Au début de la sixième ronde du repêchage de la NFL, en fin d’après-midi samedi, Marc-Antoine Dequoy et son agent Sasha Ghavami ont reçu un appel des Packers de Green Bay. Ils avaient alors une offre concrète sur la table.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Après avoir étudié toutes ses options au cours de ce sixième tour, Dequoy n’avait plus vraiment de doute : il souhaitait faire partie des Packers.

« C’était la meilleure équipe pour moi. Ça m’a un peu pris au dépourvu lorsqu’ils nous ont fait une offre au début de la sixième ronde car c’était un peu tôt. Mais je n’aurais pas pu trouver une meilleure équipe que les Packers de Green Bay, c’est l’équipe et l’endroit idéal pour moi », a résumé le demi défensif.

Dequoy et les Packers avaient donc une entente verbale dès le début de la septième ronde. Lorsqu’il est devenu officiel que le joueur québécois ne serait pas l’un des 255 joueurs repêchés, il a rapidement accepté l’offre des Packers formellement.

« Le stress est tombé lorsque l’entente a été officielle. C’est dur à décrire, c’est mon rêve depuis si longtemps et c’est maintenant du concret. C’est incroyable ! C’était vraiment surréaliste comme sensation au début, mais avec les entrevues médiatiques, je réalise davantage ce qui se passe. »

Jeudi matin, Dequoy et Ghavami avaient essentiellement réduit le nombre d’équipes qui les intéressaient plus que les autres à trois. Les Packers étaient du nombre. Dequoy n’aurait évidemment pas pu choisir sa nouvelle équipe s’il avait été repêché, alors ce fut un mal pour un bien.

« Je savais que c’était très possible que je ne sois pas repêché, et que si je l’étais, ce serait en sixième ou septième ronde. Mais honnêtement, je ne suis pas déçu du tout de ne pas avoir été repêché. Tout ce que je souhaitais, c’était d’obtenir une occasion. »

Lambeau Field et riche histoire

C’est en grande partie grâce aux excellents résultats qu’il a enregistrés lors de son entraînement individuel au « Pro Day » des Carabins de l’Université de Montréal, tenu le 9 mars dernier, que Dequoy a commencé à intéresser une dizaine d’équipes du circuit Goodell. Il avait entre autres enregistré un très impressionnant chronomètre de 4,35 secondes lors du sprint de 40 verges, ce qui est exceptionnel pour un joueur de 6’3 comme lui.

Contrairement aux Bears de Chicago et aux Eagles de Philadelphie, les Packers n’étaient toutefois pas représentés lors de cet entraînement. Mais Dequoy ne doute pas qu’il a fait le bon choix.

« J’ai tellement hâte de jouer au Lambeau Field et de découvrir cette équipe et cette ville. De ce que je connais des Packers, c’est une très bonne organisation, qui a beaucoup de stabilité. Ce sera mon devoir d’en apprendre davantage sur eux et de faire des recherches. »

Dequoy aura une réunion virtuelle avec sa nouvelle équipe, lundi. Il devrait alors obtenir du matériel afin de pouvoir commencer son étude. Il y aura également un camp des recrues virtuel prochainement.

« Lorsque la crise de la COVID-19 sera moins aiguë et que les choses reviendront un peu plus à la normale, je vais m’envoler vers Green Bay. Je devrai toutefois attendre que la frontière entre le Canada et les États-Unis ne soit plus fermée », a noté Dequoy, qui a vécu la journée d’hier en compagnie de sa mère et de sa copine, de même qu’avec d’autres membres de sa famille et amis virtuellement.

Un deuxième Carabin dans la NFL

Dequoy est devenu le deuxième joueur de l’histoire des Carabins à signer un contrat avec une équipe de la NFL. Le joueur de ligne offensive David Foucault s’était entendu avec les Panthers de la Caroline après avoir obtenu un essai en 2014.

Joueur défensif par excellence du football universitaire québécois en 2018, Dequoy a brillé durant ses quatre saisons avec les Carabins, réussissant notamment 11 interceptions et marquant 4 touchés. Il a également été nommé sur l’équipe d’étoiles canadienne à deux occasions.

Il tentera maintenant de mériter un poste parmi les 53 joueurs réguliers des Packers, ou encore sur leur équipe de développement de 10 joueurs. « Les Packers m’ont dit que je serais utilisé comme demi de sûreté et demi de coin. Tout ce que je voulais, c’était une occasion. Et je l’ai obtenue. »