Si ce n’était pas déjà clair, ça l’est ce matin : la domination des Patriots de la Nouvelle-Angleterre dans l’Est de la Conférence américaine est chose du passé. L’équipe à vaincre de cette division est dorénavant les Bills de Buffalo.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Six jours après leur belle performance contre les 49ers de San Francisco, les Bills ont fait tomber un poids lourd, dimanche soir. Un poids lourd un peu amoché, mais qui demeure redoutable. Josh Allen et les jeunes Bills ont pris la mesure des Steelers de Pittsburgh, 26-15, à Orchard Park.

Un peu chancelants durant le premier quart, les Bills ont pris le contrôle de la rencontre grâce à un touché défensif en fin de première demie. À l’aide d’une belle lecture de jeu, le demi de coin Taron Johnson a marqué le majeur après avoir intercepté une courte passe de Ben Roethlisberger. Ce jeu a donné les devants 9-7 aux Bills, qui n’ont plus jamais perdu leur avance.

Allen a été moins éblouissant qu’il l’avait été face aux 49ers, mais a commis peu d’erreurs contre l’excellente défense des Steelers. Après un début de partie incertain, Allen s’est tourné vers sa cible de prédilection, Stefon Diggs. Et les Steelers n’avaient manifestement pas de solution pour arrêter la combinaison Allen-Diggs.

L’ailier espacé étoile a terminé sa soirée avec 10 attrapés, 130 verges de gains et un touché. Durant le troisième quart, Diggs semblait seul sur le terrain. Après les 14 premières semaines de la saison, l’ancien des Vikings du Minnesota occupe le premier rang de la NFL avec 100 réceptions.

Les Bills ont apporté de très bons ajustements à leur attaque à la mi-temps. Ils ont attaqué le milieu de la défense des Steelers, qui jouait sans ses deux secondeurs intérieurs réguliers, Robert Spillane (genou) et Vince Williams (COVID-19). L’absence du demi de coin Joe Haden s’est également fait sentir.

L’une des bonnes façons de ralentir le front défensif des Steelers est d’utiliser une attaque sans caucus, ce qu’ont occasionnellement fait les Bills. L’attaque du coordonnateur Brian Daboll a été créative et imprévisible au troisième quart, et c’est essentiellement lors de cette période que le match s’est décidé.

Une défense grandement améliorée

On a déjà amplement parlé de la fulgurante ascension d’Allen en 2020, mais l’amélioration de la défense des Bills depuis environ un mois est notable, elle aussi. Médiocre en première moitié de calendrier, l’unité s’est drôlement bien ressaisie et a particulièrement bien joué, dimanche soir.

Les demis défensifs des Bills ont été très coriaces en couverture, tandis que leurs secondeurs ont éteint le jeu au sol des Steelers. Buffalo a utilisé le blitz fréquemment, ce qui a testé une ligne offensive qui a perdu quelques-uns de ses membres au cours de la soirée. Roethlisberger a d’ailleurs été victime d’un sac pour la première fois en 275 tentatives de passe consécutives. Notons que de l’autre côté du ballon, les Steelers ont réussi un sac dans un 70e match d’affilée, établissant une nouvelle marque de la NFL.

L’attaque des Steelers avait marqué un minimum de 24 points à chacun de ses 10 premiers matchs. Lors de ses trois derniers, elle a toutefois inscrit 19, 17 et 15 points. Il y a essentiellement deux problèmes : le jeu au sol est improductif et les receveurs échappent trop de passes.

Diontae Johnson, le meilleur receveur du club, s’est d’ailleurs retrouvé sur le banc après avoir échappé deux passes parfaites en première demie. L’ailier rapproché Eric Ebron a également été incapable de saisir une belle passe de Roethlisberger. Johnson et Ebron avaient totalisé 10 passes échappées lors des deux matchs précédents.

Malgré leur défaite, les Steelers ont obtenu leur laissez-passer pour les éliminatoires puisque les Dolphins de Miami ont perdu. Pour l’heure, l’objectif principal des Steelers devrait être de régler leurs problèmes en attaque avant le début du tournoi, eux qui ont perdu deux fois en une semaine après avoir gagné leurs 11 premières parties de la saison.

Premier titre depuis 1995 ?

Avec une fiche de 10-3 et deux victoires de plus que les Dolphins, les Bills sont quant à eux en excellente position pour remporter le titre de leur division pour la première fois depuis 1995. Bill Belichick et les Patriots avaient remporté l’Est de l’Américaine 17 fois depuis 2001 et lors des 11 dernières années.

Les Bills ont récompensé leur directeur général Brandon Beane avec une prolongation de contrat la semaine dernière. Beane et l’entraîneur-chef Sean McDermott ont assemblé une très bonne équipe, qui devrait faire partie de l’élite de l’AFC pour plusieurs années avec un noyau de joueurs qui comprend notamment Allen, Diggs, le secondeur intérieur Tremaine Edmunds et les demis défensifs Tre’Davious White et Jordan Poyer.

Ladouceur près d’une marque

Louis-Philippe Ladouceur n’a jamais obtenu beaucoup de publicité, mais le spécialiste des longues remises des Cowboys de Dallas est sur le point d’établir une marque de longévité. Comme l’a rapporté le journaliste Dan Ralph (La Presse Canadienne) il y a quelques jours, Ladouceur s’apprête à devenir le Canadien ayant disputé le plus grand nombre de matchs réguliers dans la NFL.

Ladouceur a joué un 250e match consécutif, dimanche à Cincinnati, lui qui fait partie des Cowboys depuis 2005. Il a ainsi égalé la marque de l’ancien botteur Eddie Murray, qui a fait carrière dans les années 1980 et 1990.

Ladouceur et les Cowboys ont facilement vaincu les Bengals, 30-7, alors qu’il s’agissait du retour d’Andy Dalton à Cincinnati. Le quart-arrière des Cowboys a passé ses neuf premières saisons avec les Bengals.