Quand Marc Gagnon doit trouver un brave pour «tirer» les trois derniers tours d'un entraînement particulièrement éreintant, il sait qu'il peut se tourner vers Nicolas Perreault. Le patineur courte piste de 18 ans ne rechigne pas à l'effort.

Mis à jour le 25 janv. 2019
Simon Drouin LA PRESSE

«Si tout le monde est "sauté" et que Marc dit: "Nic, c'est toi qui le fais", il ne va jamais dire non; il va essayer et il va foncer», témoigne Alex Boisvert-Lacroix, patineur olympique sur longue piste qui côtoie Perreault de façon quotidienne au centre régional de Patinage de vitesse Canada, à l'aréna Maurice-Richard. «Si je peux me permettre, il a des couilles.»

La triple médaillée olympique Kim Boutin se permet le même terme, en anglais, pour décrire l'attitude de sa coéquipière Courtney Sarault sur la glace.

Ça tombe bien, Sarault et Perreault seront les deux principales têtes d'affiche canadiennes aux Championnats du monde juniors de patinage de vitesse courte piste, qui s'ouvrent aujourd'hui et se poursuivent jusqu'à dimanche à Maurice-Richard.

Les yeux sur le titre

Sarault, en particulier, sait qu'elle est attendue. Au même événement l'an dernier en Pologne, la Néo-Brunswickoise avait brillé en remportant cinq médailles, dont l'argent au classement cumulatif, une première en plus d'une décennie pour une patineuse canadienne.

Après des débuts fracassants en Coupe du monde à Calgary, où elle est montée sur la deuxième marche du podium au 1500 m à l'automne, l'athlète de 18 ans ne peut faire autrement que de viser le titre général devant son public à Montréal.

«On sait tous le but, je l'ai derrière la tête, mais ce n'est pas parce que j'ai fini deuxième l'an dernier que je ferai la même chose ou mieux cette fois-ci, a prévenu Sarault la semaine dernière. Je dois réaliser que je repars à zéro.»

Tout a été mis en place pour que l'ancienne élève de Gagnon au centre régional soit au sommet de sa forme cette semaine. Ainsi, elle a raté la dernière Coupe du monde au Kazakhstan pour se concentrer sur l'entraînement. Cette compétitrice-née admet que le mois et demi de préparation a parfois été ardu. «Il a vraiment fallu que je reste forte mentalement. À la dernière semaine, je n'avais plus de jambes... Ça fait partie du plan et j'y crois.»

Dès la conclusion des Mondiaux, dimanche, Sarault s'envolera pour l'Allemagne en prévision de la Coupe du monde de Dresde, la semaine prochaine.

La relève des Perreault

Aîné de la très jeune équipe masculine, composée aux trois quarts de Québécois, Nicolas Perreault n'a pas le même bagage que sa consoeur Sarault.

Son patronyme résonne cependant dans le petit monde du patinage de vitesse québécois. Ancien coéquipier de Gaétan Boucher, Sylvain, son père, a lui aussi participé aux Mondiaux juniors, mais en longue piste. Deux de ses tantes ont brillé en courte piste: Annie a gagné l'or olympique au 500 m et le bronze au relais à Nagano en 1998 et l'or au relais à Albertville en 1992; Maryse a été championne mondiale en 1982.

«C'est sûr que j'ai une réputation, on me voit un peu comme la relève des Perreault en patinage de vitesse, mais ça ne me cause aucun stress, a assuré l'athlète de 18 ans. Je vais faire mon propre chemin.»

Perreault a appris les rudiments de son sport sur un anneau extérieur dans un parc en face de la résidence familiale, à Sherbrooke. Si son père lui a prodigué quelques conseils techniques, il a surtout insisté sur un message.

«Il m'a dit: pourquoi tu patinerais si tu n'as pas de plaisir? a relaté Nicolas. C'est donc sûr que je dois m'amuser en premier lieu. La performance vient après. Mais je suis compétitif. Je veux être performant.»

Il s'illustre surtout dans les longues distances, comme en témoignent ses titres nationaux au 1000 m et au 1500 m. «Il n'a pas peur d'essayer le dépassement, a souligné Boisvert-Lacroix. Il n'est pas du genre à rester passif et à juste regarder le show.»

Perreault vise des finales aux Mondiaux... et pourquoi pas un podium. «Je sais que le calibre sera fort, mais je le suis aussi.» Et il est prêt à se mêler à la bataille.

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ÉQUIPE FÉMININE CANADIENNE

Juliette Brindamour (Toronto) - 1000 m, 1500 m

Claudia Heeney (Waterloo, Ontario) - 500 m, 1000 m, 1500 m

Courtney Sarault (Moncton) - 500 m, 1000 m, 1500 m

Hee Won Son (Calgary) - 500 m

ÉQUIPE MASCULINE CANADIENNE

William Dandjinou (Verdun) - 500 m, 1500 m

Matej Pederson (Calgary) - 500 m, 1000 m, 1500 m

Nicolas Perreault (Sherbrooke) - 1000 m, 1500 m

Félix Pigeon (Saint-Pie) - 500 m, 1000 m

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HORAIRE

Aujourd'hui

9h50 - Rondes de qualification 1500 m, 500 m, 1000 m

16h - Rondes de qualification 3000 m relais

Samedi

9h25 - Rondes de classement 1500 m, 500 m

13h15 - Cérémonie d'ouverture

13h30 - Rondes finales 1500 m, 500 m; demi-finales 3000 m relais

18h - Cérémonie des médailles

Dimanche

9h30 - Rondes de classement 1000 mètres

13h30 - Rondes finales 1000 m; Finales 3000 m relais

16h30 - Cérémonie des médailles

Photo Alain Roberge, La Presse

L'équipe canadienne des Championnats du monde juniors de patinage de vitesse courte piste.