Damian Warner a gagné une médaille d’or dans l’une des disciplines les plus exigeantes de l’athlétisme, accumulant avec brio les magnifiques performances au fil de 10 épreuves réparties sur deux jours, dans la chaleur étouffante de Tokyo.

Publié le 29 déc. 2021
Lori Ewing La Presse Canadienne

Mais l’histoire de Warner va bien au-delà de sa victoire olympique.

Durant une année inoubliable remplie de récits de résilience, celui de Warner a été l’un des plus remarquables. Et sa conclusion en or revêtait une signification d’autant plus grande, à cause des défis titanesques que lui et son équipe ont dû relever pour le concrétiser.

« Certes, gagner la médaille d’or est l’élément qui ressortira le plus, simplement parce que j’y aspirais depuis si longtemps », a déclaré Warner.

« Mais ce dont je suis le plus fier, a-t-il ajouté, c’est la façon dont nous avons persévéré à travers la situation devant nous, parce que ce n’était pas idéal et que c’était difficile. Mais nous avons trouvé un moyen de la surmonter, tout en étant à notre mieux. »

Quand on sait comment s’est déroulée cette aventure jusqu’aux Jeux, ça rend tout ce qui s’est passé encore plus spécial.

Damian Warner

L’athlète de 32 ans originaire de London, en Ontario, a remporté le premier titre olympique du Canada en décathlon de façon spectaculaire. Il a établi un record olympique et une marque canadienne et il est devenu le quatrième homme dans l’histoire à franchir la barrière des 9000 points.

Il a couronné mercredi, en se voyant décerner le Trophée Lionel Conacher à titre d’athlète masculin de l’année 2021 de La Presse Canadienne.

Warner a reçu 18 des 47 votes enregistrés par les rédacteurs en chef, les journalistes et diffuseurs sportifs de tous les coins du pays. Le sprinteur Andre De Grasse a récolté 14 votes et le joueur de soccer Alphonso Davies, qui avait remporté le trophée en 2020, en a obtenu sept.

« Accepter des honneurs comme celui-ci est un peu étrange pour moi parce que c’est un peu comme tirer à pile ou face », a comparé Warner.

« Andre a gagné une médaille d’or et Alphonso connaît une année incroyable. Alors quand on est sélectionné, on se sent un peu coupable, jusqu’à un certain point. C’est un bon problème au Canada d’avoir autant d’athlètes, et pas seulement nous trois, parce qu’il y a une longue liste de personnes qui ont vraiment connu du succès cette année. Pour un amateur de sports, c’est toujours une chose agréable à voir.

« C’est toujours une leçon d’humilité et je suis reconnaissant d’être reconnu, [mais] c’est aussi la reconnaissance de ma famille, de mes entraîneurs et de tous ceux qui m’ont aidé à arriver à ce stade, et c’est ce que je trouve vraiment cool », a-t-il ajouté.

Mardi, la joueuse de tennis lavalloise Leylah Fernandez avait remporté le trophée Bobbie Rosenfeld à titre d’athlète féminine de l’année de La Presse Canadienne. Le nom de l’équipe de l’année sera dévoilé jeudi.

PHOTO ANDREW BOYERS, ARCHIVES REUTERS

Damian Warner après l'épreuve du 1500 m aux Jeux olympiques.

Dans un aréna

L’année de Warner a été digne des films d’Hollywood. Les fermetures causées par la COVID-19 l’ont forcé à s’entraîner dans un aréna vide et délabré à London. Il se réchauffait les mains à l’aide de radiateurs, mais ses doigts et ses orteils finissaient par s’engourdir.

Ses entraîneurs avaient collé au sol une piste de course de 40 mètres, mais Warner ne pouvait pas courir plus loin.

Vers la fin du mois de février, il a touché le fond.

« Nous faisions du saut à la perche et je devenais vraiment frustré […] On aurait dit que tout était devenu trop lourd », a-t-il décrit.

Il a alors dit à ses entraîneurs Gar Leyshon et Dennis Nielsen que c’était une perte de temps, que ce n’était pas un entraînement propice à l’obtention d’une médaille d’or.

Le vent a tourné après la naissance de son fils, Theo, le 11 mars. Deux mois plus tard, Warner s’est présenté à son premier décathlon en 20 mois et a fracassé son propre record canadien pour remporter une prestigieuse compétition tenue à Götzis, en Autriche.

Or, ce n’était que le début.

Warner a terminé les Jeux de Tokyo avec un score de 9018 points. Il a devancé son plus proche rival par près de 300 points. Sa performance au saut en longueur du décathlon lui aurait valu la médaille de bronze à l’épreuve de saut chez les hommes des Jeux.

« Damian Warner a dû s’entraîner dans des conditions difficiles pour 10 épreuves », a rappelé Phil King, responsable de la mise en pages des sports au Globe and Mail.

« Aux Jeux olympiques, il a hérité, à juste titre, du titre de plus grand athlète au monde. Il mérite amplement tous les honneurs que la Presse Canadienne peut lui donner, et davantage. Il est la crème de la crème – dans le monde. »