Un thème revient presque sans cesse lorsque le capitaine Paul Azinger se réunit avec les joueurs de l'équipe américaine en vue de la Coupe Ryder: il faut oublier le passé. Et il est certain qu'au moins la moitié va saisir le message.

Doug Ferguson

Ben Curtis évoluait au sein de circuits mineurs lorsque Phillip Price et Paul McGinley ont obtenu de précieux points pour la formation européenne à la Coupe Ryder de 2002 à The Belfry, des coups de massue qui ont donné le coup d'envoi d'une domination qui dure depuis ce temps.

Anthony Kim fréquentait encore l'université lorsque Padraig Harrington a calé un dernier roulé à Oakland Hills, assurant à l'Europe sa victoire la plus écrasante en 2004.

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Comme il ne regarde pas beaucoup le golf à la télé, il s'adonnait sans doute à la chasse à l'orignal lorsque Darren Clarke a procuré l'inspiration et Sergio Garcia, le plus grand nombre de points, lors d'une autre étincelante victoire des Européens au K Club, il y a deux ans.

Curtis, Kim et Weekley sont trois des six recrues américaines, le plus fort total en près de 40 ans, à ne posséder aucune expérience à la Coupe Ryder. Si l'on tient compte de ce qui s'est produit lors des trois derniers rendez-vous - et lors de huit des 11 dernières classiques, soit depuis 1985 - ils pourraient s'avérer le point fort de l'équipe des États-Unis.

«Le fait de ne pas avoir représenté les États-Unis par le passé n'est pas nécessairement un désavantage, a souligné Phil Mickelson, dont la meilleure prestation à la Coupe Ryder remonte à 1995, la première de sa carrière, où il a affiché un dossier de 3-0. Les gars qui n'ont jamais joué à cette compétition n'ont jamais perdu non plus.»

Il s'agit d'un groupe pour le moins diversifié.

Steve Stricker, père de deux enfants, affiche un comportement irréprochable et sillonne les terrains de golf depuis bientôt deux décennies. Le golfeur âgé de 41 ans a remporté deux tournois avant que Tiger Woods ne fasse son entrée chez les professionnels, s'est enlisé dans une léthargie si profonde qu'il se demanderait s'il s'en sortirait, puis s'est relevé lors des deux dernières années au point où il a grimpé, à un point, au troisième rang du classement mondial.

La plus grande sensation de sa carrière de golfeur est survenue au moment où Azinger l'a appelé pour lui annoncer qu'il était le choix du capitaine pour compléter l'équipe américaine à la Coupe Ryder.

«C'est mon summum, a résumé Stricker. Il s'agit d'une merveilleuse opportunité qui ne s'effacera jamais.»

Kim, qui est âgé de 23 ans, a grandi à Los Angeles et affiche une démarche pour le moins assurée. Ses années à l'Université de l'Oklahoma ont été marquées de disputes avec son instructeur, mais le jeune homme s'est calmé et a démontré la richesse de son potentiel en 2008. Il a triomphé au Championnat Wachovia et au tournoi National AT&T, des victoires qui l'ont aidé à devenir le plus jeune américain à faire sa place au sein de l'équipe américaine depuis que Woods s'est qualifié alors qu'il n'avait que 21 ans.

Même si la tension devient de plus en plus grande, Kim se promène sur le parcours de Valhalla sans le moindre souci.

«Personne ne me semble nerveux, a déclaré Kim. Je suis convaincu que la pression sera plus grande au fur et à mesure que nous nous approcherons du début de la compétition. Mais nous sommes ici pour avoir du plaisir. Nous n'avons rien à perdre. Comme Paul nous l'a rappelé, nous sommes les négligés cette semaine.»

J.B. Holmes, reconnu pour ses spectaculaires coups de départ, et Hunter Mahan complètent le contingent de recrues de l'équipe américaine.

Mahan a passé un premier test mardi, lorsque les médias britanniques lui ont rappelé des commentaires qu'il a faits plus tôt cette année, à l'effet que la Coupe Ryder était une machine à faire de l'argent et qu'il avait entendu dire que les joueurs étaient traités tels des esclaves par la PGA des États-Unis.

«Je veux simplement jouer au golf, et rien de plus», a tranché Mahan.

Au moins deux des six recrues feront partie de la formation de départ des États-Unis, vendredi. Azinger pourrait même utiliser les six.

«Je ne suis pas mal à l'aise à l'idée de placer deux recrues ensemble, a admis Azinger. Je pense qu'il peut être plus difficile (pour une recrue) de faire équipe avec un joueur d'expérience. Le golfeur recrue peut penser qu'il a des choses à prouver au vétéran. Mais lorsque vous parler de recrues... ces joueurs savent tous qu'ils sont aussi bons que ceux qui ont participé à la Coupe Ryder avant eux.»