Pendant un petit moment, les Raiders de Las Vegas ont cru qu’ils étaient sur le point de vaincre les Chiefs de Kansas City pour la deuxième fois de la saison. Un petit moment qui aura duré environ deux minutes.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Grâce à un touché de Jason Witten, les Raiders avaient pris les devants 31-28 alors qu’il restait 1:43 à jouer au quatrième quart. Leur erreur aura été d’avoir laissé trop de temps au cadran pour Patrick Mahomes.

Mahomes a réussi six de ses sept passes lors de la série, dont la dernière à Travis Kelce dans la zone des buts. L’ailier rapproché a ainsi marqué le touché de la victoire avec 28 secondes à jouer.

Les Raiders méritaient un meilleur sort que la défaite de 35-31 qu’ils ont subie aux mains de leurs rivaux de division. De façon générale, ils ont joué avec plus d’intensité et d’émotion que les Chiefs. Mais la crème a fini par remonter à la surface.

Mahomes et Derek Carr, qui a joué un autre très bon match pour les Raiders, ont orchestré plusieurs longues séries dans ce match, dont la plupart se sont conclues avec un touché. L’inexpérience n’a pas aidé la jeune défense des Raiders, mais du côté des Chiefs, c’est plutôt un manque de conviction qui a été derrière une performance des plus ordinaires en défense.

Carr et l’attaque des Raiders étaient certes très bien préparés pour cette partie, mais la défense du coordonnateur Steve Spagnuolo a joué mollement durant une bonne partie de la soirée. Ce n’est que dans les dernières minutes du match que l’unité a joué avec un peu plus de détermination et de chien.

Les Chiefs peuvent souvent se permettre d’offrir des performances en demi-teintes grâce au brio de Mahomes. Son immense talent peut camoufler bien des maux, comme ce fut le cas dimanche soir.

Si les champions en titre n’élèvent pas leur niveau de jeu d’un cran, le résultat final risque d’être différent dimanche prochain. Tom Brady et les Buccaneers recevront les Chiefs à Tampa Bay, eux qui ont beaucoup moins de faiblesses que les jeunes Raiders. Quelques semaines plus tard, les Chiefs devront également visiter les Saints à La Nouvelle-Orléans. Ces deux parties seront déterminantes pour les Chiefs dans la course pour le premier rang de l’Association américaine qui les oppose aux Steelers de Pittsburgh, qui sont demeurés invaincus avec une 10e victoire de suite, dimanche.

Un quart-arrière transformé

Depuis qu’il a dit qu’il en avait assez de perdre et qu’il ne se sentait pas respecté, Derek Carr semble avoir atteint un nouveau niveau comme quart-arrière, mais peut-être encore plus en tant que meneur des Raiders. L’équipe a gagné quatre de ses six rencontres depuis la déclaration de Carr et elle est venue à quelques minutes près de rendre la course dans l’Ouest de l’Américaine drôlement intéressante.

Carr joue avec énormément de confiance et d’aplomb dernièrement. En raison de l’absence de spectateurs dans le stade, on a bien pu l’entendre diriger l’attaque des siens, dimanche soir. Il a été en parfait contrôle de la situation durant toute la rencontre.

Ce qui est doublement impressionnant dans le cas de Carr, c’est que l’attaque des Raiders ne possède pas une collection de joueurs de talent comparable à celle de certaines autres équipes, dont les Chiefs. L’ailier rapproché Darren Waller et Nelson Agholor, qui n’a jamais été plus qu’un troisième receveur durant ses cinq saisons à Philadelphie, sont actuellement les deux seules valeurs sûres du groupe de receveurs.

Waller et Agholor ont fini le match avec 88 verges et un touché chacun, tandis que le premier choix des Raiders en 2020, Henry Ruggs III, n’a capté qu’une seule passe, son 14e attrapé de la campagne. Ruggs III deviendra un joueur de premier plan, mais pas avant 2021 au plus tôt.

Bien protégé par sa ligne offensive, Carr a l’air d’un quart qui est enfin arrivé à maturité.

Jon Gruden et lui semblaient pourtant se diriger vers une rupture il y a un an, mais la situation n’est plus la même. Carr est l’une des principales forces des Raiders, qui peuvent encore viser une place en séries malgré leur défaite contre Kansas City.

Quatre des six derniers matchs des Raiders seront contre des équipes qui ont présentement des fiches perdantes, alors que les deux autres seront à domicile contre Indianapolis et Miami. C’est prenable.

Si l’attaque des Raiders fait bien grâce à Carr, la défense est limitée dans ce qu’elle peut accomplir. Il y a encore plusieurs trous, même si de jeunes joueurs comme Johnathan Abram, Maxx Crosby et Damon Arnette progressent bien.

Burrow : un dénouement prévisible

La belle saison de Joe Burrow a abruptement pris fin à Washington en raison d’une déchirure ligamentaire à un genou, dimanche. Le quart-arrière des Bengals de Cincinnati a été frappé par quelques joueurs et c’est son genou qui a absorbé tout le choc.

Ce n’est malheureusement pas étonnant que la première saison de Burrow se soit terminée de cette façon. La recrue jouait derrière l’une des pires lignes offensives du circuit, certainement l’une des plus suspectes. Les Bengals devraient d’ailleurs être un peu gênés d’avoir lancé Burrow dans la mêlée avec une ligne aussi faible.

Espérons seulement que la blessure de Burrow ne l’affectera pas autant que celle qu’avait subie Carson Palmer il y a 15 ans. Un premier choix au total comme Burrow, Palmer n’avait plus jamais été le même joueur après avoir été blessé à un genou en janvier 2006.

Voici ce qui devrait être le plan de match des Bengals au cours de la saison morte : embaucher deux des meilleurs joueurs de ligne offensive disponibles sur le marché des joueurs autonomes en mars, puis repêcher des joueurs de ligne offensive avec leurs trois premiers choix en avril. Lorsqu’on a la chance de mettre la main sur un talent comme Burrow, on ne l’envoie pas faire ses classes dans la NFL derrière une passoire.