C'est demain, à Cooperstown, qu'Andre Dawson sera intronisé au Temple de la renommée du baseball majeur. Celui que l'on surnommait le «Hawk» deviendra alors le deuxième représentant des Expos - après Gary Carter - à faire son entrée au panthéon. Sera-t-il également le dernier?

David Courchesne LA PRESSE

Dawson sera honoré en compagnie du gérant Dorrel «Whitey» Herzog et de l'arbitre Doug Harvey, deux nouvelles figures du Temple triées sur le volet par le comité des vétérans.

Cette consécration, Dawson l'attend depuis le 6 janvier, quand les membres de l'Association des chroniqueurs de baseball d'Amérique se sont prononcés en faveur de son couronnement dans une proportion de 77,9% (il faut 75% des suffrages pour entrer au panthéon).

Ce jour-là, pendant que Dawson savourait cette grande réussite, le lanceur Bert Blyleven (74,2%) et le joueur d'intérieur Roberto Alomar (73,7%) ont mordu la poussière par une infime marge. Partie remise.

Mais Dawson avait également connu la défaite avant l'apothéose: de 45,3% en 2002, les appuis pour sa nomination au Temple n'ont presque jamais régressé ensuite, pour enfin surpasser les 75% requis en 2010.

Après huit tentatives infructueuses, celui qu'on surnomme «The Hawk» depuis sa tendre enfance rejoindra donc le receveur Gary Carter comme deuxième - et probablement dernier - représentant des Expos à Cooperstown. Le dernier parmi nos anciens Amours, vraiment?

«Je pense qu'un gars comme Tim Raines (30,4% des votes en 2010) pourrait un jour accéder au Temple, et le cas échéant, les chances sont excellentes de le voir arborer lui aussi le logo des Expos sur sa plaque de bronze», a déclaré Dawson lors d'une téléconférence officielle, le 16 juillet.

Dans l'enceinte sacrée du baseball, Dawson sera justement immortalisé coiffé de la casquette des Expos, ce qui n'avait pas manqué de susciter une légère controverse l'hiver dernier.

«Je comprends la décision du Temple, sa connotation historique, et je ne suis pas déçu. J'avais seulement une préférence pour les Cubs. La ville de Chicago et les partisans de l'équipe ont représenté beaucoup pour moi et ma famille», a-t-il commenté.

Malgré ses différends avec les dirigeants des Expos en fin de parcours, Dawson ne regrette rien de son passage dans la métropole québécoise, une aventure plaisante, selon lui.

«Ils m'ont donné ma première chance. C'était une jeune formation bourrée de talent, et je crois sincèrement qu'il nous manquait un ou deux joueurs de calibre pour atteindre la Série mondiale. Mais c'était difficile d'attirer les vedettes établies au nord de la frontière.»

Ça change une vie...

Une intronisation au Temple de la renommée du baseball, avec tout le prestige et l'attention médiatique, ça change une vie, monsieur Dawson?

«Absolument, comme je ne l'aurais jamais imaginé, a-t-il confié. On m'avait prévenu que ce serait trépidant, fatigant, et que je devrais constamment voyager.

«Mais ça vaut vraiment la peine. Je tente cependant de contrôler mes émotions puisque je ne sais pas comment je réagirai quand je monterai sur la scène (demain pour son discours).

«J'étais un joueur suffisamment efficace, je possédais les outils et la volonté pour atteindre ce statut, mais l'intronisation représente pour moi un nouveau défi, émotionnellement parlant.»

Ryne Sandberg, déjà membre du Temple de la renommée, avait d'ailleurs vanté la candidature de Dawson pendant son propre discours d'intronisation, en 2005.

«Aucun joueur n'a travaillé avec autant d'acharnement, dans la souffrance. Je l'ai vu rafler le titre de joueur par excellence dans la Nationale au sein d'une équipe de dernière place, en 1987, et ce fut la chose la plus incroyable que j'ai vécue au baseball. Il a fait les choses de la bonne façon, naturelle, et j'espère qu'il nous rejoindra un jour.»

Voilà un souhait finalement exaucé.

Dawson, qui anticipe les festivités du week-end avec beaucoup d'enthousiasme - surtout qu'il sera accompagné de plusieurs parents et amis à Cooperstown - réservera sans doute quelques bonnes paroles pour Sandberg quand il montera sur la scène du Clark Sports Center, discours en main.

Le gérant et l'arbitre

Entre 1973 et 1990, «Whitey» Herzog a successivement dirigé la destinée des Rangers du Texas, des Angels de la Californie, des Royals de Kansas City et des Cardinals de St.Louis.

Il totalise six championnats de division - trois chez les Royals et autant avec les Cardinals - trois championnats de la Ligue nationale et une conquête de la Série mondiale, en 1982.

«Je crois que j'ai accordé plus d'entrevues depuis janvier qu'en 18 saisons comme gérant, a blagué Herzog la semaine dernière, en téléconférence. J'aime bien aller pêcher chaque matin et m'adonner à diverses activités, mais les choses ont quelque peu changé dernièrement!»

Doug Harvey, chef d'équipe pendant 18 de ses 31 années comme arbitre dans la Ligue nationale, a oeuvré lors de neuf séries de championnat, cinq Séries mondiales et six matchs des Étoiles. Il sera le neuvième officiel admis au Temple.

Seront également décorés demain le journaliste Bill Madden, du New York Daily News (prix J.G. Taylor Spink remis par l'Association des chroniqueurs de baseball d'Amérique), et le descripteur Jon Miller (prix Ford C. Frick du Temple de la renommée).