L'un des candidats à la présidence du Comité international olympique (CIO), Richard Carrion, veut à l'avenir qu'une des conditions pour qu'un pays organise les Jeux olympiques soit qu'aucune loi discriminatoire ne soit en place dans ce pays.

Publié le 3 août 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le banquier portoricain de 60 ans réagissait ainsi aux déclarations jeudi du ministre russe des Sports qui a estimé que les sportifs homosexuels étaient les bienvenus en Russie lors des Jeux olympiques d'hiver 2014 de Sotchi, mais qu'ils devaient «respecter» la nouvelle loi russe qui interdit «la propagande de l'homosexualité».

«À l'avenir, une condition pour obtenir l'organisation des JO doit être que l'on soit sûr qu'aucune loi discriminatrice envers quiconque ne soit édictée dans le pays, comme le veut la Charte olympique», a indiqué M. Carrion dans un communiqué transmis à l'AFP.

«Les JO célèbrent l'humanité à travers, le respect, l'amitié et l'excellence», a rappelé M. Carrion, l'un des six candidats à la succession à la présidence du CIO du Belge Jacques Rogge à partir du 10 septembre. «L'une des valeurs les plus profondes du mouvement olympique est le sport en tant que droit de l'homme et rien ne devrait se mettre au travers de cela».

Le président russe Vladimir Poutine a promulgué en juin une loi controversée punissant tout acte de «propagande» homosexuelle devant les mineurs, dénoncée comme discriminatoire par les défenseurs des droits de l'Homme.

Aux termes de cette loi, une personne physique risque de 4000 à 5000 roubles d'amende (126-158 $) pour une telle propagande, une personne dépositaire de l'autorité publique de 40 000 à 50 000 roubles (1266-1583 $) et une entité juridique, de 800 000 à un million de roubles (25 32-031 650 $).

Les étrangers risquent une amende pouvant aller jusqu'à 100 000 roubles (3165 $), et pourront en outre être détenus 15 jours et expulsés.

«Personne n'interdit aux sportifs qui ont une orientation sexuelle non traditionnelle de venir à Sotchi, mais s'ils sortent dans la rue pour en faire la propagande, ils devront en répondre devant la loi», a déclaré jeudi le ministre russe des Sports Vitali Moutko.