Le triathlon, ludique ou sérieux ? Et si on combinait les deux ? C'est le pari de Patrice Brunet, président et directeur général de l'étape montréalaise de la Série mondiale de triathlon, présentée du 23 au 26 août. Avec l'objectif avoué de démocratiser encore et toujours le triathlon et de promouvoir, de façon générale, l'activité physique.

Jean-François Tremblay LA PRESSE

En plus de l'épreuve élite, le clou du spectacle le dimanche 26, il invite les athlètes de tout acabit à participer le vendredi à une course nocturne au Vieux-Port de Montréal. Dans une ambiance de fête, il espère voir plus de 500 personnes lancer leur soirée en ville avec un petit 5 km au coucher du soleil.

« On entend faire profiter à un maximum de Montréalais de l'emplacement extraordinaire, ici, du Vieux-Port, a dit Brunet, lundi, en conférence de presse. On veut aller chercher les milléniaux, on veut aller chercher ceux qui bougent, mais pas tant que ça. On veut que ce soit ludique. Les gens commencent leur vendredi soir avec une course au Vieux-Port, puis continuent leur soirée à Montréal. On peut combiner saines habitudes de vie et party. »

Puis, le samedi, il organise le Défi corporatif BDC, une activité de consolidation d'équipe pour entreprises et collègues qui veulent relever le défi du triathlon ensemble. C'est à cette épreuve que participera la mairesse Valérie Plante, dans la section de course à pied.

Elle-même sportive de coeur, Mme Plante a pris part l'an passé au triathlon par équipe, en courant 10 km. Sa participation cette année, une fois élue, était la suite logique, même si ses nouvelles responsabilités ne lui permettent plus de s'entraîner autant qu'avant.

« Ce matin, je suis venue travailler en bicyclette. Souvent, je descends en vélo de la maison et on a installé un support à vélo sur ma voiture de fonction. Le sport a toujours fait partie de ma vie. Comme mairesse, je l'impose dans mon agenda. J'en ai besoin pour ma santé mentale et ma santé physique. Je suis heureuse d'envoyer ce message à la population. Mais si on est très occupés, le travail, la famille, les enfants, ça vaut la peine de trouver un peu de temps pour soi. »

UNE ÉQUIPE DIFFICILE À BATTRE

C'est aussi à ce Défi que participera l'équipe tout olympique formée de Benoît Huot, au 750 m de nage, d'Alexandre Bilodeau, au 20 km de vélo, et de Marianne St-Gelais, au 5 km de course. Ils ont tout de suite accepté l'invitation pour contribuer à la promotion de l'activité physique. St-Gelais a résumé le message, fort simple et surtout fort accessible : « Les gens sont occupés, ils ont des horaires chargés. Mais pour faire de la course, tu as juste besoin d'une paire de souliers et tu vas courir. »

À force de discussions, Huot et St-Gelais (Bilodeau était absent) ont toutefois fini par admettre que l'idée à la base sympathique de passer un beau samedi entre amis, à faire du sport, cachait au fond beaucoup de compétitivité. Après tout, ce sont eux, les athlètes olympiques. C'est l'équipe à battre, qu'ils le veuillent ou non.

« Je déteste ma position, a dit St-Gelais en riant. La course est la dernière épreuve, j'ai l'impression que la pression est sur moi. Les gars vont se donner à 100 % et tout l'enjeu va être mis sur moi, sur la course, qui n'est pas du tout ma discipline. Je suis confiante, je m'entraîne, j'ai un objectif, mais j'ai peur d'être la risée de mon équipe. »

« Mais le vrai, c'est Alex Bilodeau, a renchéri Huot, celui qui est à l'origine du projet. Peu importe ce que tu fais dans la vie, tu joues au Monopoly, n'importe quoi, il va tout faire pour t'écraser. C'est un gagnant. »

« C'est un gros compétiteur, a confirmé St-Gelais. Le dernier kilomètre, je vais le courir pour lui. Si je vois que je suis en avant, c'est sûr que je vais courir pour Alex. Je ne ressentais aucune pression en arrivant ici. Je vais repartir avec une tonne de pression sur le dos. »

« C'est vrai aussi que j'ai une certaine pression de sortir de l'eau en premier parce que sinon, les gens vont dire : "Hé, j'ai battu le nageur" », a reconnu Huot. Ça fait bizarre.

RAYONNEMENT

La mairesse s'est par ailleurs félicitée qu'un tel événement contribue, dans sa mesure, au rayonnement de Montréal. La triathlonienne Amélie Kretz a confirmé que ses rivales du circuit mondial adoraient la ville, surtout pour la qualité de l'organisation. 

Il faut dire aussi que le parcours élite est sublime : le départ se donne dans le bassin Jacques-Cartier, puis le vélo et la course se déroulent dans le Vieux-Montréal et dans la rue Notre-Dame.

Pour le moment, 14 des 20 meilleurs hommes au monde seront à Montréal. Chez les femmes, c'est 11 sur 20. Trois Québécois seront au départ : Alexis Lepage et Charles Paquet chez les hommes, Amélie Kretz chez les femmes.

Photo Robert Skinner, La Presse

Amélie Kretz, Benoît Huot, Marianne St-Gelais, Valérie Plante et Jean-Philippe Wauthier.