Le Thunder est sur le point d’arriver dans la « bulle Disney », en vue de la relance de la NBA, et le Montréalais Luguentz Dort a bien hâte de renouer avec l’action.

Jean-François Tremblay
La Presse canadienne

« On a très hâte que ça recommence, a dit l’athlète de 21 ans dans une entrevue publiée sur le compte Twitter de l’équipe, lundi soir. C’est dans notre nature de jouer, et l’attente a été très longue.

« Au bout du compte on veut rejouer, tout simplement. Ç’a été dur pour tout le monde d’être privé de jouer. On se revoit et on recommence à établir la chimie. On va être prêts. »

Le Thunder fait partie de la relance à 22 équipes qui se tiendra à Disney World, à compter du 30 juillet. Des matchs hors-concours se tiendront du 22 au 28 juillet.

Après avoir montré avec constance qu’il le mérite amplement, Dort a finalement obtenu un contrat standard de la NBA, avec Oklahoma City. Le 24 juin - le jour de l’anniversaire de sa mère - le Thunder a converti ce qui était une entente à deux volets.

« Mes coéquipiers étaient tous très contents, a confié Dort. Ils m’ont félicité par texto. Ils ont vu comment j’ai grandi depuis mon arrivée ici. Ç’a m’a touché. »

Dort a amorcé les 21 derniers matchs des siens avant la mise en pause de la NBA, en raison du coronavirus.

Le Montréalais a été la recrue de l’année du Pac-12, à sa seule campagne avec Arizona State. Plusieurs le voyaient repêché vers la fin du premier tour, mais une longue soirée au Barclays Center s’est terminée sans qu’on appelle son nom, en juin dernier.

Le Thunder a fini par lui faire signe, lui accordant un contrat à deux volets avec le club et sa filiale en G League, le Blue.

Dort a entamé la saison avec le Thunder, sans être lancé dans l’action. Après un passage en G League (dont 35 points à son premier match), Dort a disputé un premier match dans la NBA le 6 décembre, en Oklahoma. Il a réussi un vol de haut calibre en fin de match, gardant OKC dans le coup, et le Thunder a battu les T-Wolves 139-127, en prolongation.

Il a montré qu’il est un atout de grande qualité en défense, avec des mandats de contrer James Harden, Damian Lillard, Donovan Mitchell ou Jayson Tatum, notamment.

Reconnu pour sa fougue en défense, il se révèle aussi être une valeur non négligeable en attaque. La percée : une soirée de 23 points dont cinq tirs de trois points à Sacramento, le 29 janvier. Il a aussi connu des matchs de 15, 11 et 10 points.

En 29 matchs dans la NBA, Dort a une moyenne de points par rencontre de 6,2. Ça lui vaut le 28e rang des recrues. Avec en moyenne 0,8 vol par match, il se classe 13e parmi les joueurs de première année.

« Il y a un peu de tout sur quoi je veux travailler, a dit Dort. Réussir les tirs à découvert, aider à nous créer des occasions de marquer… j’y travaille beaucoup ces derniers temps.

« Je veux continuer dans la même lignée, sans forcer les choses. Je veux faire quoi que ce soit qui va nous aider à gagner.

« Je sais que ça va bien en défense, et ça me tient à cœur. Mais je sais aussi que je peux profiter de mes occasions à l’attaque. »

Avant l’arrêt de la NBA à cause de la pandémie, le Québécois était selon toute logique à une semaine ou deux de voir son contrat converti, car il stipulait un maximum de 45 jours avec le grand club.

Au début du mois de mai, Dort a publié un vidéo sur Twitter, disant entre autres de respecter les directives du gouvernement québécois au sujet de la distance sociale, dans la lutte à la pandémie.

Plusieurs observateurs anticipaient une saison bien moyenne pour le Thunder suite aux départs de Paul George et Russell Westbrook, en vertu de l’autonomie et d’un échange avec Houston, respectivement.

L’équipe s’est plutôt épanouie et montre une fiche de 40-24, au cœur de la lutte pour le troisième rang dans l’Ouest.

Chris Paul a invigoré le club, épaulé d’abord par le Canadien Shai Gilgeous-Alexander, Danilo Gallinari et Dennis Schroder, un réserviste étoile.

Toronto, Boston, Dallas et Houston sont parmi les clubs qui ont été vaincus par le groupe de Billy Donovan.

Le Thunder mène la NBA avec 29 gains considérés « sous pression » (Clutch) ; le club a le troisième rang du taux de victoires à ce chapitre, derrière les Bucks et le Jazz.

La définition de « sous pression » : quand, au dernier quart ou en prolongation, il y a cinq minutes ou moins au cadran et la marge est au plus de cinq points.