(Los Angeles) Depuis le test positif de Rudy Gobert à la COVID-19 qui a mis à l’arrêt la saison NBA, plusieurs équipes se sont empressées de faire dépister leurs joueurs, suscitant des critiques, alors que la grande majorité des Américains doit attendre longtemps pour y parvenir.

Agence France-Presse

« Les tests ne devraient pas être destinés aux riches, mais aux malades » : par ce tweet, le maire de New York Bill de Blasio a exprimé mardi soir un sentiment partagé par nombre d’anonymes sur les réseaux sociaux, depuis que des basketteurs de la Ligue ont été soumis à cette mesure.  

Le membre du Parti démocrate réagissait à l’annonce faite quelques heures plus tôt par les Brooklyn Nets, informant que quatre joueurs, dont la vedette Kevin Durant, avaient contracté le nouveau coronavirus.

PHOTO D’ARCHIVES NICOLE SWEET, USA TODAY SPORTS

Kevin Durant, des Nets de Brooklyn.

« Nous leur souhaitons un prompt rétablissement, mais […] toute une équipe de NBA ne devrait pas se faire tester pour la COVID-19, alors qu’il y a des patients en situation critique qui attendent d’être testés », a-t-il déploré.

La situation est telle aux États-Unis, qu’on compte désormais plus de 7700 cas confirmés, 118 morts. De nombreux experts ont dénoncé le retard avec lequel les tests ont été rendus disponibles, la procédure fastidieuse pour y avoir droit et leur coût –pouvant s’élever jusqu’à plusieurs centaines de dollars–, dur à assumer pour quelque 30 millions d’Américains sans assurance maladie.

« Le système n’est pas armé pour ce dont nous avons besoin actuellement. C’est un échec. Nous ne sommes pas organisés pour que les gens puissent facilement accéder aux tests comme dans d’autres pays », avait fustigé le directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, Anthony Fauci, devant le Congrès le 11 mars.

Tests de laboratoires privés

Ce jour-là, quelques heures plus tard, Adam Silver apprenait que Rudy Gobert avait contracté la maladie. Immédiatement, alors que l’équipe de Utah s’apprêtait à donner le coup d’envoi de son match à Oklahoma City, le patron de la NBA décidait de suspendre sine die la saison.

Dans la foulée, les autres joueurs du Jazz et l’encadrement ont été soumis à des tests, avant d’être placés en quarantaine. Comme eux, cinq autres équipes les ayant affrontés au cours des dix jours précédents : les Cleveland Cavaliers, New York Knicks, Boston Celtics, Detroit Pistons et Toronto Raptors.

Deux autres joueurs ont été testés positifs, Donovan Mitchell, coéquipier de Gobert à Utah, et Christian Wood de Detroit. Auxquels se sont donc ajoutés les quatre basketteurs de Brooklyn, dont l’identité n’a pas été dévoilée, hormis celle de Durant.

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Christian Wood, des Pistons de Détroit.

Dans un communiqué, les Nets ont répondu à Bill de Blasio avoir décidé de soumettre son personnel à un dépistage, « après avoir remarqué que plusieurs joueurs et autres employés présentaient des symptômes ».

« Nous nous sommes procurés les tests par l’intermédiaire d’un laboratoire privé et les avons payés nous-mêmes parce que nous ne voulions pas avoir affecté l’accès aux ressources publiques du CDC (Centre de prévention et de contrôle des maladies) », ont-ils précisé.  

« Nous avons suivi les directives »

Une voie alternative également choisie par le Thunder d’Oklahoma, qui s’en est ouvert mercredi, pendant qu’Adam Silver prenait la défense de l’ensemble des franchises ayant soumis leurs joueurs à des tests.  

« Je comprends bien sûr son argument en ceci qu’il est regrettable que nous soyons dans cette position où un tri se fait quand il s’agit de faire ces dépistages, donc le problème fondamental est évidemment qu’il n’y a pas suffisamment de tests disponibles », a-t-il d’abord dit sur ESPN.  

« Mais pour ce qui est de la NBA, nous avons suivi les recommandations des autorités de santé publique », a-t-il argué en rappelant que les joueurs Jazz n’avaient pas demandé à être testés mercredi dernier et « avaient dû suivre les directives d’un responsable de la santé de l’Oklahoma, sans quoi il ne les aurait pas laissés quitter le vestiaire ».

« Je comprends du point de vue de la santé publique pourquoi certaines personnes réagissent ainsi, mais nous avons suivi les directives », a insisté le patron de la NBA, en soulignant que les matchs auraient pu se poursuivre « encore plusieurs jours » si Gobert n’avait pas été testé.

« Les effectifs de huit équipes ont été testés, ainsi que des membres d’autres équipes ayant présenté des symptômes, a-t-il énuméré, précisant que deux basketteurs » présentent des symptômes bénins tandis que les autres restaient asymptomatiques « .

Mercredi, interrogé par un journaliste de NBC lui demandant s’il trouvait » normal que des sportifs professionnels non symptomatiques puissent subir des tests quand d’autres personnes ne le peuvent pas «, Donald Trump a répondu : » Non, je ne dirais pas ça, mais c’est peut-être l’histoire de la vie « .