Même si on est déjà en novembre, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre subiront leur premier « vrai » test, dimanche soir, à Baltimore. On parlait de la possibilité bien réelle d’une saison parfaite au début septembre et la question se pose plus que jamais.


Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

En incluant ceux en éliminatoires, les Patriots auraient encore 11 matchs à gagner pour réussir l’exploit. L’équipe de Bill Belichick est encore loin du but, certes, mais vu la façon dont elle a joué dans les deux premiers mois de la saison, c’est loin d’être impossible, elle qui a maintenant gagné ses 13 derniers matchs.

Mais malgré tout ce succès, l’avenir de Tom Brady est revenu dans les discussions la semaine dernière. Brady pourrait obtenir son autonomie pour la première fois de sa carrière en mars prochain, et les Patriots n’auront pas l’option de le désigner joueur de franchise tel que le stipule son contrat actuel.

Brady, qui a souvent dit qu’il espérait jouer jusqu’au milieu de la quarantaine, a 42 ans. Lorsqu’il a été question de 2020, le quart-arrière est toutefois resté vague lors d’une entrevue au Greg Hill Show, sur les ondes de la station radiophonique WEEI à Boston.

« C’est agréable de prendre ça un jour à la fois et d’apprécier ce que j’ai. Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve, mais le bon côté pour moi, c’est que ma carrière au football est déjà plus longue que prévu à ce stade. Je ne croyais jamais jouer pendant 20 ans. »

Je me lèverai un jour et je sentirai que le moment est venu [de prendre ma retraite]. Je ne sais pas quand ce jour viendra, si ce sera après la saison ou encore dans cinq ans.

Tom Brady

Il y a trois options possibles pour Brady : prendre sa retraite, signer un nouveau contrat avec les Patriots ou changer d’équipe sur le marché de l’autonomie. Selon l’excellent Adam Schefter (ESPN), qui est généralement bien informé, l’option de demeurer en Nouvelle-Angleterre serait actuellement la moins probable.

Pas de retraite pour Belichick

Belichick, lui, n’envisage nullement de tirer sa révérence dans un proche avenir. L’entraîneur de 67 ans a récemment dit lors d’une entrevue à WEEI qu’il n’écartait plus la possibilité de rester sur les lignes de côté à l’âge de 70 ans et plus, ce qu’il avait fait en 2009.

En plus de réécrire l’histoire de la NFL, Belichick a la chance de pouvoir travailler et de voir ses fils, Steve et Brian, au quotidien. Steve Belichick travaille pour les Patriots depuis 2012 et est l’entraîneur des demis de sûreté depuis 2016. Brian Belichick est avec l’organisation depuis 2016 et est un entraîneur adjoint.

En vainquant les Browns de Cleveland dimanche dernier, Belichick a atteint le plateau des 300 victoires en carrière (saison et éliminatoires). Il occupe le troisième rang derrière Don Shula (347) et George Halas (324). Afin de pouvoir les dépasser, Belichick devra poursuivre sa carrière pendant au moins trois ou quatre autres saisons.

PHOTO GREG M. COOPER, USA TODAY SPORTS

En vainquant les Browns de Cleveland dimanche dernier, Bill Belichick, l’entraîneur-chef des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, a atteint le plateau des 300 victoires en carrière (saison et éliminatoires).


Shula était bien sûr le pilote des Dolphins de Miami de 1972, la seule équipe à n’avoir perdu aucun match. Ce même Shula a également été l’un des critiques les plus virulents de Belichick et des Patriots pour leurs épisodes de triche.

Shula a même surnommé le grand manitou des Pats « Beli-cheat » lors d’une entrevue il y a cinq ans. En marge des célébrations pour la 50e saison d’existence des Dolphins, en 2015, Shula a dit ce qui suit au sujet de ses équipes de l’époque.

« On a toujours essayé de respecter les règles et d’être un exemple à suivre avec beaucoup de classe et de dignité. On a toujours fait les choses de la bonne façon. »

On peut présumer que Belichick aimerait bien dépasser Shula au premier rang de l’histoire pour plus d’une raison.

Un Super Bowl sans Brady ?

On peut aussi présumer que Belichick voudra remporter un Super Bowl sans Brady. Il n’y a plus aucun doute que Brady a été le meilleur quart-arrière de l’histoire. Il n’a toutefois pas été plus important pour les succès des Patriots que ne l’a été Belichick.

Et on peut deviner que l’entraîneur voudra le prouver lorsque Brady sera parti. D’ailleurs, selon plusieurs médias, Belichick ne voulait pas échanger Jimmy Garoppolo il y a deux ans.

À l’heure actuelle, c’est grâce à leur défense que les Patriots gagnent. Leur attaque est loin d’être dominante, tandis que leur défense n’a accordé que 61 points en huit rencontres, ce qui est à peine un touché par match…

Vu la piètre qualité de la plupart des attaques qu’elle a eu à affronter en première moitié, on ne comparera pas la défense des Patriots au Steel Curtain ou aux Monsters of the Midway tout de suite. Mais est-elle clairement la meilleure de la NFL pour le moment ? Absolument.

Jackson et les Ravens

La défense des Patriots aura cependant un très bon défi, dimanche soir : la polyvalence du quart Lamar Jackson ; le meilleur jeu au sol de la ligue ; et un excellent groupe d’ailiers rapprochés, utilisé à toutes les sauces.

Mais qui serait surpris de voir la défense des Pats marquer plus de points que l’attaque des Ravens ? C’est ça, le génie de Belichick. Une défense qui sait profiter des occasions, qui impose son rythme à l’adversaire, et qui s’ajuste constamment.

Ça risque d’être plus difficile de l’autre côté du ballon. Les gros plaqueurs des Ravens donneront du fil à retordre à la ligne offensive des Patriots. C’est sans parler de la tertiaire, qui a ajouté une nouvelle pièce importante avec l’acquisition récente du demi de coin Marcus Peters.

Belichick continuera d’être le meilleur entraîneur-chef de la NFL, mais pour combien de temps encore Brady sera-t-il l’homme de la situation derrière le centre ?

Car dès que Brady ne sera plus en mesure de faire le boulot match après match comme il le fait depuis maintenant près de deux décennies, Belichick n’hésitera pas à le remplacer – à condition d’obtenir la permission du propriétaire de l’équipe, Robert Kraft. Dans l’univers de Belichick, les sentiments et la loyauté au football ne servent qu’à nuire à la mécanique du rouleau compresseur.

Les prédictions de Miguel Bujold

Houston c. Jacksonville (à Londres) : Houston

Washington c. Buffalo : Buffalo

Minnesota c. Kansas City : Minnesota

Jets de New York c. Miami : Jets de New York

Chicago c. Philadelphie : Philadelphie

Indianapolis c. Pittsburgh : Pittsburgh

Tennessee c. Caroline : Caroline

Detroit c. Oakland : Oakland

Tampa Bay c. Seattle : Seattle

Cleveland c. Denver : Cleveland

Green Bay c. Chargers de Los Angeles : Green Bay

Nouvelle-Angleterre c. Baltimore : Nouvelle-Angleterre

Dallas c. Giants de New York : Dallas

Semaine dernière : 12-2

Total de la saison : 70-43

Trois matchs à ne pas manquer

PHOTO DUANE BURLESON, ASSOCIATED PRESS

Le quart-arrière des Chiefs de Kansas City Patrick Mahomes devrait effectuer un retour un jeu dimanche, contre les Vikings du Minnesota.

Minnesota c. Kansas City, demain, 13 h

Mike Zimmer et ses Vikings se sont très bien ressaisis après un début de saison qui n’annonçait rien de bon. Il leur reste toutefois à démontrer qu’ils peuvent aller vaincre une équipe de premier plan à l’étranger. Blessé à un ischiojambier, Adam Thielen devrait effectuer un retour au jeu. Du côté des Chiefs, Patrick Mahomes (genou) devrait jouer, mais la ligne offensive sera considérablement affaiblie par les absences de Laurent Duvernay-Tardif (cheville) et d’Eric Fisher (haut du corps). Ça risque d’être un problème contre le front défensif des Vikings.

PHOTO JEFF HANISCH, USA TODAY SPORTS

Aaron Jones a déjà marqué 11 touchés (8 au sol et 3 par la passe) cette saison, avec les Packers de Green Bay.

Green Bay c. Chargers de Los Angeles, demain, 16 h 25

Les Packers ont enfin réglé leur problème au poste de demi offensif. Aaron Jones a déjà marqué 11 touchés (8 au sol et 3 par la passe) et sera encore plus dangereux grâce au retour au jeu de l’ailier espacé Davante Adams (orteil), qui a repris l’entraînement cette semaine. Des rumeurs voulaient que les Chargers échangent Melvin Gordon avant la date limite des transactions de mardi dernier, ce qui ne s’est pas avéré. La marge de manœuvre des Chargers est quasi inexistante s’ils entendent sauver leur saison.

PHOTO STEVEN BISIG, USA TODAY SPORTS

Le quart-arrière des Ravens de Baltimore Lamar Jackson (8) dirige cette saison le meilleur jeu au sol de la NFL.

Nouvelle-Angleterre c. Baltimore, demain, 20 h 20

Les Patriots se concentreront sûrement sur le fait d’arrêter le jeu au sol des Ravens afin de forcer Lamar Jackson à lancer le ballon le plus souvent possible. Pour infliger aux Pats leur premier revers de 2019, les Ravens devront quant à eux être très créatifs des deux côtés du ballon, tout en s’imposant sur le plan de la robustesse. Offensivement, les Patriots auront probablement opté pour un plan de match prudent. Match à bas pointage en perspective.