(Las Vegas) Pete Rose était en pause d’une séance d’autographes à l’hôtel MGM Grand lorsqu’on lui a posé une question à laquelle seul lui pouvait répondre.

Tim Dahlberg
Associated Press

Qu’est-ce qui est pire : parier sur des matchs de baseball ou tricher sur le terrain ?

« Je l’ignore, a dit Rose à l’Associated Press. Tout ce que je sais, c’est que je suis suspendu depuis 30 ans. Je ne connais personne qui soit suspendu depuis 30 ans. »

C’est juste, surtout lorsqu’on considère la gravité des sanctions qui ont été annoncées dans le cadre du plus important scandale à secouer les Ligues majeures depuis l’époque des stéroïdes anabolisants. Ce que Rose a fait était illégal — selon les règlements du baseball majeur —, mais beaucoup de gens croient qu’il devrait pouvoir se présenter en tant que membre du Temple de la renommée du baseball lorsqu’il participe à des séances d’autographes dans sa nouvelle ville d’adoption, Las Vegas.

Ainsi, une peine de 30 ans semble disproportionnée pour un joueur qui était aussi dominant à son époque, au moment où les Ligues majeures et les autres sports nord-américains majeurs font la paix — et des affaires — avec les preneurs aux livres qui font des paris en ligne sur leurs matchs.

Il ne faut pas se leurrer. Si vous croyez Rose sur les gestes illégaux qu’il a posés — et parfois, c’est difficile à croire —, alors vous vous dites que l’impact qu’il a eu sur le baseball ne peut être aussi important que le scandale qui a remis en doute la légitimité non seulement d’une Série mondiale, mais bien de deux.

« Qu’est-ce qui est pire, voler des signaux électroniquement, prendre des stéroïdes ou parier sur le baseball ?, a demandé le meneur de tous les temps au chapitre des coups sûrs. Les trois sont mauvais. Mais au moins je n’ai jamais pu changer l’issue d’un match. »

Le scandale de vol de signaux qui secoue les Astros de Houston est encore récent, du moins publiquement. Il y a une semaine, personne ne doutait que les Astros avaient remporté la Série mondiale en 2017 de manière frauduleuse, ni les Red Sox de Boston l’année suivante.

PHOTO JAYNE KAMIN-ONCEA, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

D’ailleurs, le voltigeur des Blue Jays de Toronto Randal Grichuk a déclaré qu’il aimerait que les Ligues majeures punissent les tricheurs de la façon la plus sévère possible.

Il a entendu les rumeurs à propos des Astros, qui auraient utilisé des caméras vidéo, des signaux sonores — comme des coups assénés à des poubelles en aluminium— et des émetteurs attachés au torse des frappeurs pour tricher.

Maintenant que ces allégations sont portées publiquement, il croit que le Baseball majeur doit priver les Astros de leur titre de champions de la Série mondiale en 2017.

Tout est donc remis en doute, et les discussions portent essentiellement sur la gravité du vol des signaux par rapport aux autres scandales qui ont ponctué l’histoire des Ligues majeures de baseball.

Rose, qui aura 79 ans en avril, a déclaré que le vol de signaux existait aussi à son époque, mais pas de manière électronique. À l’époque, c’étaient surtout les instructeurs aux extrémités du losange qui décryptaient les signaux et les transmettaient au coureur situé au deuxième coussin, qui lui les acheminait au frappeur. Et il existait des manières, acceptables, de rompre le stratagème.

« Habituellement, le lanceur s’arrangeait pour effectuer un tir à la hauteur de la tête du frappeur, s’est-il souvenu. Quatre-vingt-10 % d’entre eux cesseraient alors de le faire, parce qu’ils veulent éviter d’être atteints gravement. »

De plus, si Rose a été reconnu coupable d’avoir commis des gestes qui ont nui au baseball, il a assuré qu’il n’était pas très porté sur le vol de signaux.

« J’ai effectué 15 000 présences au bâton, et je n’ai jamais voulu qu’un coureur au deuxième m’indique ce qui s’en venait, a-t-il martelé. Je ne voulais pas le savoir, parce qu’il a peut-être tort et que je ne suis pas le genre de frappeur qui tentait de décoder un lanceur, donc ça ne m’aurait pas aidé. »