Remercié au cours de la saison morte après une seule année à Montréal, l'ancien coordonnateur des unités spéciales des Alouettes, Ray Rychleski, n'aura finalement été que de passage. L'équipe n'aura toutefois pas eu à chercher bien loin pour lui trouver un successeur.

Jean-Philippe Arcand LA PRESSE

C'est nul autre que l'entraîneur-chef Tom Higgins qui supervisera cet aspect du jeu des Moineaux, cette saison. Une situation pour le moins inusitée au football professionnel, mais qu'il dit avoir lui-même désirée.

«Quand j'ai commencé à être entraîneur professionnel à Calgary, raconte-t-il, j'ai été coordonnateur des unités spéciales pendant les neuf ans que j'ai passés là-bas. Je l'ai fait par égoïsme, puisque ça vous permet de diriger toute l'équipe, et pas seulement les quarts-arrière. Alors j'ai pensé qu'un jour, ça me donnerait l'occasion d'être prêt à me tenir debout devant toute l'équipe en tant qu'entraîneur-chef.»

Le fait que le coordonnateur des unités spéciales soit également l'entraîneur-chef est-il de nature à faire peser une pression supplémentaire sur les joueurs affectés à cette facette du jeu? Pas selon le botteur Sean Whyte, en tout cas.

«Les botteurs ont l'esprit très fragile. Ce qu'on fait est probablement mental à 90%. Il ne met pas de pression sur nous. Pour le moment, on commence tranquillement. (...) Ça nous donne du rythme progressivement, de sorte que lorsqu'on se retrouvera en situation de match, nous serons prêts.»

L'importance des adjoints

Quand on lui parle de son double rôle et de la charge de travail qui l'accompagne, Higgins ne tarde pas à rappeler la présence de ses trois adjoints chargés de l'épauler avec les unités spéciales, à savoir Anwar Stewart, André Bolduc et Jean-Vincent Posy-Audette.

«Ils sont mon bras droit, mon bras gauche et mon troisième bras, illustre le pilote. Ils accompliront une grande partie du travail.»

De manière générale, le trio aura notamment le mandat de décortiquer les séquences vidéo afin de mettre la table pour les entraînements. Mais aussi des tâches plus spécifiques. Bolduc, par exemple, s'occupera de certains joueurs s'exécutant lors des bottés de dégagement, de même que des retourneurs de botté.

«Je suis chanceux que nous ayons fait l'acquisition de Larry Taylor, qui est un des meilleurs à mes yeux sur ce plan, se réjouit-il. On a une recrue qui nous a impressionnés, Brandon Rutley, et qui sera à surveiller. Il faudra trouver un moyen de mettre ce gars-là sur le terrain.»

Si les unités spéciales des Alouettes ont connu des ratés la saison dernière, Bolduc croit que le problème est plus ancien. Lui et les autres entraîneurs ont la ferme intention de corriger le tir cette année. «On retourne à la base, on installe des fondations solides, et avec le talent qu'on a, ça devrait bien aller», indique-t-il.

«Si les autres équipes sont heureuses parce qu'elles croient que nous ne serons pas suffisamment préparées puisque l'entraîneur-chef est aussi responsable des unités spéciales, ce ne sera pas le cas, renchérit Tom Higgins. Nous sommes quatre hommes sur les unités spéciales, alors que la plupart (des équipes) n'en ont qu'un.»

En espérant pour l'équipe qu'il a raison.