Entouré d’une formation offensive aguerrie et riche en joueurs d’exception, Arnaud Desjardins s’est imposé cette saison comme le joueur par excellence en division 1 du football collégial québécois.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

L’attaque des Spartiates du cégep du Vieux-Montréal a établi plusieurs records offensifs du RSEQ, pour le plus grand nombre de points en une saison notamment. Desjardins a réussi pas moins de 33 passes de touché, dont 8 dans le dernier match du calendrier contre Saint-Jean.

La statistique la plus impressionnante du joueur de 6 pi 4 po est toutefois un petit chiffre : 2, soit le nombre d’interceptions qu’il a lancées. « Le crédit revient beaucoup à ma ligne offensive. C’est un groupe incroyable avec cinq joueurs qui vont jouer au niveau universitaire. Ça fait trois ans que je joue avec eux et on a développé une excellente chimie. »

« Je peux aussi miser sur des receveurs exceptionnels, des joueurs vedettes, qui courent partout sur le terrain et peuvent réaliser des attrapés spectaculaires dans toutes les situations. Et nos porteurs de ballon sont les meilleurs au Québec, sinon au Canada. Ça nous donne une attaque très dynamique, très variée aussi. »

Nos entraîneurs me placent dans des situations où je ne peux que réussir. J’ai toujours beaucoup de temps pour étudier la défense et choisir des cibles relativement sûres.

Arnaud Desjardins, quart-arrière des Spartiates du cégep du Vieux-Montréal

« Ça doit être difficile de se préparer pour nous affronter, car on ne sait jamais où on va frapper. On peut battre une équipe par la course, avec plus de 300 verges au sol, puis une autre par la passe, la semaine d’après, avec plus de 300 verges par la passe. »

C’est exactement ce qui s’est passé à la fin du calendrier. « Saint-Jean s’attendait à ce que nous courions avec le ballon après une performance de près de 300 verges au sol de Kalenga [Muganda] la semaine précédente contre Grasset. On en a profité pour lancer le ballon, la ligne offensive a fait son travail et tout a cliqué avec les receveurs. »

Place aux séries

Reste à poursuivre sur cette lancée en série. Desjardins n’a pas oublié que les Spartiates avaient déjà connu une bonne saison en attaque en 2018, avant de s’incliner en demi-finale, victimes de plusieurs erreurs. Et même si la défense est plus solide cette saison, elle n’aura pas droit à l’erreur.

« Je pense que notre maturité va être un gros atout », estime le quart-arrière.

La défaite de l’année dernière nous a fait mal et on est vraiment prêts à tout pour éviter que ça se reproduise. On est vraiment concentrés sur notre objectif et on veut aller jusqu’au bout cette fois-ci, quels que soient nos adversaires.

Arnaud Desjardins

Très sollicité, Desjardins n’a pas encore décidé où il poursuivrait ses études – et sa carrière de footballeur – la saison prochaine.

« J’ai commencé à réduire mes options, mais je reste ouvert à tout, que ce soit au Québec, en Ontario ou aux États-Unis. Le plus important, ce sera de trouver le meilleur environnement pour moi entre le sport, les études et les valeurs auxquelles je crois.

« Plusieurs amis m’ont dit qu’ils l’avaient tout de suite senti quand ils étaient arrivés à la bonne université. J’attends encore ce déclic pour prendre une décision. Mais ce ne sera pas avant la fin de la saison. Pour l’instant, j’ai mis ça de côté et je me concentre sur le travail que nous devons finir avec les Spartiates. »

Des records avant de passer au niveau supérieur

PHOTO FOURNIE PAR LES SPARTIATES DU CÉGEP DU VIEUX-MONTRÉAL

Le porteur de ballon des Spartiates du Vieux-Montréal, Kalenga Muganda, à l’entraînement

À sa troisième année comme entraîneur-chef des Spartiates du Vieux-Montréal, Rénaldo Sagesse a mené cette saison son premier groupe de recrues arrivé au sommet de la pyramide collégiale québécoise au terme de leur parcours collégial.

« Je suis très attaché à ce programme et c’est certain que je voulais mettre sur pied une équipe qui serait fidèle aux valeurs du Vieux-Montréal. Nous, les entraîneurs, on peut bien enseigner tout ce qu’on sait aux jeunes, ce sont eux qui font la différence sur le terrain, eux qui font les touchés, les plaqués.

« Il y a toujours eu de bonnes équipes ici, de bons joueurs aussi, rappelle Sagesse. C’est encore le cas cette année et plusieurs de nos jeunes vont poursuivre leur parcours au niveau supérieur. »

Si Arnaud Desjardins a été le meilleur quart arrière de la saison, ce sont aussi deux de ses coéquipiers qui ont dominé parmi les receveurs de passe et les porteurs de ballon. Considéré comme l’un des meilleurs espoirs au Canada, Malick Meiga a capté 36 passes pour des gains de 840 verges, une moyenne de 23,3 verges par réception.

C’est un joueur exceptionnel, qui a déjà une bourse pour aller à Penn State, l’une des meilleures équipes de la NCAA.

Rénaldo Sagesse, à propos de Malick Meiga

« L’été dernier, je l’ai accompagné dans plusieurs universités américaines et il a attiré l’attention de Nick Saban à Alabama. Malick avait tous les atouts physiques et athlétiques, mais il était venu au Vieux-Montréal pour se développer et avoir cette visibilité qu’offre un programme comme le nôtre. Il a toujours travaillé et est récompensé pour ses efforts. »

De son côté, le porteur de ballon Kalenga Muganda a gagné pas moins de 1173 verges au sol, avec une performance de 297 verges de gains lors d’un « match au sommet » contre le Phénix de Grasset. Phénomène du football juvénile au Séminaire Saint-François, il avait d’abord décidé de poursuivre son cheminement aux États-Unis, mais avait été renvoyé d’un prep school américain la saison dernière après une « faute académique ».

Avec Steve Alexandre, le directeur du programme de football des Spartiates, Sagesse n’a pas hésité à offrir une chance à Mugunda. « Nous avions visité le SSF à la fin de son parcours secondaire et j’avais vu dans ses yeux qu’il reconnaissait en nous des modèles positifs. »

Il avait préféré aller aux États-Unis, mais quand ça n’a pas marché là-bas, il a vu une chance de repartir ici, dans un environnement qui lui convenait. Nous l’avons bien encadré et il a fait ce qu’il fallait : connaître du succès.

Rénaldo Sagesse, à propos de Kalenga Muganda

« C’est un jeune confiant, mais aussi très humble. Il a beaucoup travaillé cette saison et c’est incroyable de voir tout ce qu’il a accompli sur le terrain. Il voulait avoir de la visibilité et cette saison va lui permettre de retourner aux États-Unis, avec plus de maturité cette fois et beaucoup mieux préparé. »

La fin d’un cycle

À sa troisième année donc à la barre des Spartiates, Rénaldo Sagesse termine un premier cycle et il entend bien le faire en beauté. « Quand je regarde nos joueurs de troisième année, des gars comme Malick, comme Arnaud, des gars qui viennent de programmes, de milieux et d’horizons très différents, je me dis que c’est ça la beauté du Vieux-Montréal, au-delà des idées préconçues. Bien sûr, on a des jeunes qui viennent de milieux défavorisés et c’est important qu’on le fasse, mais nos joueurs viennent de partout et c’est ensemble qu’on a du succès.

« Maintenant, le travail n’est pas fini. On a connu une bonne saison, mais ça ne veut plus rien dire. Il faut maintenant gagner en séries, aller chercher le Bol d’Or. En séries, ce n’est pas toujours le talent qui gagne, c’est la meilleure équipe. Le football reste, selon moi, le plus beau sport d’équipe parce que tous les joueurs doivent faire leur partie du travail pour réussir un jeu. C’est ce qu’on a fait cette saison et ce qu’on a répété aux joueurs toute la semaine. Maintenant, comme je l’ai dit, c’est à eux de jouer ! »

Demi-finales du football collégial

Samedi

D1
Champlain-Lennoville c. Vieux-Montréal, 13 h, Collège Notre-Dame
Notre-Dame-de-Foy c. Vanier, 13 h, Collège Vanier

D2
Édouard-Montpetit c. Valleyfiled, 14 h, Collège de Valleyfield
Thetford c. John-Abbott, 13 h, Collège John Abbott

D3
Chicoutimi c. Saint-Hyacinthe, 19 h, Cégep de Saint-Hyacinthe
Ahuntsic c. Jonquière, 13 h, Cégep de Jonquière
Toutes les finales du Bol d’Or seront jouées au Cégep de Thetford, le week-end prochain.