Pour la première fois depuis on ne sait plus quand, le Canadien va entreprendre la saison dans le rôle de favori.

Richard Labbé

C'est bel et bien vrai. À gauche et à droite, les experts s'amusent à prédire une saison de rêve au club montréalais. Même chose du côté du vénérable Hockey News, qui place votre équipe préférée au premier rang dans l'Est. Oui madame. Devant les Penguins, et aussi devant les Rangers, qui devraient finir par embaucher Mats Sundin d'ici le mois de février.

Ce vent d'optimisme est plutôt déroutant. D'habitude, quand on fait nos prédictions de début d'année, c'est pour se demander si le Canadien va être des séries ou non, s'il va finir 7e, 8e, voire 12e (ma prédiction il y a un an, si je me souviens bien). Mais voilà qu'on se demande maintenant s'il va gagner le gros trophée avec un bol dessus

Il faut croire que l'état des forces a bien changé en un an, et il faut bien reconnaître en effet, que le Canadien a meilleure mine aujourd'hui.

Mais de là à parler ouvertement d'un défilé et d'une autre émeute, il y a un pas que je ne vais pas franchir tout de suite.

Au premier coup d'oeil, c'est vrai, l'alignement du Canadien a l'air plus solide qu'il y a un an. Plus de Bryan Smolinski, cet attaquant de caractère qui était si bon sans la rondelle. Plus de Michael Ryder, qui faisait surtout jaser en raison de cette belle capacité à fabriquer des avions de papier sur la galerie de presse. Plus de Mark Streit non plus pour faire rager tous ceux qui aiment les défenseurs un peu plus défensifs.

On ajoute plutôt Robert Lang, Alex Tanguay et Georges Laraque à ceux qu'on connaît déjà, et puis c'est vrai, on se retrouve là avec une bonne petite équipe au potentiel élevé. D'où les énormes attentes pour 2008-09.

Mais avec les attentes viennent les questions. Ça tombe bien, j'en ai quelques-unes en tête.

Tout le monde (ou presque) a sauté de joie en apprenant le départ de Streit, un défenseur qui a mystérieusement disparu lors de la série contre Philadelphie. Mais on semble oublier que monsieur le Suisse a aussi récolté 62 points la saison dernière, la troisième récolte de points chez le Canadien. Streit parti, qui va prendre le relais? Mystère.

Alex Kovalev était en état de grâce l'an passé. Par bouts, on aurait dit le Kovalev des belles années, celui qui pouvait changer le résultat d'un match à lui seul. Reverra-t-on ce Kovalev-là cette saison, ou bien reverra-t-on celui qui joue seulement quand ça lui chante? Mystère là aussi.

Ce qui nous mène au plus grand des mystères au Centre Bell, un mystère nommé Carey Price. Dans son cas bien à lui, la question est assez simple: qui est le vrai Carey Price, au juste? Celui qu'on nous a vendu comme le meilleur gardien depuis Patrick le grand, ou bien celui qui a eu du mal à suivre lorsque ça s'est mis à chauffer, lors de la série du printemps face aux Flyers plus précisément?

Le Sauveur, vous le savez peut-être déjà, vient d'être sacré espoir numéro un dans la LNH selon The Hockey News. Rien que ça. On peut passer des heures et des heures à causer de Robert Lang et d'Alex Tanguay, mais celui sur qui repose le futur immédiat de l'équipe, c'est lui.

En attendant d'en savoir plus sur Carey Price, on regarde tout ça, et on remarque que le Canadien, un peu comme l'an passé, se prépare tout de même à ouvrir son camp d'entraînement avec quelques questions qui demeurent sans réponse. La différence, c'est que cette fois, les attentes sont pas mal plus élevées.

La différence, c'est que cette fois, il va y avoir de la pression. Beaucoup de pression.