(Montréal) En plus de donner aux Mets de New York leurs lettres de noblesse, Tom Seaver a laissé des souvenirs impérissables aux gens qui l’ont côtoyé au cours de sa carrière sur les losanges et derrière le micro.

Frédéric Daigle La Presse Canadienne

Parmi ceux-ci, on compte l’ancien releveur Claude Raymond qui a terminé sa carrière avec Expos de Montréal. À ses yeux, Seaver n’est rien de moins que le Jean Béliveau du baseball.

PHOTO ARCHIVES AP

Tom Seaver au monticule le 20 avril 1967 contre les Cubs de Chicago.

« Un gentleman sur toute la ligne, a noté Raymond, qui a été son adversaire puis un confrère sur la galerie de presse.

Certains ne t’adressent plus la parole une fois qu’ils ont connu du succès. Ce n’était pas son cas : il discutait avec tout le monde, prenait le temps de s’informer de leurs projets, etc.

Claude Raymond

Raymond a noté que même hors du terrain, Seaver était « d’une immense politesse, affable, toujours souriant et prêt à aider tout le monde. »

PHOTO ARCHIVES AP

Tom Seaver, montrant un uniforme portant le No 25 de l’équipe, le soir de sa 25e victoire de la saison, le 27 septembre 1969.

Raymond se rappelle notamment d’un séjour des Expos à Porto Rico au début des années 2000, où Seaver agissait comme analyste pour les matchs des Mets.

« Il venait de s’acheter un vignoble — Seaver Vineyards — avec son épouse et me parlait à quel point il avait été chanceux : une parcelle de son vignoble se trouvait à flanc de montagne et donnait des raisins exceptionnels. Il avait fait analyser tout ça par de grands experts et il en était très fier. Il passait d’ailleurs ses journées dans ses vignes, avec ses sécateurs. Il adorait cela.

« Il m’avait suggéré de faire la même chose chez nous et m’avait fait parvenir une lettre dans laquelle il m’expliquait tout le procédé. Je la conserve encore. »

« Il est devenu l’image des Mets », dit Jacques Doucet

Jacques Doucet, qui a décrit plusieurs de ses matchs, se rappelle que Seaver a été un ambassadeur hors pair pour le Baseball majeur.

« Il a toujours été disponible pour faire la promotion du baseball, même à la retraite, a-t-il rappelé. On voyait souvent son nom dans les médias. Les journalistes l’appréciaient beaucoup et plusieurs ont tenté de le joindre pour prendre de ses nouvelles une fois que sa famille a annoncé qu’il souffrait de démence. Mais sa famille l’a énormément protégé et on en a beaucoup moins entendu parler.

PHOTO KATHY WILLENS, AP

Le chandail portant le No 41 de Tom Seaver avant été suspendu dans l’abri des joueurs des Mets de New York au stade Citi Field, le 3 septembre, avant le match contre les Yankees.

« Dès le moment où les Mets ont gagné la Série mondiale en 1969, il est devenu l’image des Mets. Tous les feux de la rampe étaient sur lui. Oui, il y avait d’autres joueurs, mais tout au long de sa carrière avec les Mets, c’était lui le centre d’attraction. »

Il prenait toutefois bien soin de s’assurer que ses coéquipiers faisaient partie de la conversation.

Ça a été un coéquipier parfait, je dirais, a ajouté Doucet. Il ne se mettait jamais en évidence, louant toujours le travail de ses coéquipiers et de ses entraîneurs. Ce n’était pas un gars égoïste.

Jacques Doucet

« On appréciait ce qu’il réussissait sur le monticule, sauf quand c’était contre vous, a fait remarquer Raymond. On fait partie d’une grande fraternité les joueurs de baseball, et quand il y a en a un qui décède, ça nous touche. »

Ça fait partie de notre famille. Son décès m’a vraiment ébranlé.

Claude Raymond

Seaver a disputé 20 saisons dans le Baseball majeur avec les Mets, les Reds de Cincinnati, les White Sox de Chicago et les Red Sox de Boston. Il a remporté 311 victoires et retiré 3640 frappeurs sur des prises, tout en maintenant une moyenne de points mérités de 2,86. Seul Walter Johnson et lui ont gagné plus de 300 matchs, retiré plus de 3000 frappeurs sur des prises et conservé une moyenne inférieure à 3,00 dans toute l’histoire du baseball.

PHOTO RAY STUBBLEBINE, ARCHIVES AP

Tom Seaver lors d'un match contre les Dodgers de Los Angeles, le 14 août 1974.

Il a été intronisé au Temple de la renommée en 1992, apparaissant sur 98,84 % des bulletins (425 sur 430), une marque qui a tenu jusqu’à l’élection de Ken Griffey fils, en 2016.

Son numéro 41 a été le premier retiré par l’organisation des Mets et l’adresse actuelle du CitiField est le 41, Seaver Way.