De tous les joueurs autonomes embauchés par Kavis Reed durant la saison morte, Jamaal Westerman et Hénoc Muamba sont probablement ceux auxquels le DG des Alouettes tenait le plus. Les joueurs nationaux de talent comme eux sont très difficiles à trouver dans la LCF.

Mis à jour le 16 juin 2018
Miguel Bujold LA PRESSE

Westerman a joué 58 matchs dans la NFL, dont 36 avec les Jets de New York. Il faisait partie des équipes qui se sont inclinées en finale de la conférence Américaine au terme des saisons de 2009 et 2010. À sa première saison dans la LCF avec les Blue Bombers de Winnipeg, en 2015, il a été nommé leur joueur par excellence grâce notamment à une récolte de 17 sacs.

« J'ai eu beaucoup de sacs cette saison-là, mais en toute honnêteté, je pense que j'ai été très productif durant mes trois saisons à Winnipeg. J'accorde peu d'importance aux statistiques. J'ai réussi deux sacs lors de certains matchs alors que j'estimais avoir joué comme un pied. L'inverse est tout aussi vrai. »

Les Alouettes ont offert un contrat de deux saisons à Westerman, qui est ainsi devenu l'un des joueurs défensifs les mieux rémunérés de la LCF. L'ailier défensif de 33 ans aura également l'occasion de jouer aux côtés de son frère Jabar à Montréal.

« J'ai choisi l'offre des Alouettes pour plusieurs raisons, mais ce que je veux par-dessus tout, c'est remporter un championnat. C'est vraiment mon seul objectif, et la route commencera contre les Lions [ce soir]. C'est tout ce qui compte actuellement. »

« LE MEILLEUR CHOIX POUR NOUS »

Muamba s'est retrouvé dans la même situation que Westerman, mais un peu plus tard durant la saison morte. Lorsque les Roughriders de la Saskatchewan ont choisi de le libérer en raison d'un salaire qu'ils jugeaient trop élevé, Muamba s'est retrouvé avec quelques options devant lui.

« J'avais effectivement plus qu'une offre sur la table et j'ai pris mon temps pour bien évaluer tout ça. Ma femme et moi venions d'avoir un enfant et nous habitons à Toronto. Montréal était relativement près de notre domicile, certainement plus que la Saskatchewan », a raconté Muamba.

« J'ai beaucoup discuté avec Kavis Reed et Patrick Boivin et j'ai eu la chance de venir rencontrer les entraîneurs, dont Mike Sherman. J'ai aimé leur vision et j'ai apprécié ce qu'ils m'ont dit. J'en ai discuté avec ma femme et nous avons jugé que Montréal était le meilleur choix pour nous », a expliqué le secondeur.

Premier choix du repêchage de la LCF en 2011, Muamba a connu ses meilleures saisons à Winnipeg. Deux ans avant Westerman, c'est lui qui avait été choisi joueur par excellence des Bombers. Peut-il être un joueur dominant cette saison comme il l'a été en 2013 ?

« Tout à fait ! Je me sens très bien physiquement et je me sens très à l'aise dans cette équipe. D'avoir des joueurs de talent devant moi comme Jamaal et des demis défensifs comme Mitchell White et Joe Burnett derrière moi va certainement faciliter mon travail. C'est le souhait de tous les secondeurs. »

OBJECTIF RÉALISTE OU FARFELU ?

La prochaine équipe qui avouera qu'elle ne peut pas sérieusement viser un championnat au début d'une saison sera probablement la première de l'histoire à le faire. Il n'est donc pas étonnant d'entendre les joueurs des Alouettes parler de Coupe Grey. Sauf qu'ils semblent vraiment y croire.

« Il n'y a aucune équipe qui sera satisfaite d'atteindre les séries. On veut tous gagner la Coupe Grey. Et on pourrait nommer plusieurs équipes que tout le monde avait enterrées au début de la saison qui l'ont fait. Ces équipes y croyaient dès le départ, même si peu de gens autour d'elles y croyaient », a dit Westerman.

« Tout le monde dans cette organisation, de la première à la dernière personne, fait tout en son pouvoir pour améliorer l'équipe. C'est ce qu'on tente de faire tous les jours sur le terrain d'entraînement. »

- Jamaal Westerman

Sur papier, il y a très peu de failles dans la défense des Alouettes, pour ne pas dire aucune. C'est cependant d'abord et avant tout les années d'expérience sur lesquelles peut compter l'unité qui donnent espoir à Westerman.

« Presque tous nos joueurs ont beaucoup d'expérience dans cette ligue et c'est un gros avantage. On peut difficilement gagner lorsque plusieurs joueurs doivent faire leurs classes en situation de match. C'est donc grâce à cette expérience que je suis persuadé que nous aurons une bonne saison, plus qu'en raison de notre talent.

« Mais les paroles valent très peu. C'est lorsqu'il y aura de l'adversité sur le terrain que nous verrons quel genre d'équipe nous avons. On affrontera une équipe qui sera très motivée, car eux aussi ont connu une saison décevante l'année dernière. Ce sera un bon test dès le début de la saison. »

Alouettes contre Lions de la Colombie-Britannique, samedi soir (22 h), à Vancouver