Depuis l’impressionnante performance de Marc-Antoine Dequoy lors de son entraînement individuel devant des recruteurs professionnels (pro day), le 9 mars, plusieurs équipes de la NFL lui ont témoigné de l’intérêt. Le contraire aurait été très étonnant.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Parmi tous les demis de sûreté qui seront disponibles dans le repêchage de la NFL, qui se déroulera de jeudi à samedi, Dequoy fait partie de ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats individuels dans la plupart des exercices, dont au sprint de 40 verges (4,35 secondes). Dans une ligue où chaque fraction de seconde compte, Dequoy est vite apparu sur le radar de plusieurs clubs de la NFL.

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Marc-Antoine Dequoy, des Carabins de l’Université de Montréal au Soccerplexe Catalogna de Lachine le 9 mars 2020 lors de la journée d’évaluation de la NFL .

« Il y a de l’intérêt, je pense que mon pro day en a suscité pour plusieurs équipes. Elles ont vu qu’il y avait un joueur au Québec avec des chiffres intéressants, alors elles voulaient apprendre à me connaître un peu mieux », a raconté Dequoy, qui a discuté avec environ cinq équipes de la NFL au téléphone ou par vidéoconférence.

« Les entrevues se sont bien passées. Les équipes connaissent le joueur, elles ont pu me voir jouer en regardant des bandes vidéo. Elles m’ont posé quelques questions sur mes connaissances du jeu américain, mais la plupart étaient plutôt destinées à en apprendre davantage à mon sujet. Elles voulaient connaître mon parcours et savoir d’où je venais, ma situation familiale et ce genre de choses. »

« C’est sûr que certaines équipes sont plus curieuses que d’autres. Je sens même que l’une d’entre elles est plus intéressée que les autres. On a eu de bonnes discussions et je pense que je cadrerais bien dans cette équipe. Mais faudra voir si ça se concrétisera au repêchage », a dit Dequoy, qui s’est gardé d’identifier les équipes avec lesquelles il avait eu des entretiens.

« L’intérêt a clairement augmenté depuis son pro day. Je dirais qu’il y a un noyau de cinq à 10 équipes qui sont intéressées et qui l’ont clairement manifesté », a expliqué l’agent de Dequoy, Sasha Ghavami.

« Certaines équipes lui ont attribué une note qui lui vaudrait d’être repêché. Cela dit, ces équipes pourraient choisir d’autres joueurs parce qu’elles les auraient classés plus haut que Marc-Antoine », a toutefois précisé Ghavami.

6e ou 7e tour ?

Si Dequoy est sélectionné, ce sera probablement au sixième ou au septième tour, les deux derniers du repêchage. S’il ne l’est pas, l’ancien membre des Carabins de l’Université de Montréal devrait signer un contrat comme joueur autonome dans les heures qui suivront la fin du repêchage, samedi. Toutes les équipes de la NFL peuvent embaucher 10 espoirs additionnels en plus de leurs choix au repêchage.

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Marc-Antoine Dequoy, lors d’un match éliminatoire entre les Carabins de l’Université de Montréal et les Redmen de l’Université McGill le 1er novembre 2019 au CEPSUM.

« Pour nous, le premier objectif c’est d’obtenir une opportunité légitime. Ce n’est pas si important qu’il soit repêché. La clé, c’est que ce soit la bonne équipe et le bon endroit pour Marc-Antoine », a dit Ghavami.

« Honnêtement, tout ce que je souhaite, c’est d’être repêché ou de signer un contrat. Je n’ai pas le luxe de choisir ce que je veux. Même si je parle avec des équipes et qu’il y a de l’intérêt, je ne fais pas encore partie d’une équipe », a rappelé Dequoy.

« Je veux faire carrière dans la NFL, c’est mon plus grand souhait. Mais le plus difficile sera de me tailler une place dans une équipe. Il y a une centaine de joueurs qui participent au camp d’entraînement et seulement 53 d’entre eux obtiennent un poste régulier, et 10 autres en obtiennent un sur l’équipe de réserve. »

Maturité acquise

Si Dequoy fait partie d’une équipe de la NFL en septembre, ce sera fort probablement parce qu’il aura démontré qu’il peut offrir une contribution importante au sein des unités spéciales, ce qu’il a fait durant sa carrière avec les Carabins. C’est un gros avantage, car à l’exception des espoirs sélectionnés dans les premières rondes, les jeunes joueurs doivent presque toujours faire leur marque sur les unités spéciales dans la NFL.

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Marc-Antoine Dequoy, des Carabins de l’Université de Montréal au Soccerplexe Catalogna de Lachine le 9 mars 2020 lors de la journée d’évaluation de la NFL .

La capacité de Dequoy d’évoluer sur les unités spéciales de même que ses qualités athlétiques certaines sont des facteurs qui jouent en sa faveur. En revanche, le fait qu’il soit âgé de 25 ans, alors que la majorité des espoirs disponibles ont 21 ou 22 ans, pourrait lui nuire. Dequoy ne voit cependant pas les choses du même œil.

« Je pense que c’est un avantage pour moi. Je suis peut-être un peu plus mature que certains autres joueurs, qui sont pour la plupart plus jeunes que moi. Je n’étais certainement pas la personne que je suis actuellement lorsque j’avais 21 ans. »

Avec sa mère et sa copine

Dequoy aurait souhaité passer la journée de samedi entouré de toute sa famille et de ses amis. En raison du confinement que l’on sait, il le fera uniquement avec sa mère et sa copine, qui habitent sous le même toit que lui. Son père, son frère et d’autres membres de sa famille participeront toutefois à cette journée mémorable par vidéoconférence.

« Je n’avais jamais pensé que je vivrais l’expérience du repêchage de la NFL, et je n’aurais jamais pensé la vivre de cette façon. C’est un peu décevant, mais les mesures de distanciation sociale et de confinement sont nécessaires et je le comprends. Elles vont rapporter au bout du compte. »

Le logement de Dequoy n’étant pas très grand, le joueur a également dû ajuster son régime d’entraînement depuis la mi-mars.

« C’est un défi pour les athlètes, mais on est tous dans la même situation. Je fais de la musculation dans mon appartement, je fais mes exercices de vitesse et d’agilité dans des parcs en m’assurant de bien respecter les mesures de distanciation sociale, puis je fais du jogging pour maintenir mon cardio. C’est différent, mais quand on connaît l’objectif final, ça nous motive à le faire. »

Assé et Auclair

Dequoy n’est pas le seul espoir québécois qui a suscité l’intérêt des dépisteurs de la NFL au cours des derniers mois. Le joueur de ligne offensive Kétel Assé et le secondeur hybride Adam Auclair, tous deux des produits du Rouge et Or de l’Université Laval, pourraient également obtenir leur chance dans le circuit Goodell.

« Il y a effectivement également de la curiosité pour Assé et Adam. Je pense que les trois joueurs devraient à tout le moins obtenir des invitations pour des mini-camps dans la NFL » a dit Ghavami, qui représente les trois joueurs.

« Mais la question est de savoir s’il y aura des mini-camps. Ils sont extrêmement importants pour les joueurs que les équipes connaissent un peu moins. »