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Gymnastes agressées: la police s'excuse d'avoir «raté» le Dr Nassar

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Après deux procès à l'issue desquels il a écopé d'au moins 100 ans de réclusion pour abus sexuels et détention de matériel pédopornographique, Larry Nassar est à nouveau jugé depuis mercredi, cette fois par le tribunal de Charlotte, dans le Michigan.

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Nova SAFO, Shahzad ABDUL
Agence France-Presse
Chicago et Washington

Le gigantesque scandale sexuel qui secoue la gymnastique américaine aurait pu être évité: la police s'est excusée jeudi d'avoir «laissé tomber», il y a 14 ans, une victime du docteur Larry Nassar, passé entre les mailles du filet pour mieux agresser des centaines de jeunes filles.

Le médecin sportif, ex-praticien star de la fédération américaine USA Gymnastics, a agressé au moins 265 filles pendant vingt ans: des gymnastes, pour l'immense majorité, anonymes ou championnes olympiques, mais aussi des proches.

La police de Meridian Township, petite localité du Michigan, a publié mercredi soir un rapport d'enquête établi en 2004 après qu'une adolescente de 17 ans, Brianne Randall-Gay, eut porté plainte contre Larry Nassar pour l'avoir agressée sexuellement sous couvert d'un traitement médical. Un modus operandi qui correspond tout à fait aux agissements, des années durant, de ce praticien jugé deux fois ces dernières semaines et déjà assuré de passer le restant de ses jours derrière les barreaux.

Mais à l'époque, le policier qui a pris sa déposition ne l'a pas cru.

«Nous avons été dupés. On aimerait avoir une deuxième chance», a reconnu jeudi le chef de la police locale, Dave Hall, lors d'une conférence de presse à laquelle la jeune femme assistait par vidéoconférence.

Après avoir laissé enfler le scandale ces derniers mois sans dire mot, la police s'est excusée auprès d'elle par deux fois lors de conversations en privé. Mais «nous savions qu'il nous fallait nous excuser auprès du public et s'excuser auprès de Brianne à nouveau», a déclaré M. Hall.

«Nous t'avons laissé tomber, Brianne», a résumé Frank Walsh, un responsable de la ville, les larmes aux yeux.

«Quand j'ai porté plainte» pour agression sexuelle, «j'ai été déçue qu'aucun chef d'inculpation ne soit retenu» contre Larry Nassar, se souvient 14 ans plus tard Brianne Randall-Gay. «Je me suis sentie ignorée».

Brianne Randall-Gay... (AP) - image 2.0

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Brianne Randall-Gay

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Présentation PowerPoint 

Selon le rapport de police, la jeune femme avait expliqué que le médecin lui avait caressé la poitrine et avait tenté de la pénétrer avec ses doigts alors qu'elle le consultait pour un mal de dos.

Après avoir procédé à un examen pour viol, la police avait à l'époque interrogé le docteur Nassar mais vite refermé le dossier car ce dernier avait convaincu les enquêteurs que la victime présumée était mentalement instable et que ses pratiques étaient en fait de nouvelles méthodes de traitement.

Larry Nassar avait même fait une démonstration, 26 pages de présentation PowerPoint à l'appui, des méthodes qu'il employait, affirmant qu'elles avaient fait l'objet de publications dans des revues médicales.

«Tu as utilisé ma vulnérabilité pour m'agresser sexuellement», avait accusé Brianne Randall-Gay au tribunal la semaine dernière. «Malheureusement, ils t'ont cru et pas moi.»

Après deux procès à l'issue desquels il a écopé d'au moins 100 ans de réclusion pour détention de matériel pédopornographique et abus sexuels (60 ans lors du premier puis entre 40 et 175 ans), Larry Nassar est à nouveau jugé depuis mercredi, cette fois par le tribunal de Charlotte, dans le Michigan.

Il plaide coupable dans ce procès de trois chefs d'accusation pour abus sexuels au centre d'entraînement Twistars, et encourt de 40 à 125 années de prison supplémentaires. Selon l'accusation, au moins 65 victimes présumées ont demandé à témoigner.

La police de l'université Michigan State, qui a longtemps employé l'ancien médecin, avait également ouvert une enquête en 2014, classée sans suite.

L'université, la fédération américaine de gymnastique, les États et même le Comité olympique américain ont tous lancé des enquêtes aujourd'hui pour tenter de comprendre comment un médecin a pu agresser, à l'insu de tous, des centaines de jeunes, pour certaines encore fillettes à l'époque des faits.

Brianne Randall-Gay pense avoir la réponse: «Les agressions de M. Nassar ont duré trop longtemps parce que personne ne nous a écoutées».




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