Lorsqu’il est question des plus grands entraîneurs-chefs de l’histoire de la NFL, les mêmes noms reviennent : Bill Belichick, Vince Lombardi, Tom Landry, Chuck Noll, Bill Walsh. Paul Brown est rarement mentionné.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Considéré comme le plus grand de tous, Belichick estime pourtant que c’est Brown qui devrait l’être. L’entraîneur des Patriots de la Nouvelle-Angleterre a participé à la sélection de l’équipe des 100 meilleurs joueurs et entraîneurs de l’histoire de la NFL pour souligner les 100 ans d’existence de la ligue l’année dernière. Voici ce qu’il avait dit au NFL Network il y a environ un an.

« [Brown] est le plus grand entraîneur de l’histoire du football professionnel, c’est aussi simple que ça. Tout ce que je fais aujourd’hui, Paul Brown l’a fait. C’est lui qui a fait passer le football d’un sport à une profession. »

Né à Norwalk dans l’Ohio, Brown a été le quart-arrière de l’Université Miami de l’Ohio avant de se tourner vers le coaching. Il a notamment dirigé les Buckeyes d’Ohio State durant trois saisons et les a menés à un championnat national en 1942.

Lorsque Cleveland a obtenu une équipe dans la nouvelle All-America Football Conference (AAFC), un circuit qui a existé de 1946 à 1949, il n’y avait qu’un choix possible pour le poste d’entraîneur-chef. Non seulement Brown était-il cet homme, mais l’équipe a aussi été nommée en son honneur. Ainsi sont nés les Browns de Cleveland.

Les Browns ont gagné le championnat à chacune des quatre années d’existence de l’AAFC. Ils ont ensuite rejoint la NFL, en 1950, et ont remporté le championnat de la ligue dès leur première saison. Finalistes trois années de suite (1951-1953), les Browns ont ajouté deux autres championnats à leur palmarès en 1954 et 1955, avant de s’incliner une autre fois en finale deux ans plus tard (1957).

Un novateur

En plus de son succès sur le terrain, Brown a été l’un des plus grands novateurs du football, sinon le plus grand. C’est lui qui a été le premier à étudier des adversaires à l’aide d’enregistrements. Ses joueurs devaient étudier et étaient régulièrement testés sur leurs connaissances. En clair, Brown a été le premier entraîneur aussi raffiné sur les plans de la stratégie et de la préparation.

Les équipes d’entraînement (practice squads) et les entraîneurs de position ont été d’autres initiatives de Brown. Plusieurs tracés de passe, le jeu d’attiré, et la pochette protectrice ont également été quelques-unes de ses créations.

Le protecteur facial en a été une autre. En effet, selon le Sports Illustrated, c’est lorsque son quart étoile Otto Graham a subi une coupure à la bouche en 1953 que Brown a créé un protecteur facial moins rudimentaire que ce que portaient certains joueurs.

Entrés dans la légende, Otto Graham, Jim Brown et Marion Motley sont quelques-uns des joueurs qui ont été dirigés par Brown. Motley et Brown étaient des Afro-Américains, Brown ayant été l’un des premiers entraîneurs à favoriser l’inclusion de joueurs noirs dans le football professionnel.

Le fondateur des Bengals

Après 13 ans avec les Browns – 17 si l’on compte les quatre années dans l’AAFL –, l’association entre Brown et l’équipe a pris fin. On dit que le propriétaire du club, Art Modell, jugeait que Brown prenait trop de place. Ce dernier a donc quitté l’organisation après la saison de 1962.

Quelques années plus tard, Brown a fondé les Bengals de Cincinnati dans l’American Football League (AFL). L’un des principaux investisseurs, Brown a été le premier directeur général et le premier entraîneur-chef des Bengals.

Brown n’a jamais accepté que Modell l’ait forcé à quitter Cleveland. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les couleurs des Bengals sont pratiquement identiques à celles des Browns. Et il n’y avait même pas de rayures de tigre sur le casque des Bengals à l’origine. En 1970, l’AFL et la NFL ont officiellement fusionné et les Bengals se sont ainsi joints à la division centrale de l’AFC, qui comprenait également les Browns.

PHOTO ANDY LYONS, AGENCE FRANCE-PRESSE

Paul Brown a été le premier directeur général et le premier entraîneur-chef des Bengals de Cincinnati, fondés en 1967.

Brown n’a pas eu le même succès à Cincinnati qu’à Cleveland. Il a dirigé les Bengals durant huit saisons, puis a mis fin à sa carrière d’entraîneur en 1975. En tout, c’est une carrière qui aura duré 25 ans au football professionnel, en plus de 17 autres dans les rangs universitaires et secondaires.

Brown est toutefois demeuré le président des Bengals jusqu’à sa mort, en 1991. Son fils Mike a alors pris le contrôle de l’équipe et demeure à ce jour le propriétaire et le président.

Fin houleuse avec Walsh

Plusieurs anciens joueurs ou adjoints de Brown sont devenus de grands entraîneurs à leur tour. Notamment Don Shula, le meneur de l’histoire avec 347 victoires en carrière ; Chuck Noll, l’architecte de la dynastie des Steelers de Pittsburgh dans les années 70 ; et Bill Walsh, qui a gagné le Super Bowl à trois occasions avec les 49ers de San Francisco.

Walsh était le coordonnateur offensif des Bengals lorsque Brown était l’entraîneur-chef. Quand ce dernier a annoncé sa retraite, c’est Bill Johnson qui a hérité du poste, à la grande déception de Walsh.

Avant sa mort des suites d’une leucémie en 2007, Walsh a raconté qu’il avait appris ultérieurement que Brown lui avait barré la route pour devenir entraîneur-chef ailleurs dans la NFL à plusieurs occasions sans qu’il soit au courant. Après la nomination de Johnson chez les Bengals, Walsh est devenu le pilote des 49ers.

Curieux hasard, les Niners ont vaincu les Bengals au Super Bowl à deux occasions, après les saisons de 1981 et 1988, alors que Brown était toujours le président du club.

Brown n’avait pas que des amis. En plus de Modell et de Walsh, plusieurs de ses joueurs le trouvaient trop strict et contrôlant. Il était également reconnu pour être particulièrement chiche dans les négociations de contrat et aurait même été l’une des raisons derrière la création de l’Association des joueurs dans la NFL.

Il reste que Brown a été l’un des grands artisans du football comme on le connaît aujourd’hui. Les Browns ont connu leur heure de gloire sous ses ordres et portent son nom, et il était toujours le grand décideur des Bengals lorsqu’ils ont participé à leurs deux seuls Super Bowls. Leur stade s’appelle le Paul Brown Stadium à ce jour. Brown a été intronisé au Temple de la renommée en 1967.

Les prédictions de Miguel Bujold

Indianapolis à Chicago : Chicago

Jacksonville à Cincinnati : Jacksonville

Cleveland à Dallas : Dallas

La Nouvelle-Orléans à Detroit : La Nouvelle-Orléans

Seattle à Miami : Seattle

Chargers de L. A. à Tampa Bay : Tampa Bay

Baltimore à Washington : Baltimore

Arizona en Caroline : Arizona

Minnesota à Houston : Houston

Giants de N. Y. aux Rams de L. A. : Rams de L. A.

Nouvelle-Angleterre à Kansas City : Kansas City

Buffalo à Las Vegas : Buffalo

Philadelphie à San Francisco : San Francisco

Atlanta à Green Bay : Green Bay

La semaine dernière : 11-3-1

Total de la saison : 31-13-1

LES TROIS MATCHS À NE PAS RATER

INDIANAPOLIS (2-1) à CHICAGO (3-0), 13 h, dimanche

PHOTO DANNY KARNIK, ASSOCIATED PRESS

Le quart-arrière Nick Foles effectuera son premier départ avec les Bears de Chicago, dimanche.

On semble se diriger vers une course à deux équipes entre les Titans et les Colts dans la division Sud de l’Américaine. Aux prises avec une éclosion de COVID-19, les Titans ne pourront disputer leur match qui était prévu contre les Steelers. Dans le Nord de la Nationale, les Bears semblent les mieux outillés pour faire compétition aux Packers. À son premier départ avec les Bears, Nick Foles devra se méfier d’une défense qui a déjà six interceptions à son actif, dont deux du demi de coin Xavier Rhodes, anciennement des Vikings. À sa première campagne avec les Colts, Philip Rivers a complété 78,3 % de ses passes jusqu’à présent, mais a déjà été victime de trois interceptions. C’est toujours le cas, mais les revirements risquent fort de décider du résultat de ce match.

CLEVELAND (2-1) à DALLAS (1-2), 13 h, dimanche

PHOTO ELAINE THOMPSON, ASSOCIATED PRESS

Le quart-arrière des Cowboys de Dallas Dak Prescott mène la ligue avec des gains de 1188 verges par la voie des airs.

Sur papier, les Browns et les Cowboys possèdent deux des attaques les plus talentueuses de la NFL. Sauf que l’une d’entre elles est beaucoup plus productive, du moins sur le plan du jeu aérien. Baker Mayfield ne totalise que 564 verges par la passe (moyenne de 191 par match), ce qui est moins que la moitié de Dak Prescott. Le quart des Cowboys mène la ligue avec 1188 verges (moyenne de 420,7 par match) et cinq joueurs de l’équipe ont déjà obtenu au moins 100 verges, dont les ailiers espacés Amari Cooper (267), Michael Gallup (246) et CeeDee Lamb (230). En contrepartie, Nick Chubb et Kareem Hunt ont tous deux récolté plus de 200 verges au sol du côté des Browns.

NOUVELLE-ANGLETERRE À KANSAS CITY, 16 h 25, dimanche

PHOTO STEVEN SENNE, ASSOCIATED PRESS

Bill Belichick, entraîneur-chef des Patriots de la Nouvelle-Angleterre

Cam Newton fait du très bon boulot avec sa nouvelle équipe. Il a complété 68,1 % de ses passes et obtient 287,7 verges par match malgré un groupe de receveurs qui est l’un des moins bien nantis de la NFL. Newton a ajouté 149 verges au sol, tout en inscrivant quatre touchés, ce qui a donné plus de souplesse aux Patriots près de la zone des buts. Surtout, l’ancien quart des Panthers a généralement su éviter le type d’erreurs qui tuent une équipe. Il y a deux semaines, Newton a permis aux Pats de lutter coup pour coup avec Russell Wilson et les Seahawks. Sera-t-il capable de faire la même chose contre Patrick Mahomes et les siens ? Puisque les Chiefs ont joué lundi soir à Baltimore, l’équipe de Bill Belichick a pu bénéficier d’une journée de plus qu’eux afin de peaufiner sa préparation. Et ça, c’est toujours un facteur considérable avec Belichick.