Le coup d’envoi des éliminatoires de la NFL sera donné samedi après-midi, alors que les Bills de Buffalo seront à Houston pour y affronter les Texans. Quelques heures plus tard, Tom Brady et les Patriots voudront retrouver leur forme des beaux jours contre Derrick Henry et les Titans du Tennessee.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Le match de samedi soir pourrait être le dernier à Foxborough dans l’uniforme des Patriots pour Brady. S’ils l’emportent, les Patriots joueront à Kansas City le week-end prochain. Brady obtiendra son autonomie le 18 mars s’il ne signe pas de nouveau contrat avant cette date, et son entente actuelle stipule qu’il ne pourra être désigné joueur de franchise (franchise tag).

Parce qu’ils ont été incapables de vaincre les Dolphins de Miami, dimanche dernier au Gillette Stadium, les Patriots devront jouer dès le premier tour du tournoi pour la première fois en une décennie. Et si l’on se fie à leurs antécédents, c’est une mauvaise nouvelle pour Bill Belichick et sa bande.

Depuis 2001, les Patriots n’ont jamais atteint le Super Bowl lorsqu’ils n’ont pas obtenu un congé au premier tour. Les neuf fois qu’ils y ont participé avec Brady aux commandes de l’attaque, les Patriots n’ont eu qu’à remporter deux parties pour obtenir leur place en finale.

C’est une jeune équipe qui joue drôlement bien qui aura pour mission d’éliminer les champions en titre samedi soir. Les Titans ont une fiche de 7-3 depuis que Ryan Tannehill est devenu leur quart partant.

Cette belle séquence est toutefois en très grande partie attribuable à Henry, un porteur de ballon qui a littéralement l’air d’un homme au milieu d’enfants. Bulldozer de 6 pi 3 po et 250 lb qui fête son 26e anniversaire samedi, Henry a obtenu plus de cinq verges par course et a mené la NFL avec 1540 verges cette saison, de loin sa meilleure depuis son arrivée dans le circuit en 2016.

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Bulldozer de 6 pi 3 po et 250 lb, Derrick Henry (22) a obtenu plus de cinq verges par course et a mené la NFL avec 1540 verges cette saison, de loin sa meilleure depuis son arrivée dans le circuit en 2016.


À ses six derniers matchs, Henry a récolté 896 verges pour une impressionnante moyenne de 149 par partie. Ce n’est donc pas très compliqué. Afin de passer au tour suivant, les Patriots devront réussir à contenir Henry, comme ils l’avaient fait il y a deux ans lorsque les deux équipes s’étaient affrontées dans les éliminatoires. Le demi des Titans avait alors fini sa soirée de travail avec seulement 28 verges en 12 courses.

La défense des Patriots devra forcer Tannehill à gagner le match avec son bras. Il s’agira du premier départ de sa carrière en séries et son groupe de receveurs est plutôt mince. Si la recrue A.J. Brown est neutralisée par l’excellent demi de coin Stephon Gilmore, ça risque de se compliquer pour Tannehill.

Le déclin de Brady

Ancien secondeur qui a remporté le Super Bowl à trois occasions avec les Patriots, Mike Vrabel, l’entraîneur-chef des Titans, connaît bien Belichick et les Pats. Et selon le CBS Sports Research, la fiche de Belichick n’est que de 14-13 lorsque l’entraîneur-chef adverse est l’un de ses anciens adjoints ou l’un de ses anciens joueurs.

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Puisque l’entraîneur Bill Belichick préfère généralement se départir d’un joueur avant qu’il n’amorce son déclin, l’avenir de Tom Brady chez les Patriots n’a jamais été aussi incertain, lui don le jeu a considérablement décliné depuis novembre.

Il sera donc très intéressant de voir le plan de match de Vrabel. Il sera essentiel pour lui de faire preuve de créativité pour l’emporter, notamment quant à la façon dont il attaquera Brady derrière sa ligne protectrice.

Brady espère disputer plusieurs autres saisons. Mais à 42 ans, il est indéniable que son jeu a décliné, surtout depuis novembre. Son coefficient d’efficacité de 88 ne lui a valu que le 19e rang de la ligue, et il a réussi moins de 56 % de ses passes dans sept de ses neuf derniers matchs.

La faiblesse du groupe de receveurs des Patriots est certes partiellement responsable, mais certaines des passes de Brady manquent de précision et de vélocité. Puisque Belichick préfère généralement se départir d’un joueur avant qu’il n’amorce son déclin, comme on le sait, l’avenir de Brady chez les Patriots n’a jamais été aussi incertain.

Retour au jeu de J.J. Watt

C’est la sixième fois depuis 2011 que les Texans participent aux éliminatoires, mais ils ont été battus au premier ou au deuxième tour les cinq fois précédentes. S’ils jouent comme ils l’ont fait à leurs quatre derniers matchs, les chances sont très bonnes qu’ils subissent le même sort cette année.

Depuis qu’ils ont vaincu les Patriots, le 1er décembre, les Texans n’ont pas bien joué du tout. Le retour au jeu de leur meneur J.J. Watt, samedi après-midi, devrait à tout le moins leur insuffler énergie et enthousiasme. Watt s’était déchiré un muscle pectoral il y a un peu plus de deux mois.

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Le joueur vedette des Texans de Houston J.J. Watt effectuera un retour au jeu, samedi, un peu plus de deux mois après s’être déchiré un muscle pectoral.

La confrontation entre le quart Deshaun Watson et la défense des Bills devrait décider du vainqueur. Le demi de coin Tre’Davious White et le receveur DeAndre Hopkins, deux des meilleurs joueurs de la ligue à leurs positions respectives, devraient être opposés l’un à l’autre, une bataille individuelle qui sera également déterminante.

La défense des Texans peut compter sur une tertiaire expérimentée, qui bénéficiera du retour au jeu de Watt et de la pression qu’il exercera sur le jeune quart Josh Allen. Il sera donc essentiel pour les Bills que leur jeu au sol soit à la hauteur et productif.

Les Texans forment l’une des équipes les plus imprévisibles de la ligue, capable du meilleur comme du pire. Les Bills joueront quant à eux avec très peu de pression, ayant déjà surpassé les attentes.

Espérons toutefois que les Bills offriront une performance un peu plus relevée qu’il y a deux ans, alors qu’ils s’étaient inclinés 10-3 devant les Jaguars de Jacksonville au premier tour. Assurément l’un des matchs éliminatoires les plus soporifiques des 50 dernières années.