Abraham Toro l’admet d’emblée : la saison 2019 a passé tellement vite qu’il n’a pas réalisé immédiatement ce qu’il venait de vivre.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

« C’est certain que lorsque tu joues, tu es tellement concentré, que ce n’est qu’à mon retour à Montréal que j’ai pleinement réalisé ce qui m’était arrivé, a déclaré le baseballeur longueuillois de 22 ans qui a disputé 25 matchs avec les Astros de Houston la saison dernière. J’ai de très grands objectifs pour la saison prochaine. Mais dans le court laps de temps que j’ai été dans les Majeures, je suis satisfait de ce que j’ai accompli. »

Toro a maintenu des moyennes offensives de ,218/,303/,385 avec 17 coups sûrs, deux circuits et neuf points produits en 78 présences au bâton. Sept de ses 17 coups sûrs l’ont été pour plus d’un but.

Il s’est notamment signalé lorsque l’as Justin Verlander a réussi un match sans point ni coup sûr aux dépens des Blue Jays de Toronto, le 1er septembre. Toro avait produit les deux points des siens à l’aide d’un circuit en début de neuvième manche pour procurer une victoire de 2-0 au club texan.

Toro s’est amené à Houston après avoir connu tout un camp d’entraînement au début de 2019. Retranché dans les derniers jours du camp pour être cédé au niveau AA, tout laissait croire à un rappel de quelques matchs en septembre. Après avoir frappé pour plus de ,300 et produit 70 points en 98 matchs à Corpus Christi, il a été promu au niveau AAA.

En 16 rencontres avec l’Express de Round Rock, il a frappé pour ,424. Quand l’inter Carlos Corea a subi une blessure, les Astros n’ont eu d’autre choix que de se tourner vers lui.

« Ça fait des mois qu’il est l’un des joueurs les plus productifs en attaque dans nos filiales », avait déclaré à l’époque le directeur général Jeff Luhnow.

Il a joué son premier match le 22 août contre les Tigers de Detroit. Le lendemain, il a obtenu ses deux premiers coups sûrs dans le Baseball majeur.

Pour 2020, Toro, qui se trouvait à Montréal pour un événement caritatif, ne veut pas attendre la fin août pour évoluer dans les Majeures.

« Je ne sais pas quels sont leurs plans, mais mon objectif sera de faire de mon mieux pour faire l’équipe dès la fin du camp », a-t-il assuré.

Les Astros viennent d’offrir un nouveau contrat au premier-but Yuli Gurriel, et le reste de l’avant-champ est bien établi avec Alex Bregman au troisième coussin, Correa et Jose Altuve au deuxième but.

« Ils veulent que je sois capable de jouer à plusieurs positions, peut-être même au champ extérieur. Ça, ça pourrait m’aider pour l’an prochain », a noté Toro, qui ne compte pas jouer au baseball d’hiver.

« On ne me l’a pas demandé, mais si je frappe, alors il vont me trouver une place, a-t-il expliqué. C’est pas mal comme ça que ça fonctionne. Je pense être suffisamment athlétique pour apprendre rapidement une nouvelle position, sans avoir besoin de jouer beaucoup de matchs. »

Apprendre sans jouer

La seule chose qu’il n’aura pas vécue au cours de cette première campagne, ce sont les séries éliminatoires, alors qu’il a été laissé hors de la formation pour tout le parcours automnal des Astros, qui se sont inclinés au septième match de la Série mondiale devant les Nationals de Washington.

« On m’a expliqué, lorsque Correa s’est blessé et qu’on ne savait pas trop s’il allait être de retour pour les séries, que c’était moi qui prendrais sa place si jamais il ne pouvait pas le faire. J’ai compris, et je l’ai bien pris. C’est certain que tu veux jouer, mais je n’étais pas trop déçu.

« J’étais toujours avec l’équipe. Je m’entraînais, car je devais être prêt en cas de blessure. En fait, ma préparation était la même que si j’avais fait partie de la formation. Et les émotions étaient aussi fortes. Que tu le veuilles ou non, tu vis les séries. […] De vivre tout ça, ça va m’aider dans le futur. »

Par association, Toro est aussi au centre de la tempête qui touche les Astros, qui font l’objet d’une vaste enquête du Baseball majeur au sujet d’allégations de vols de signaux au cours de la saison 2017, couronnée par la première conquête de la Série mondiale du club.

« Un peu comme tout le monde, j’ai appris ça alors que je me trouvais chez moi. Quand j’étais avec les Astros, je n’ai rien vu de ça. C’est "plate" d’entendre ça au sujet de l’équipe pour laquelle tu joues, mais je n’ai rien vu de tel. »

Et ses yeux sont résolument tournés vers 2020, pas 2017.