point : il ne sera plus jamais entraîneur de football.

« Non, ça, c’est fini pour moi. Je collabore encore dans des cliniques de football et des conférences sur l’organisation et la planification. Je vais également dans des écoles et je donne parfois des discours dans des équipes que dirigent certains de mes anciens joueurs. »

Santerre continue tout de même de suivre ce qui se passe sur la planète football, mais à distance.

« Je ne rate aucun match des Carabins et de l’Université Laval. Je regarde les matchs à la télévision et jamais dans les stades, car je suis trop dérangé par tout ce qui se passe. »

« J’ai suivi plus la NFL que normalement cette année, et ça tombe bien puisque mes deux équipes préférées seront au Super Bowl. Laurent [Duvernay-Tardif] y est pour beaucoup, mais je trouve que les Chiefs [de Kansas City] sont agréables à voir jouer avec Patrick Mahomes. Pour ce qui est des 49ers [de San Francisco], c’est à cause de Joe Montana qu’ils sont devenus mon équipe préférée, et c’est resté. »

Un coach parmi des héros, Marc Santerre, Les éditions La Presse, 350 pages