La pandémie a forcé ou motivé bien des gens à se réinventer, sinon à s’ajuster professionnellement. Ben Milot fait partie de cette longue liste.

Frédérick Duchesneau
Frédérick Duchesneau La Presse

Retiré depuis une dizaine d’années des compétitions de freestyle, le pilote de motocross a dû mettre sa tournée de spectacles Milot Land Tour sur la voie de garage jusqu’à l’an prochain.

Depuis quelques années, il entraînait des jeunes qui avaient déjà de l’expérience et leur propre moto.

Pour répondre à une demande, dit-il, il a ajouté il y a quelques semaines un volet initiation pour les 3 à 13 ans à son Académie Milot Land, établie à Yamachiche.

Ce qui distingue cette nouveauté, c’est que son parc d’une dizaine de motos est 100 % électrique, grâce à un partenariat avec Husqvarna Canada.

« Le motocross, c’est assez intimidant pour un enfant de 5 ans qui n’en a jamais fait. Ça peut l’être, en tout cas. L’une des choses qui intimident les enfants, c’est le son, indique Ben Milot. Et le fait de se comparer aux autres. Mais quand on élimine ça, tout d’un coup, ça a l’air moins gros, moins dangereux, moins épeurant. »

Les motos possèdent des dispositifs régulateurs de puissance, ajustables en fonction du niveau de l’enfant, explique le pilote.

« Avec les motos à essence, on ne peut pas faire ça. »

Par ailleurs, on a également inauguré le Centre Milot Land Motocross, auquel a accès le grand public.

Le terrain de pratique privé qu’occupe Ben Milot depuis 2004 à Yamachiche a été réaménagé pour l’occasion. Il compte désormais deux pistes : l’une pour l’initiation, l’autre pour l’admission générale.

L’influence du cirque

Le nom du Québécois est bien connu dans le monde du motocross acrobatique. Milot a notamment pris part à quelques X-Games.

PHOTO STÉPHANE LESSARD, ARCHIVES LE NOUVELLISTE

Ben Milot s’est retiré de la compétition il y a une dizaine d’années.

En 2010, il a abandonné la compétition pour démarrer le Milot Land Tour, spectacle de haute voltige qui se promène dans des festivals partout au pays, et auquel il participe encore lui-même, accompagné de quatre autres pilotes.

Deux ans plus tard, il était engagé pour le spectacle The House of Dancing Water de Franco Dragone, en Chine. Une expérience qui durera cinq ans.

« Ça a fait progresser la façon que je voyais mon show et comment le mettre en scène. Parce qu’on ne réinventera pas la roue, avec un saut en motocross, on n’a pas autant de latitude que certains artistes du cirque dont on peut vraiment changer le look, la performance. On a des limitations qu’eux n’ont pas », fait remarquer Ben Milot.

Je fais du motocross depuis toujours, je sais ce qui se fait ailleurs et je trouvais que le show typique n’avait pas changé depuis longtemps. Donc, j’ai amené une petite touche du côté de la mise en scène.

Ben Milot

Comme tous les athlètes de motocross, Milot a hypothéqué son corps au fil des ans. Après sa retraite de la compétition, il y a une décennie, il avait raconté être « cassé de partout ».

« C’est sûr qu’on garde des séquelles parce qu’à un moment donné, ça nous rattrape. Quand ça fait 30 ans que tu fais de la moto, il y a de l’usure. »

Les genoux, en particulier, ont écopé.

« Je ne peux pas faire tout ce que je faisais », résume le pilote, à deux ans de la quarantaine.

Il l’admet lui-même, il n’y a aucune chance que vous le croisiez dans un marathon.