La semaine dernière, La Presse a brossé le portrait de trois participants qui s’apprêtaient à disputer leur premier Ironman. Avec un peu de recul, Jean-François Desnoyers, Manon Fleury et Serge Boivin racontent leur expérience à Mont-Tremblant, qui s’est achevée de diverses façons.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Jean-François Desnoyers

Fatigué, incapable de trouver son rythme et comprenant que ce n’était pas sain de poursuivre, Jean-François Desnoyers a stoppé son Ironman après 21,1 km de course à pied.

« Le plaisir n’était plus là. Au 16e kilomètre, j’ai regardé le temps et je me suis dit que c’était terminé. Par contre, je ne voulais pas que l’on me ramène au village. J’ai complété la première boucle de 21 km pour voir le message de mes proches sur grand écran. »

La journée a mal débuté pour le superviseur de production au sein d’une affinerie de cuivre. Après un bon échauffement matinal, le départ ne s’est pas passé comme prévu. « J’étais en confiance, puis je me suis mis à paniquer. Pourquoi ? Je ne le sais toujours pas. Il a fallu que je m’accote sur des kayaks pour essayer de reprendre mon souffle. »

Finalement, il lui a fallu 2 h 10 min pour faire les 3,8 km de nage. Malgré le parcours « exigeant », la portion vélo s’est relativement bien passée. C’est donc au milieu de la course qu’il a compris qu’il n’irait pas au bout.

Je suis en paix avec ma décision. Je ne voulais pas me blesser, tomber dans les pommes ou avoir quelque chose de pire. J’aurais aimé le finir, mais je suis fier de ce que j’ai accompli.

Jean-François Desnoyers

Il promet de réessayer la distance en 2021 avec, cette fois, une expérience sur laquelle s’appuyer.

Manon Fleury

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Manon Fleury

En milieu de semaine, Manon Fleury se sentait « comme si un autobus lui était passé dessus ». La résidante de Saint-Jean-sur-Richelieu, qui a ouvert un centre de secours pour enfants maltraités en Tanzanie, a bataillé pendant plus de 16 h 30 min avant de franchir la ligne d’arrivée.

« J’ai cassé après le demi-marathon. Je pensais que je n’allais pas être capable de courir les 21 derniers kilomètres, mais ma famille et mes amis m’ont vraiment poussée, dit-elle. Je les avais dans mes bras et je braillais. Je ne sais même pas comment j’ai fait pour continuer. »

Après une épreuve de nage conforme à ses attentes, elle a dû lutter jusqu’au bout pour terminer le vélo avant l’heure limite. Elle a fini les 180 km peu après 17 h, c’est-à-dire avec une petite marge de 30 minutes.

« Une demi-heure [avant la limite], c’est très serré. Il y a eu beaucoup de crevaisons et si j’avais fait partie du lot, j’aurais pu manquer mon cut-off. »

Le marathon a donc pris des allures de montagnes russes émotives, mais elle est parvenue à franchir la ligne d’arrivée à 23 h 26.

À la fin, on dirait que ce n’est même pas nous qui courons. C’est la foule qui nous supporte.

Manon Fleury

Et maintenant ? La Johannaise patientera encore un peu avant de retrouver une vie sociale plus active. « Il faut guérir. On n’a pas le goût de monter et descendre des marches. Je n’ai pas vraiment le goût de sortir pour l’instant. »

Serge Boivin

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Serge Boivin

13 h 12 min Voilà le temps qu’a mis Serge Boivin, propriétaire de la ferme laitière Juar de Coaticook, pour parcourir les 226 km. « La veille, j’avais eu deux crevaisons lors de mon entraînement, mais tout s’est bien passé le dimanche. Ç’a été ma journée. »

En détail, il dit être sorti de l’eau « frais comme une rose avec un super bon temps » [1 h 18 min]. La partie vélo, lors de laquelle il ne voulait pas trop forcer, s’est déroulée sans anicroche. Le parcours n’est pas simple, avec ses bonnes montées, mais Serge Boivin a mis à profit son bon entraînement. « Les routes de Coaticook et même à Magog, où j’avais fait un triathlon, ressemblent beaucoup [au parcours de Mont-Tremblant]. Il y a des montées, des descentes et c’est très technique. »

Il a ensuite couru pendant presque la totalité de la course à pied. « Et j’ai quasiment gardé le sourire tout le long », précise-t-il. Son temps final est peut-être en deçà de ses prédictions « ambitieuses », mais la satisfaction de l’avoir fini, de cette manière, prime le reste.

Pour une première fois, c’est le genre d’expérience que je voulais vivre.

Serge Boivin

En raison de son métier et au nom de l’équilibre familial, le prochain Ironman n’est pas pour tout de suite. Il poursuivra, par contre, le triathlon sur des distances olympiques.